Interview avec Damien Di Fresco

Tantôt derrière une guitare, tantôt en humoriste du net ou encore en armure, Dam’s n’en a jamais assez : il semble sur tous les fronts ! Je ne sais pas vous, mais moi, quand je vois quelqu’un se démener autant, ça me rend curieuse. C’est pourquoi je vous propose aujourd’hui le portrait d’un artiste bien de chez nous qui ne tarit pas de créativité !

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Pour commencer, peux-tu te présenter en quelques mots ? Quel est ton parcours dans la musique ? Peux-tu également détailler tes activités dans ce domaine ?

Je m’appelle Damien, je suis tombé dans la musique très tôt car mon père était musicien et j’ai donc grandi avec ça. Au départ, j’allais à l’académie pour faire plaisir à mes parents et parce que ça me plaisait, mais sans plus. Vers 14 ans, j’ai eu mon déclic musical et j’ai décidé de m’investir à fond, donc petits groupes et plus d’assiduité à l’académie. Par après, les projets se sont multipliés avec des groupes de reprises de Dream Theater et des projets de compositions originales. J’ai tenté aussi deux ans au conservatoire de Namur en supérieur, mais même en étant aussi ouvert musicalement j’ai rencontré beaucoup d’incompatibilité dans mes études. Cependant, cela m’a permis d’ouvrir une porte vers l’enseignement musical et par après de faire de la scène avec le groupe belge de Metalcore Vhan. Après avoir suivi des études en infographie, je me suis lancé dans l’enseignement de la musique en école privée. Entre temps, j’ai intégré le groupe Max Pie qui cherchait un guitariste pour leur tournée européenne en 2012. Depuis j’y suis resté.

Est-ce que tu composes ? Si oui, à quelle occasion ? Qu’est-ce qui t’inspire le plus, d’une manière générale ?

Depuis que je fais de la musique, oui. D’ailleurs, par la force des choses, je me suis toujours retrouvé avec le poste de « compositeur » dans les groupes avec qui j’ai joué. Je me souviens que quand j’ai intégré Vhan, je voulais juste me contenter de jouer de la guitare et arranger mes propres parties selon les morceaux, mais l’ancien guitariste était aussi compositeur et ils se sont retrouvés sans. Le même genre d’histoire s’est reproduite avec Max Pie, seulement là, on avait un album à sortir donc il a fallu produire en masse pour gagner du temps et j’ai donc volontairement pris le poste de compositeur. Cependant, pour le troisième album, nous avons décidé de répartir la composition et ce, pour quelques raisons : ne pas tourner en rond musicalement et aussi car le nouveau line-up nous permet de le faire. Outre la composition au sein des groupes, je compose aussi pour certains courts métrages, ainsi que des projets personnels de musique cinématique (« The Epic Saga » disponible sur mon soundcloud). J’ai également composé pour des chanteurs à textes pour un public à la limite de la variétoche, mais comme j’ai eu une grosse liberté dans la composition, ça a été une partie de plaisir. Il y a clairement une période de ma vie dans laquelle je me sentais plus compositeur que guitariste, batteur et claviériste.

Au niveau de mes inspirations elles sont très larges ! Je suis bien sûr influencé par le Metal, Rock et dérivés, mais je peux aller puiser mes inspirations dans les musiques de films avec des compositeurs comme Elfman, Badelt, Zimmer,… Mais aussi dans les jeux vidéos (Uematsu, Jeremy Soule,…) et dans tout style de musique existante, il y a toujours de bonnes choses à aller chercher, même dans la variété ou dans le R’n’B en passant par la dubstep.

Quels sont tes groupes préférés ?

Une majorité de groupes progressifs comme Dream Theater, enfin la période pré « Train Of Tought », surtout, puis Symphony X, Seventh Wonder, To Mera, Tesseract. Mais aussi des groupes un peu plus « tagada pouet pouet » de Metal épique comme Rhapsody Of Fire, Angra, Fairyland, Dark Moor. Sinon j’ai mes petits vices comme les groupes de Punk californiens : Sum 41 ou Offspring et… Avenged Sevenfold, qui est une grande inspiration pour moi, période « The Rev », cependant.

Y a t-il un musicien que tu considères comme un modèle ?

Pas vraiment, enfin plus maintenant… Quand j’avais 16 ans, j’idolâtrais John Petrucci car c’était pour moi la révélation guitaristique dans ma période d’apprentissage de l’instrument. Mais avec Internet, plein d’autres ont suivis et d’autres, puis d’autres et dans tous instruments confondus… Donc on peut dire que je n’ai pas qu’un seul modèle, car un seul musicien ne peut, à mon sens, englober tous les aspects de la musique. On va dire que j’ai un voire plusieurs modèles pour chaque aspect et chaque instrument.

Est-ce que tu écoutes d’autres choses que du Metal, au fait ?

Oui, comme je l’ai expliqué plus haut. J’ai toujours été très ouvert au monde de la musique, et puis, pendant que j’ai enseigné la guitare et la musique, pas le choix que d’écouter du tout et du n’importe quoi, j’en ai bouffé du Christophe Maé et du Vanessa Paradis ! Mais encore une fois, on découvre des choses aussi intéressantes ailleurs que dans le Metal.

Passons à un autre domaine : qu’est-ce qui t’a donné envie de te lancer dans la vidéo humoristique ? D’ailleurs, peux-tu présenter ce projet un peu plus en détails ?

Avec l’apogée de YouTube, j’ai découvert beaucoup de personnes qui faisaient de bonnes vidéos divertissantes et humoristiques, mais c’était souvent les mêmes sujets qui revenaient : jeux vidéo ou vidéo buzz sur le net. Avec la Critique Non Constructible, j’avais envie de pouvoir combiner mon univers de la musique et le côté critique humoristique. Et surtout présenter des vidéos non connues ou pas très répandues. C’est pour cela qu’il n’y a que deux épisodes qui sont sortis, car c’est assez difficile de trouver des « perles » mais surtout de pouvoir développer un scénario autour sans lasser les gens. L’émission s’est stoppée après deux épisodes, car changement de situation professionnelle, déménagement, nouveau cercle d’amis… Mais même si la Critique s’est stoppée de manière brutale, elle n’en est pas pour autant « morte ».

Et comment en es-tu arrivé à faire une reprise de « L’Italiano » ?

Tu te rappelles du contexte du clip, avec le souper dans la famille italienne ? Eh bien, j’étais dans ces conditions, dans ma famille et comme nous sommes en grande partie musiciens, on a l’habitude de sortir les guitares et chanter de la chanson italienne. Et à un moment donné, mon cousin (Vincenzo Maratta, celui qui joue le rôle du grand frère dans le clip) a pris une guitare et a commencé à chanter « L’Italiano ». Sur le moment, l’idée m’était venue en me demandant ce que ca pourrait donner en Metal. Le lendemain j’avais composé et arrangé le morceau.

C’est toi qui a eu l’idée du clip ? Peux-tu expliquer comment cela s’est passé ?

L’idée de faire un clip oui, mais l’idée du contenu pas vraiment à la base. Une fois que le morceau était dans la boîte, il me fallait un chanteur Power Metal qui se débrouille bien en Italien… Évidemment, j’ai directement pensé à ce cher Tony de Max Pie ! Et quand les parties chant ont été réalisées, je me suis dit que si je bazardais le morceau sur le net tel quel, ça allait rester dans un fond de tiroir sans pouvoir le faire découvrir. Donc j’ai eu l’idée de faire un clip avec quelque chose de marrant et aussi dixième degré que la reprise du morceau. J’ai donc appelé mon cousin Enzo qui me demandait depuis la Critique Non Constructible de participer à mes projets. On s’est réunis et on a commencé à parler d’un éventuel clip, et il a eu l’idée du souper dans la famille italienne. Par après, j’ai réalisé le script et le casting et entretemps Tony m’a proposé d’intégrer en guest dans le projet des musiciens Italiens. On a donc contacté Andréa Arcangeli de DGM et Raphael Saini (Iced Earth, Vision Of Atlantis) qui, par manque de temps, m’a rencardé avec Alex Picciau (NUR, Blood In Venice). Le clip a pris plus de temps que prévu pour sortir mais ca en valait la peine.

On peut dire que cette reprise a fait le buzz… C’est un hasard ou tu as fait en sorte que ça arrive ?

Un petit buzz parmi la communauté Metal et italienne de Belgique, en quelque sorte. Quand j’ai lancé la vidéo, elle s’est très bien partagée pendant une semaine non stop. J’étais très content de l’impact et des retours. Cependant, mon cousin qui voit très très très grand m’a dit que c’était dommage que la vidéo ne sorte pas du territoire pour aller jusqu’en Italie. On a donc commencé à s’y mettre à deux pour faire un max de promo autour du clip et la vidéo est passée de 2000 vues à 5000 vues en une semaine avec des partages en Italie sur des sites de reviews ainsi que sur le site de RTL Info.

Vu le succès rencontré dans ce cas, penses-tu réitérer l’expérience ?

J’ai eu beaucoup de retours très positifs, surtout quand les gens me disent « J’ai vraiment bien rigolé », car c’était le but pour moi, faire rire. On pense effectivement avec l’équipe développer quelque chose autour du projet, surtout qu’on m’a déjà fait des demandes avec des autres pays comme l’Espagne ou la Grèce. J’ai même eu des propositions de réalisations de clip par après ! C’était assez inattendu.

À présent, tu peux peut-être faire un point sur l’actualité de Max Pie, qui a l’air de pas mal tourner en ce moment, non ?

Nous avons eu une année 2013 bien remplie avec de super concerts comme le PPM, Queensrÿche, Evergrey et Freak Kitchen. Notre planning 2014 est un peu plus léger car nous sommes en cours d’écriture pour le troisième album, mais nous avons eu de belles dates également au Durbuy Festival et au Titans Fest. Nous avons eu aussi l’occasion de jouer à Grenoble avec Amon Sethis, que je salue au passage ici, et le mois de juin prochain nous allons jouer a l’Underwall Festival en Croatie avec Rage et Secret Sphere.

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D’ailleurs, aurais-tu une petite anecdote amusante à raconter, d’un truc qui te serait arrivé pendant un live ?

Lors de l’avant dernière date de la tournée avec Jon Oliva, nous étions au Popodium 013 à Tilburg. Toutes les dates précédentes s’étaient très bien passées et il n’y avait aucune raison que ce jour-là ne se passe pas bien. J’étais donc sur scène, les soundchecks avaient été faits à l’instant et au moment où je rentre et que je donne le premier accord, je n’entends rien dans mes retours (nous avons un système d’In-Ear personnel), donc tout passait sauf ma guitare. À ce moment-là, je me suis dit que ma tête avait cramé et que je jouais dans le vide et après un instant, qui m’a paru durer une éternité, j’ai enlevé une oreillette et je me suis entendu au loin dans mon ampli. J’ai donc joué tout le concert au visuel et avec un retour guitare quasi absent… Je suis sorti du concert très frustré jusqu’à ce que le groupe avec qui nous étions en tournée (King Crow) me dise que c’était le meilleur concert que j’avais fait de la tournée. J’ai pas compris mais j’étais assez rassuré du coup.

Sinon, comme tu n’en as visiblement pas assez, tu t’es mis au Cosplay ! Raconte un peu !

Comme je me suis retrouvé au chômage depuis décembre 2013 pour la première fois de ma vie et que je suis quelqu’un de très hyperactif, il me fallait une occupation en plus de la musique et autres projets. Un jour, en passant de vidéo en vidéo sur Youtube, j’ai découvert un anglais (Xrobot) qui faisait de la programmation et qui l’intégrait dans une tenue d’Iron Man. J’ai regardé toutes ses vidéos et je me suis senti très con par après. Je me suis donc mis au défi d’en faire une aussi et en me documentant assez sur le sujet, j’ai démarré une première version.

En plus, tu n’as pas choisi le plus facile, combien de temps ça t’a pris pour fabriquer ton armure ? Aussi, pourquoi l’avoir peinte en bleu ? Et à quoi cela te sert, hormis pour les conventions ?

J’avais démarré doucement en faisant quelques versions de casque pour me faire la main, mais par après je me suis mis à construire sans voir le temps passer, et quand j’ai eu quelque chose de concret, même si à la base ce n’était pas vraiment prévu pour ca, la convention Made In Asia approchait. Donc je m’y suis mis d’arrache-pied et comme je pouvais me le permettre, j’ai passé deux semaines intensives avec quatre ou cinq heures de sommeil pour la terminer à temps. L’armure n’avait pas de réelle fonction, à part les conventions, mais par après, lors du Titans Fest, les potes de Machine Gun étaient présents et avaient un concert au festival le lendemain. En blaguant, je leur ai demandé si ils étaient chaud que j’apparaisse en Iron Man pendant « Shoot To Thrill » et ils ont commencé à s’emballer sur l’idée. Ça a eu son petit succès et par après le groupe m’a demandé de faire des apparitions lors de certains gros concerts. Sinon, pourquoi en bleu? Parce que j’ai pour habitude de ne pas faire comme tout le monde !

Sinon, d’une manière générale, quels sont tes projets pour les mois qui viennent ? Doit-on s’attendre à d’autres surprises de ta part ?

Pour les mois à venir, il y a le prochain album de Max Pie qui est en cours de composition. Comme je l’ai dit également, la Critique Non Constructible n’est pas morte et va bientôt refaire surface… Du moins, je l’espère ! Grâce à la rencontre avec Alex Picciau, nous avons démarré un projet également qui aura une dimension plus « internationale » (il n’y aura pas que des spaghetti-musicos dans le projet, mais également des nachos, des apfelstrudel, et des sushis… Je vous laisse deviner pour les nationalités).

Pour finir, as-tu quelque chose à ajouter ?

« Nonobstant la dualité de la situation observée, il est nécessaire d’examiner les relations des voies réalisables, parce que nous le valons bien. »

*

Merci, donc à Damien d’avoir joué le jeu de l’interview ! J’ai laissé des liens un peu partout dans l’article, mais pour être sûre que vous ne manquiez pas ses actualités, vous pouvez suivre l’artiste sur son site officiel / sa chaîne Youtube personnelle / sa chaîne Youtube humoristique / son Soundcloud / sa page Facebook  et, enfin, sa page Facebook Iron Man, rien que ça !

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