Waiting For : Interview avec Dan

J’avais entendu parler du groupe The Hexen, il y a déjà plusieurs années. Un groupe de Liège avec des sonorités industrielles, soit quelque chose d’assez inédit sur la scène belge. Le temps a passé et The Hexen semblait avoir disparu de la circulation jusqu’à ce que je sois amenée, par le biais de la page Facebook du groupe, à aimer une autre page, celle de Waiting For. « Tiens, le groupe a splitté ?! », me suis-je demandé, sans pousser l’investigation plus loin. Puis, il y a quelques semaines de cela, le Waiting For en question a sorti son premier clip éponyme. Cela sonnait vraiment bien, ce mélange de voix claire et de screams, sans oublier ce petit refrain qui vous reste bien en tête après l’écoute. Là, le moment était vraiment venu d’en savoir plus ! C’est ainsi que Dan, le chanteur, a gentiment accepté de répondre à quelques petites questions afin d’éclaircir la situation quant à la fin de The Hexen et le début de Waiting For, deux groupes qui n’en ont jamais formés qu’un seul, en réalité ! Cela vous semble compliqué ? Pas de panique : lisez, vous comprendrez !

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Tout le monde commence par la même question alors, Dan, peux-tu nous raconter ton parcours dans la musique ?

J’ai commencé la musique il y a environ dix-huit ans. Mon premier groupe s’appelait Hell’s Noise. Ensuite, trois ans plus tard, je suis entré dans une nouvelle formation qui s’appelait Biosfear, groupe d’indus métal avec comme grosse influence Fear Factory mais utilisant une boite à rythme au lieu d’une batterie. Deux à trois ans plus tard j’étais entré dans d’autres groupes nommés S-witch et Misunderstanding. J’ai dû  faire un choix car à l’époque trois groupes c’était  assez délicat à suivre et je continuai donc avec S-witch qui splita en 2006. C’est à ce moment- là qu’avec les deux autres membres du groupe restant, nous avons créé The Hexen.

Tu arrives aujourd’hui avec un nouveau projet, Waiting For, qui, si j’ai bien compris, est une reformation de The Hexen. Peux-tu nous en dire un peu plus ? Quelles sont les raisons de cette transition, par exemple ?

Tout simplement car un autre groupe nommé Hexen existait aux USA et Billy (de Biohazard) nous avait grandement conseillé de changer de nom. Il n’aimerait pas qu’un autre groupe s’appelle The Biohazard et surtout qu’on ne confonde pas entre les deux groupes à l’avenir. D’ailleurs, le manager de Hexen nous avait contacté il y a six ans nous demandant s’il y avait moyen que l’on change de nom car ce groupe devait faire quelques dates en Europe d’où le rajout du « the » qu’il a accepté.

Pourquoi avoir choisi ce nom, d’ailleurs ?

En fait on avait plusieurs noms et on trouvait que Waiting for sonnait bien. Il était assez efficace et en même temps pouvait laisser une interrogation en se disant « Oui mais attendre quoi ? ». Pour ma part, c’était plus pour attendre cet album car j’étais très impatient qu’il soit fini et ça collait bien avec tout ce qu’il se passait avec le groupe pour la création de l’album.

Comment décrirais-tu le style de Waiting For, en quoi diffère-t-il de celui qu’avait The Hexen ?

Le style d’un nom à l’autre n’a pas changé à l’exception qu’aujourd’hui nous rajoutons des intros électro pendant nos concerts. Nous avons aussi créé des petits rajouts  au niveau des lights car quand l’on regarde les vidéos de nos prestations, on n’a jamais été fans des lights sur scène, car elles ne changeaient jamais. Nous voulons avoir ce petit plus avec nos lights sans que ça devienne exagéré. J’ai d’ailleurs un petit podium illuminé qui devient rouge une fois que je mets le pied dessus. Sinon, nous n’avons pas vraiment de style prédéfini, je pense que c’est un genre de néo métal fusion car chacun ajoute sa petite touche dans la création musicale. D’ailleurs, chacun d’entre nous n’écoute pas la même musique. Juan est plutôt Hardcore, Sludge, Phil et Didj un peu de tout et moi néo métal indus, par exemple.

Selon toi, en quoi le style de Waiting For peut apporter quelque chose de nouveau à la scène Metal belge ?

Je pense que l’on peut apporter du changement dans la scène métal car peu de groupes ont la même direction musicale que Waiting For. Souvent, on nous prend limite pour un groupe d’extras terrestres quand on joue, surtout quand nous partageons des scènes avec des groupes de Hardcore, Thrash etc. Mais souvent, les gens du public, même si pas forcément ouverts à notre style, peuvent s’y retrouver. On a déjà vu des coreux mettre le chaos dans la foule pendant certains passages de nos morceaux. Personnellement, j’aime ajouter de l’interrogation chez les gens qui nous découvrent et qu’ils viennent me trouver en me disant: « Toi tu es un vrai psychopathe sur scène, un fou ». C’est assez amusant mais c’est que surtout je n’aime pas aller sur scène et juste jouer, j’aime faire participer un max le public pour qu’il garde une trace de notre passage tout en ne faisant pas dans la surenchère.

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Peux-tu nous présenter les autres membres du groupe, ainsi que leurs expériences musicales précédentes, s’ils en ont ?

Alors, il y a Juan, le batteur qui a joué dans un ou deux groupes avant et qui était aussi dans S-witch, il joue dans un autre groupe appelé Lifers où il y joue de la guitare. Phil, le guitariste qui a dû avoir un groupe aussi avant et jouant aussi dans notre précédente formation. Avec eux, nous sommes les créateurs du groupe d’aujourd’hui avec Didj à la basse, qui joue aussi dans Collider. Didj a rejoint Waiting For il y a un peu plus d’un an maintenant.

D’ailleurs, quelles sont vos influences musicales ? En quoi celles-ci interviennent-elles dans votre processus de création ?

Personellement, mes influences premières sont Faith No More et Oomph! ainsi que d’autres groupes de néo métal tels que Sevendust. Toutes ces influences font partie de moi aujourd’hui et cela s’entend même si je garde ma propre personnalité musicale.

Aussi, comment composez-vous ? En d’autres mots, qui fait quoi dans le groupe ?

Comme cité plus haut, tu as Juan à la batterie, Phil à la guitare et Didj à la basse. Souvent c’est la guitare qui vient en premier lieu où Phil lance un riff et on ajoute chacun notre touche. Souvent Phil compose des morceaux en entier sur Guitar Pro qu’il nous fait écouter et nous modifions au fur et à mesure la structure. Ce qui est bien, c’est que nous sommes souvent sur la même longueur d’onde et sommes souvent d’accord avec le résultat final de la compo.

Au niveau des textes, qui écrit et quels thèmes abordez-vous ?

J’ai écrit tous les textes de l’album. Les thèmes sont assez nombreux, ce sont souvent des thèmes de mon histoire personnelle que j’aborde. Les thèmes persos sont souvent des choses vécues, souvent en mal (rires). Je peux parler aussi de politique car c’est un problème assez préoccupant de nos jours.

Sinon, vous avez déjà sorti un clip, peux-tu nous en expliquer le concept ?

Le concept de base était assez simple, nous voulions montrer le changement de nom du groupe en image où Naïma déchirait son t-shirt de The Hexen pour celui de Waiting For. Nous avions plein d’idées mais nous avons dû couper quelques scènes qui auraient rendu le clip bien trop long. Nous voulions faire quelque chose d’assez sombre où l’on nous verrait à peine, du moins les autres (rires).

Comment s’est passé le tournage ?

C’était vraiment une chouette expérience pour nous tous. Nous sommes allés en Chartreuse du côté de Liège pour filmer le début du clip. Après, nous avons essentiellement filmé le tout dans notre local de répétitions que nous avions aménagé en conséquence. Tout le tournage nous aura pris la journée entière mais quelle expérience ! Il faut aussi savoir jouer son rôle sans se préoccuper de la caméra, c’était un chouette défi.

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Aussi, votre premier album est sur le point de sortir, comment s’est passé l’enregistrement ?

En tout, la création de l’album nous aura pris presque deux ans. Nous avions demandé des fonds à nos fans en créant le « Help your band » sur Facebook avec un concept assez défini ou tu versais douze euros, ce qui permettait au fan d’avoir son album en main à la release une fois l’album sorti. C’est fou le nombre de gens qui nous ont aidé à la création de cet album et nous leur en serons toujours reconnaissants. Nous avions d’abord fait deux démos live dans notre local que nous devions renvoyer à Billy pour son boulot de production. Après cela, l’essentiel de l’enregistrement s’est passé au Noise Factory Studio. Au final, nous avons envoyé toutes les pistes à Billy qui s’est alors occupé de tout le mix de l’album. Puis, Maor Appelbaum s’est occupé du mastering, un gars qui a notamment fait les masterings pour Sepultura, Halford, Ill Nino  etc. Autant dire que tu fais un « Wow! » quand tu vois le CV de cet homme. Au final, le rendu est comme nous  le voulions, un son puissant et pêchu.

Pour ce premier album, vous avez décidé de travailler avec Billy Graziadei de Biohazard, pourquoi ce choix ? Comment cela se passe avec lui ?

En fait, Juan a été  le drumtech pour le groupe Blood For Blood, un groupe de Boston qui faisait une tournée en Europe. Il faut noter que Blood For Blood est le groupe culte de Juan, donc tu imagines comme il pouvait être content. À ce moment-là, Billy faisait la guitare dans ce groupe et Juan a sympathisé avec lui. Billy lui a demandé de lui donner notre dernière démo et il a accroché à notre musique. Donc il nous a proposé de créer notre premier album et nous n’avons pas hésité une seule minute en acceptant. Billy est quelqu’un de très ouvert et il a fait de nous un nouveau groupe. Il voulait que nous passions à la vitesse supérieure, que ça soit en concert ou en musique en faisant de nous un « New Hexen », ce qu’il a réussi au final, donnant à nos compos plus d’impact, plus d’accroche et une nouvelle manière de bosser. La plupart du temps, tout s’est bien passé. Des fois, la frontière de la langue était assez difficile car on ne se comprenait pas toujours mais tout s’arrangeait au final.

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Penses-tu que travailler avec une telle pointure permet d’ouvrir certaines portes plus facilement ?

Plus facilement je ne sais pas, on garde les pieds sur terre car il se peut très bien que rien ne pourrait se passer. Néanmoins, nous sommes très confiants et je pense que ça peut nous ouvrir des portes. Pour Billy, ce fut aussi un challenge car son nom se retrouvait sur l’album. Pour nous c’est évidemment un plus non négligeable, car l’organisateur verra ceux qui ont bossé sur l’album et pourrait se dire: « Ha ouais quand même ». Mais bon ça ne veut rien dire pour autant si l’organisateur n’accroche pas à notre style.

D’ailleurs, avec quel groupe rêverais-tu de partager une affiche ?

Ha je rêverais de partager l’affiche avec Faith No More ou ne fut ce qu’avec Oomph! Mais ça reste surtout du rêve. Je pense que jouer avec des groupes comme Channel Zero ou autres groupes belges qui commencent à se faire connaître serait une belle chose pour commencer.

Sinon, quels sont vos projets pour les mois qui viennent, en plus de la sortie de l’album ?

Nous allons créer la release tant attendue par nos fans, qui attendent quand même leur album depuis presque deux ans. Nous allons aussi préparer notre concert du Oug’rock qui se déroulera le 27 septembre au Centre culturel de Seraing. À côté de ça, nous allons aussi faire le tour des agences de booking et nous trouver éventuellement un manager, car faire tout de nous- même c’est assez difficile. Avoir quelqu’un qui s’y connait serait un plus indéniable et une agence nous permettrait de faire de belles dates de concert évidemment, ainsi que tout le travail de diffusion de l’album. On va faire les choses bien comme il faut maintenant. On veut aller le plus loin possible tout en gardant les pieds sur terre.

Souhaites-tu ajouter quelque chose pour terminer cette interview ?

Tout d’abord te remercier pour cette interview et de ton intérêt pour Waiting For ! Remercier tous les gens qui nous ont encouragés, soutenus depuis le début de l’aventure. Aussi, un tout grand merci à Billy Graziadei de Biohazard, sans qui nous n’aurions jamais pu avoir tout ce changement dans notre travail et avoir un tel album car nous en sommes très fiers aujourd’hui.

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