Mystica : l’interview des fans

Vous n’êtes désormais plus sans savoir que Mystica, groupe phare du Death Metal wallon, a refait surface récemment après cinq ans terré dans le silence. Aujourd’hui, après cinq concerts de folie avec la formation originelle du groupe, Mystica se prépare à un nouveau départ avec un nouveau line-up prêt à tout squetter, comme on dit chez nous. Pour fêter ça, il y a quelques mois, lors de la réalisation du portrait de Cathy (ici), nous avions évoqué l’idée de faire une interview du groupe, mais pas n’importe laquelle : étant donné que l’on tourne vite en rond lorsqu’il s’agit de poser des questions, pourquoi ne pas demander aux fans de Mystica de poser leurs propres questions ? C’est donc chose faite et Bart et Karl se sont fait un plaisir de leur répondre ! Merci, d’ailleurs, aux personnes qui ont rendu cela possible !

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Phil : Qu’as-tu pensé de l’engouement des métalleux lors de ton arrêt suite au problème causé par la racaille de Chapelle au festival ? Ne penses-tu pas qu’il aie fallu qu’un TDC aie envie de jouer à Terminator pour que les gens se bougent un peu ?

On commence fort !!! Je garde de très mauvais souvenirs du concert qu’on organisait à Jumet, pas à Chapelle. Tout a été très vite pour nous soutenir et ça c’était géant, tous ces messages sur les forums, les mails, le téléphone et puis l’organisation d’un benefit show… Et puis tout s’est éclaté la gueule… Il y a eu des disputes entre fans … Bref, de sales moments qui nous ont poussé à sortir de notre tanière pour donner une fin plus heureuse au groupe.

Greg : – Mystica a joué avec quelques artistes prestigieux, comme Aborted ou Legion. Quel impact cela a t-il pu avoir sur le groupe à un moment ou un autre et quel contact gardez vous avec ces artistes ?

On a fait pas mal de belles rencontres, en effet, et nous avons joué avec des groupes qu’on adore : Immortal, Marduk, Obituary, Arch Enemy, Soilwork, Samael, Dark Funeral, Moonspell, Behemoth, Vader, Anorexia Nervosa, Septicflesh,Textures, Dagoba… Notre première rencontre fut avec Immortal, à peine un an après la création du groupe. Notre approche a été celle de fans traditionnels, ensuite on a enchainé les dates importantes et rencontré de plus en plus de beau monde, avec certains on n’a fait que les croiser, d’autres se sont montrés plus sympas, ou nous moins coincés. J’ai gardé longtemps des contacts avec Grief Of Emerald, avec Legion (ex-Marduk) qui est même venu chanter sur scène avec nous et enfin avec Sven d’Aborted, on est en très bon contact depuis le début de nos groupes respectifs.

– Que pensez-vous du parcours de Johan Nunez, ancien batteur de Mystica ? En retirez-vous une certaine fierté ?

Quand on l’a découvert, il n’avait pas encore fait beaucoup de concerts mais avait déjà un niveau de batterie très développé pour son âge et était super motivé, c’était génial de le voir évoluer. De plus, on a passé de super bons moments avec lui. Il est resté avec nous encore quelques mois après avoir intégré Nightrage. Comme nous faisions beaucoup de dates, c’était compliqué pour nous de devoir s’en passer… Je suis super heureux pour lui d’avoir rejoint Firewind et je suis certain que ce n’est qu’un début, je l’imagine bien un jour jouer dans Black Sabbath ou une autre légende.

Chris : – Bart , est-ce que tu as toujours le même slip dégueulasse sur scène quand on te demande de te mettre à poil ?

Non, ce n’est pas le même. Pas pour une question de fraîcheur, mais j’ai pris tellement de poids ces dernières années qu’il a fini par craquer… J’ai eu du mal à m’en remettre, j’y étais attaché… Dans tous les sens du terme.

UTM : D’ailleurs, c’est quoi cette manie de montrer son cul à tout bout de champ ?

Avant de monter sur scène, pour notre dernier concert avant notre pause de cinq ans, un des membres de Bury Them All m’a dit « Allez Bart, c’est le dernier, fais ce que tu n’as jamais fait ! » J’ai lancé une de mes chaussettes dans le public, je pensais que c’était ça le truc fou à faire, mais le public me l’a rendue… Je ne sais pas ce qui m’a pris, j’ai finalement montré plus que mon pied nu. Lors de notre réunion show, direct on m’a crié « A POIL ». Pour être tranquille avec ça j’ai d’emblée montré mon fessier, le ton était donné.

Eh oui, on s’en souvient…

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Chris : Est-ce que Mystica a l’intention de refaire un album ?

On rentre en studio dans quelques semaines pour un deux titres et on va ressortir nos deux premiers albums sur une seule galette. On a déjà de nouveaux titres pour un prochain album, mais comme ça fait dix ans que j’en parle de ce troisième album, je serai plus prudent mais ça reste dans les objectifs de Mystica.

Gaetan : – Bart, ce retour sur scène fait plaisir. Qu’en est-il de ce problème de voix qui t’a contraint à mettre un terme – provisoirement, au final – au groupe ?

L’année de l’agression, lors du concert de Jumet, a été une année très éprouvante au niveau musical et professionnellement. J’ai accumulé beaucoup de changements et de stress qui m’ont provoqué des crises vagales où j’ai été au bord de l’étouffement juste avant de rentrer en studio avec ALESIA. Je pensais que ce problème venait de mon chant. D’avoir vu la mort de si près, je me suis remis en question sur les valeurs de ma vie; j’ai eu besoin de souffler un peu et me recentrer sur des choses simples, la famille, la nature, moi !

– Quels sont les moments dont vous êtes les plus fiers sur l’ensemble de la carrière du groupe ? Et quels sont, à contrario, les déceptions, frustrations, ou buts qu’il vous reste encore à accomplir ?

Premièrement, je vais refaire la précision sur le mot « carrière » qui est lié au portefeuille et « passion » qui est lié au cœur. Le peu d’argent que le groupe ait gagné a été réinvesti directement. Ce dont je suis très fier est d’être encore là après autant d’années, autant de changements de line-up, autant de désillusions. Lorsque nous avons commencé en 2009, la scène Metal extrême wallonne était presque inexistante, il y avait du Rock et du Hardcore mais pas de place pour le reste, les nombreux fans se retrouvaient chaque week-end en Flandre, car même à Bruxelles c’était mort. Avec Alesia on avait fait pas mal de scène où nous n’avions pas notre place vu notre style. Ma plus grande fierté est d’avoir créé un réseau local. En commençant on se mettait comme objectif d’être un groupe comme In-Quest (de l’époque) qui joue dans des bars Metal régulièrement. Nous ne pensions même pas sortir d’albums, avoir un label, jouer hors de notre région avec des groupes de renommée. Les frustrations, il y en a eu beaucoup : des changements de line up, la jalousie d’amis qui nous tournent le dos, l’agression à Jumet, les finales perdues pour les concours Hellfest et Wacken dans de mauvaises conditions… Mais tout ça est vite oublié par les nombreuses rencontres faites sur chaque concert et l’échange avec le public.

– Ce retour marque-t-il le début d’une nouvelle ère pour Mystica ? Un nouvel album en prévision ? Est-ce encore le but de tourner ou ce retour est juste un peu pour le fun?

Une nouvelle ère s’ouvre à nous, une nouvelle chance d’accomplir des choses que nous n’avons pas encore faites, nous voulons jouer dans des lieux où nous n’avons pas encore joué, rencontrer de nouvelles têtes et jouer avec des groupes pour lesquels on n’a jamais joué, Sekhmet ou WILD, par exemple, mais aussi de plus gros noms comme Hypocrisy ou Whitechapel. Mais le fun avant tout : s’entourer de potes à tous les niveaux, qu’ils soient musiciens, fans, groupes, organisateurs, photographes,…On va se dire « Hey Bart est resté trop longtemps dans la nature, il est déconnecté », mais ce que je veux c’est vivre une aventure humaine avant tout… On sait qu’on ne sera jamais pro, ce n’est plus dans nos projets, on laisse les tournées aux plus jeunes !

Cédric (SW) : – Que penses-tu des conditions et de la scène Metal entre ton arrêt et ton retour avec Mystica ?

En voilà une bonne question, j’ai pris un sacré coup de vieux lors de mon retour sur scène. En cinq ans beaucoup de choses ont changé. On a, certes, des médias bien plus avancés pour faire connaître son groupe, il y a beaucoup plus d’organisateurs et de groupes, tous de plus en plus bons, mais où est passée la foule d’il y a cinq ans ? Excepté sur les très grosse dates, les salles sont désertées, j’ai aussi l’impression que certains nouveaux groupes se sentent pro alors qu’ils n’ont rien accompli, mais c’est surement moi qui suis trop vieux pour ces conneries.

– Quel est ton meilleur souvenir de ton passage en Suisse ?

Aaah la Suisse on y a joué que deux fois, la première fois avec Aborted et Benighted et la seconde en headliner. En passant le paysage dont je suis tombé amoureux, l’accueil des Suisses est incomparable, on a passé probablement les deux week-ends les plus formidables de notre existence. Le public y est très réceptif aussi. Je regrette d’avoir annulé notre show avec Devian et In-Quest, unne semaine après l’agression de Jumet. On y retourne au plus vite pour retrouver nos amis de Seventh Wave, de l’Inhumanus et le grand malade Steve ‘Ghosbuster’ Adam !

Nadia : Hormis les souvenirs positifs et négatifs qui font l’histoire de Mystica, je suis intriguée par votre retour : fun ou vrai retour avec nouvel album en vue ?

Bart : Un vrai retour alimenté par le fun et des albums je l’espère !

Karl : Un vrai retour et comme Bart le dit si bien, c’est plus une aventure humaine et du fun que des objectifs de carrière. Sans doute que mon retour au sein du groupe sera aussi un peu plus un retour aux sources. Mais là, on est chaud et on va botter quelques culs !

Cédric (VC) : – Quelles sont vos impressions sur votre retour, est-ce que la scène à changé ou vous prenez toujours autant votre pied ?

Bart : Comme je l’ai dit, la scène a changé mais nous aussi, je prends toujours mon pied lorsque je peux échanger avec un public réceptif, ça a été le cas sur les cinq premiers concerts. Pourvu que ça dure ! Super ravi des farandoles à Florennes et La Louvière. Le public est moins nombreux mais toujours déjanté.

Karl : J’ai toujours connu Mystica avec un bon public. Ils attendent peut-être le renouveau, parce que c’est vrai qu’ont est revenus, mais ont à joué que des classiques du groupe. Il est temps de montrer le nouveau visage de Mystica.

Tom : En 1998 Desdemonia est passé avec Pagan Lorn pour la première fois dans ta région. C’était tout au début quand tu commençais à organiser des concerts. On avait passé un bon moment. Comment as-tu vécu cette époque ?

Karl et moi avions eu l’idée de rassembler sur une seule affiche que des groupes de Death et de Grind, c’est courant maintenant mais c’était exceptionnel en 1997. C’était tout nouveau et on avait fait soldout sur les premières dates, on avait eu moins de gens pour les concerts de Desdemonia. Depuis, je n’ai jamais cessé d’organiser que ce soit dans des bars , des grandes salles ou dans le cadre du privé. C’est Karl qui est venu me rechercher pour faire de la musique et nous allons bientôt faire plus de dates avec Desdemonia, c’est donc un retour aux sources, j’y suis très attaché.

Béa : Mystica fait actuellement des dates anniversaire avec l’ancien line-up, mais à partir du 31.05, Mystica continue avec un nouveau line-up, pourquoi ? Pourquoi avoir choisi ces musiciens ? Y-aura t-il de nouvelles compositions ? Des dates sont-elles prévues ?

Bart : Lorsque Karl est venu me rechercher, c’était juste pour chanter sur son projet dans notre home studio, ça fait bien de dire ça, en fait on enregistrait dans mes toilettes, véridique ! Ensuite, je lui ai proposé de relancer Mystica pour fêter les quinze ans du groupe. Il a accepté ainsi que Cathy, Nikko et Gauthier, soit mon line-up idéal humainement parlant. Les répètes passent et notre besoin d’aller plus loin qu’un simple anniversaire est monté en nous. Le bassiste et le batteur n’étaient pas aussi chauds que nous et leurs emplois du temps ne leur permettaient pas de s’investir davantage. Après de longs mois de réflexions, nous avons pris la décision qui était la meilleure pour nous humainement. C’est ainsi qu’on répète avec deux line-ups depuis l’été 2013. Le choix du batteur nous est venu tout de suite : Yohann (Black Harmonia, Skelt’s, Feed Them Lies), il avait le niveau et est impliqué sur la scène comme nous l’avons été dans le passé. De plus, il était fan du groupe, ce qui nous rend la tâche plus facile pour lui infliger des sentences quand il joue mal mais surtout quand il ne comprend pas mes blagues de vieux. Pour le bassiste, nous avions pensé à deux personnes de notre entourage, mais qui n’avaient pas assez de temps pour nous suivre. On a trouvé un bassiste solide, Michael (ex-Last Breath Messiah, Metrydia), il a un super bon jeu et supporte mon humour jusqu’à maintenant… Il ne sait pas encore que je vais le tripoter sur scène et que je vais lui gâcher ses moments de tranquillité en backstage.

Karl : C’est vrai, c’est moi qui l’ai relancé mais sans parler de Mystica du tout. J’avais mon projet où je ne trouvais absolument personne pour jouer avec moi, parce qu’il est vrai aussi que lancer un nouveau projet à zéro, les musicos n’en veulent plus. Par contre, si tu as de la scène et du peuple derrière, là tout de suite ça fonctionne mieux. Et je me souviens parfaitement du coup de fil de Bart m’annonçant le retour de Mystica, c’était pas direct, c’était marrant. J’ai proposé à Bart Yohann que j’avais entendu par-ci par-là, mais je ne savais pas qu’il avait autant de groupes, le bougre.

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Ludovic : Quelles difficultés rencontrez-vous pour trouver des musiciens qui ont un niveau suffisant et qui ne sont pas des « pros » ? (Je pense notamment à des musiciens dans le passé qui demandaient une somme minimum par concert)

On n’a jamais eu de difficultés à trouver des musiciens. On a souvent changé de line-up sans jamais annuler un show pour autant. Mais comme tu le soulignes, c’est pas évident de trouver des musiciens dans le même trip que nous. Et je ne parle pas uniquement musicalement ou humainement. Trouver le musicien qui est prêt à s’investir beaucoup tout en sachant que le groupe n’a pas d’autre ambition que d’assouvir sa passion. Nous ne sommes pas professionnels et ne voulons pas le devenir. On en a eu durant quelques années qui n’étaient pas prêt à s’investir et qui nous ralentissaient, mais ensuite ça a été l’inverse, nous avons été entourés d’excellents musiciens qui n’attendaient que de tourner et là c’est nous qui les ralentissions. C’est pas le genre de choses qu’on lit habituellement dans des interviews, mais je suis trop attaché à ma vie (famille, amis, maison, etc.) que pour tout sacrifier en étant 200 jours par an sur les routes.

Alex : – Bart, pourquoi chantes-tu en français dans le nouveau morceau ? Allez-vous faire d’autres morceaux en français ou ça sera le seul comme « Bestial Fascination » sur « Human Mutants » ?

Bart : L’envie de chanter en français me trotte dans la tête depuis dix ans, en effet, mais je n’ai jamais osé , excepté sur « Bestial Fascination ». L’anglais n’est plus nécessaire pour le Metal, beaucoup de groupes chantent dans leur langue d’origine. Et puis, j’ai pas vraiment de message à faire passer. Juste des histoires d’horreur liées à mon existence et mon autre passion qu’est le cinéma d’horreur et fantastique. La plupart de nos fans sont, de plus, francophones, il n’y a donc pas de honte à se faire plaisir. Tous nos nouveaux morceaux sont donc écrits dans la langue de Molière… Mais je n’exclue pas de mélanger les langues comme le faisait feu Anorexia Nervosa.

Karl : J’ai été surpris de son orientation pour les textes, et après coup, je me suis dit « Bah, pourquoi pas ?! » et je défie quiconque de retranscrire ce que notre Bart national dit en concert !

– D’où tirez-vous l’inspiration pour écrire les paroles des chansons ? Et comment composez-vous les nouveaux morceaux ?

Bart : Depuis l’arrivée de Karl, notre façon de composer à changé. Je lui donne une orientation de morceau, il compose les riffs et une structure. Ensuite, on remanie tout tous ensemble et ce n’est pas parce que je ne joue pas d’instrument que je ne sais pas comment faire sonner un morceau dans l’esprit de Mystica. Pour les textes, je les écris seul en mélangeant fiction et réalité. Mais il n’y a ni message politique ni leçon de vie. Ma propre vision de la vie, de la mort et des esprits qui nous entourent.

Karl : Bart me donne un thème, comment il voit le morceau, je le bosse chez moi, je vois le batteur qui met ses patterns et après on propose et on change ce qu’il y a changer. C’est peut-être un procédé archaïque, mais j’adore répéter et travailler sur les nouveaux titres. Ce procédé me va très bien !

Yannick : – Dans quelle mesure tes relations d’aujourd’hui (amicales, familiales , rencontres etc…) influencent la musique de Mystica ?

Mystica reflète ce que nous sommes vraiment, on n’a pas créé de personnages. Je suis (malheureusement pour certains) sur scène ce que je suis dans la vie. Mon côté sombre, mon humour débile, mon côté pervers, ma tendance à trop parler, c’est moi dans la vie de tous les jours. Et tout ce qui m’entoure m’influence. Les films d’horreurs (je suis un grand fan de Freddy, Insidious et Saw), les humoristes (Bigard en tête), la musique (Whitechapel, Amorphis, Dark Funeral, Rotting Christ, Metallica mais aussi Skrillex et surtout Stromae), mes amis, mon village, ma région, l’environnement, le végétarisme et pour finir mon cocon : ma femme, ma fille et mes nombreux animaux. Je suis en évolution permanente, je découvre chaque jour de nouvelles choses et des personnes qui m’apportent leur vision sur laquelle je peux m’inspirer partiellement et pas la calquer. Et généralement j’apprends beaucoup lorsque je suis au fond du trou…

– Et une deuxième : qui t’influence comme frontman dans la scène d’aujourd’hui ?

Durant des années, les chanteurs de Soilwork et Marduk (Legion) ont été mes influences. Mais ça fait dix ans que n’essaie plus de copier personne et être vraiment moi-même. Les fans ne viennent pas voir une copie de ce qu’ils aiment mais veulent des personnes entières. En tant que fan, j’adore les présences des chanteurs d’Aborted, Amorphis et Behemoth mais elles ne m’influencent pas directement.

Tiph : On ne peut pas le nier, c’est indéniable : la culture Métal se perd en Wallonie. Il est de plus en plus difficile de rameuter les gens aux p’tites orgas (même si ça bouge ça reste relatif). Mystica, avant, faisait bouger les choses. Pensez-vous le groupe capable de redonner un élan à la scène globale ?

C’est la première constatation que j’ai fait en revenant sur la scène locale. Je pense que c’est cyclique, qu’il y a des périodes où les gens n’ont pas envie de bouger ou n’ont pas les moyens. En 1999, quand j’ai commencé à faire des concerts extrêmes en Wallonie il n’y avait presque rien. C’est en persévérant que ça a fini par bouger, mais plus de cinq ans après. Je pense que les petites orgas ne doivent pas baisser les bras et continuer à faire ce qu’ils aiment. Je ne suis pas inquiet sur l’avenir. La scène a besoin de se renouveler, d’avoir de nouvelles têtes. Et on ne sait susciter des vocations de fans, d’organisateurs et de musiciens qu’en faisant vivre la scène actuelle !

UTM : On arrive déjà au terme des dates avec le line-up originel de Mystica, c’était un réel plaisir de vous revoir jouer ensemble avec tant de complicité. Que retiens-tu de ce premier volet du retour de Mystica ? Quel est ton état esprit à l’aube des dates avec le nouveau line-up ?

Bart : Du fun, du fun et du fun ! On a pris notre pied dès qu’on est monté sur scène. D’un autre coté, je suis super impatient de voir ce que ça va donner avec le nouveau line-up et les nouveaux titres car on s’entend super bien aussi. Mais une page de l’histoire de Mystica se tourne et sera toujours dans mon cœur comme étant la formation où le coté rock’n’roll a primé. Je souhaite à Nikko et Gauthier le meilleur pour l’avenir !

Karl : Pour ma part, je dois bien avouer que j’avais énormément de stress de jouer en live, pourtant je suis un habitué de concerts, j’ai roulé ma bosse au sein d’Hybrid Viscery mais là, revenir en tant que guitariste c’est un peu comme revenir à la maison, c’est étrange comme sentiment. Le prologue vient de se terminer, et le chapitre 1 s’ouvre sous la meilleure forme, je pense. Et puis, Bart et Cathy, on a fait quelques groupes ensemble, des lives, des bêtises, du fun, des prises de têtes, mais au final on est de nouveau ensemble pour le meilleur et sans doute le pire dans les mois ou les années à venir !

UTM : Tu as dit quelque chose d’intéressant à Florennes concernant le mélange des genres dans le Metal. Mystica a tout de même connu des années de gloire sur une scène très sombre, comment envisages-tu la réaction des puristes quand ils entendront les nouvelles sonorités du groupe ?

Bart : Pour moi, le mélange a toujours été important, j’aime tellement de choses que je ne peux pas choisir et limiter un aspect de moi. Je ne me sens pas comme un coreux ni comme un métalleux de l’extrême. Lorsque nous avons débuté, notre mélange entre Black et Death a choqué les fans de l’un ou de l’autre, lorsqu’on a sorti « Carol Anne », ça a été bien pire. Que l’on ajoute des parties  »core » et électro n’a pas plu à tout le monde. Mais en restant nous-mêmes, nous n’avons fait qu’accroître notre auditoire. Là encore, sur les nouveaux morceaux, ça risque de déranger mais laisse le temps à ce que ce nouveau répertoire s’imprègne en toi, ça reste du Mystica même si il n’y a plus de blast, mais des passages Deathcore, de l’électro et que je chante en Français. Rendez-vous sur scène !

Karl : Faut savoir que perso, je fais la musique pour moi et ma satisfaction personnelle. On aime ou on aime pas. Il est vrai que je lis un peu partout qu’il y a du faux et du vrai Metal… Allô la Terre, on a un problème… Stop ! La musique Metal pour moi se vit, se ressent et même si c’est un phénomène de mode, et je parle du ‘core’ et alors ? Il y a toujours eu des modes que ce soit dans le Death… Et il y a eu toutes sortes de sous genres puis, il y a eu le Black Metal, qui lui aussi à eu sa gloire et ses sous genres. Si des gens font du Metal pour la facilité ou le pognon, ben tant mieux ! J’aime le Deathcore, le Black Metal, le Heavy et le Thrash et soyons fous : j’adore le progressif ! Suis-je fou, docteur ? On est déjà pas assez nombreux et se faire une pseudo guerre à la con ne rime vraiment à rien ! C’était mon coup de gueule…

UTM : On l’a pas remarqué… Un mot de la fin ?

Bart : COUILLE !

Karl : BITE! Sans dec, merci pour le support et on vous attend pour faire du putain de Metal !

Quelle aventure ! Et ça ne fait que (re)commencer ! Pour ma part, je suis très impatiente de voir le niveau line-up à l’œuvre, même si ces deux zigottos de Gauthier et Nikko vont me manquer ! J’ai suivi Mystica sur toutes ses dates d’anniversaire et c’était une expérience délirante à chaque fois ! Merci à ce groupe d’être ce qu’il est, composé de personnes tout simplement géniales ! Et entre nous, je vous promets quelques surprises de leur part d’ici quelques temps… Patience, donc !

*

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