DJ Poulpi, l’interview !

Nous parlions de covers il n’y a pas si longtemps. Aujourd’hui, nous allons parlons de mashups ! Ce que c’est, DJ Poulpi va se faire un plaisir de vous l’expliquer en détails dans l’entretien qui suit. J’avais rencontré ce drôle de personnage lors de l’anniversaire du Metal Corporation (ici)… Oui, c’était il y a longtemps ! Je m’en excuse et ne vais pas vous faire languir plus longtemps !

poulpi

Pour commencer, qu’est-ce qu’on peut savoir sur toi ?

Hm, que veux-tu savoir ? Je m’appelle Julien, je fais des mashups sous le nom de DJ Poulpi, ça fait quatre ans que je fais ça et on va dire que ça fait un an et demi que je le fais à fond. Enfin, que je fais ça plus sérieusement et j’en fais beaucoup. Voilà, j’ai 35 ans, qu’est-ce que je peux dire encore ? Je fais de la musique depuis que j’ai quatre ans, je crois. J’ai fait de tout, de tous les styles et pas mal d’instruments. Tout petit, je faisais du piano classique, après j’ai fait de la basse Metal, puis du clavier dans des groupes de Disco… J’ai joué dans des groupes barrés, le plus connu est peut-être Carnival In Coal et j’ai joué dans Caligula, récemment en Belgique. Et voilà, je suis passionné de musique et donc mon activité actuellement se concentre sur les mashups.

D’accord. Sinon, pourquoi ce surnom-là ?

Alors, le surnom de DJ Poulpi, c’est vraiment un pseudo que j’ai trouvé en deux secondes, parce que je n’avais pas pensé à ça, en fait. J’avais fait mes premiers mashups et je voulais les mettre sur le net, puis j’ai réalisé qu’il me fallait un nom de compte à mettre sur Youtube, Dailymotion et tous ces trucs-là. Donc, j’ai réfléchi en deux secondes, il me fallait un nom si possible débile, donc déjà « DJ » parce que je ne suis absolument pas DJ… Bon, je n’imaginais pas passer mes morceaux dans des soirées, même si je vais le faire ce soir, mais à l’époque je ne me voyais pas comme un DJ, donc j’ai mis « DJ » par second degré. Et ensuite « Poulpi », c’est un petit surnom qu’on se donnait avec mon épouse, ça vient d’une série qui passait dans Nulle Part Ailleurs sur Canal+ il y a une vingtaine d’années, ça s’appelait « Les Deux Doigts D’info » et un jour, ils ont fait une fausse pub pour un doudou pour les enfants qui s’appelait Poulpi et c’était un vrai poulpe. C’était un truc qui m’avait fait hurler de rire à l’époque et donc c’est resté comme petit surnom, de temps en temps, affectueux au sein de mon couple, notamment et donc j’ai pris ça, pareil, dans un esprit d’énième degré. Et après coup, j’ai découvert que c’était assez courant finalement, des gens qui se font appeler Poulpi. Par exemple, si tu tapes « Poulpi » dans Google, tu ne tombes pas forcément sur moi, il y a même un DJ Poulpy – avec un « Y »- qui existait déjà. Alors, heureusement que j’ai mis un « I », sinon on était mal barré, mais apparemment lui ne fait pas de mashups… Donc, si vous voyez un DJ Poulpi avec un « I » qui fait des mashups, normalement c’est moi !

Ah d’accord, je pensais que ça avait un rapport avec tes cheveux, en fait !

Les cheveux ? Ah ouais, les dreads ! C’est vrai qu’il y a aussi des gens avec des dreads qu’on appelle des poulpes ! Non, ça ne venait pas de ça… Mais alors, aussi, j’ai vu qu’il y a vraiment des doudous qui s’appellent Poulpi, en fait. J’ai vu une pub un jour, dans le folder Delhaize l’année dernière, où il y avait des doudous poulpes qui s’appelaient Poulpi. Il y a même une crèche, dans ma ville, ça c’est dégueulasse, qui s’appelle Poulpi avec un « I », comme ça, comme moi. Alors le domaine poulpi.be est réservé, c’est une crèche qui est chez moi, à Louvain-La-Neuve, donc ça, c’est dégueulasse ! (rires)

Alors, tu me l’as dit déjà, je pense, tu as commencé les mashups…

Ça fait quatre ans que j’ai commencé, mais j’ai commencé timidement, on va dire, c’est-à-dire que j’en ai bricolé quatre derrière mon ordi, je les ai fait écouter à ma femme et à mes potes. Il y en a un que je ne trouvais pas assez bon pour le mettre sur le net et il y en a un que je trouvais bon, mais je trouvais qu’il fallait que je prenne la peine de faire une vidéo… Et la vidéo, je l’ai faite quatre ans après ! Donc, il y en a deux que j’ai mis en ligne : Michaël Bublé vs. Lamb Of God, où c’était la voix de Lamb Of God sur une instru de Michaël Bublé et l’autre c’était… En fait, c’était un pote qui était venu chez moi et qui m’avait dit : « Hey, tu devrais mettre la musique de Streets Of Rage – le jeu vidéo Megadrive, pour ceux qui connaissent – avec Evanescence ! » Je lui ai dit : « Ouais, tu dis des conneries ! » Et en fait son idée était bonne, ça marchait. Donc ça, ce sont les deux mashups que j’ai fait à l’époque, dont un sur l’idée d’un pote et je l’ai fait avec lui. Et après, j’ai arrêté quelques temps, je ne sais pas pourquoi… Notamment, je pense que j’ai été découragé par le manque de réponses, c’est-à-dire que les deux trucs que j’avais mis en ligne, ils avaient 0 écoute, ou alors très peu, je ne savais pas trop comment me faire connaître online et puis, je n’étais pas très content du résultat aussi, je voyais beaucoup de points à améliorer. Donc je pense que tout ça, ça m’a un peu découragé à l’époque, j’ai un peu laissé tomber. Et puis, c’est en 2012, je crois, qu’un jour je suis tombé sur des instrumentaux de Fear Factory et je me suis dit : « Oh punaise, celui-là je pourrais le mettre avec Adèle ! » Enfin, je ne sais plus exactement comment l’idée est venue… En fait, j’ai vu ces instrumentaux de Fear Factory qui étaient téléchargeables sur le net et j’me suis dit : « Ca, c’est du matériel de mashup pour moi ! » J’adore Fear Factory, surtout que c’étaient des morceaux de « Demanufacture », c’est mon album préféré, donc je me suis dit qu’il fallait absolument que je le fasse. Donc, je trouvais l’idée bonne et ça m’a directement motivé à faire ce mashup et ce mashup-là a super bien marché, il est même arrivé jusqu’aux oreilles de Dino Cazares de Fear Factory ! Le groupe culte pour moi quand j’étais gamin, qui d’un coup répond à ce que j’ai fait en leur hommage, entre guillemets, là j’étais super content et ça m’a motivé à fond et donc depuis je n’arrête plus !

Ok, mais au départ, le tout premier, c’est quoi qui t’a donné envie de le faire ? C’est venu comme ça, ou… ?

Alors, qu’est-ce qui m’a donné envie ? C’est quand j’ai découvert les mashups, il y a super longtemps. J’avais découvert un mashup, c’était Eminem vs. Britney Spears, ça m’avait fait marrer, c’était la voix d’Eminem sur un instrumental de Britney Spears. Donc ça me faisait marrer parce qu’Eminem balançait des vannes sur Britney Spears dans la chanson originale et là, ça mariait deux ennemis, entre guillemets. J’étais complètement fasciné par ce MP3 que j’avais, parce que je me demandais comment cela se faisait que ça marche aussi bien, j’étais vachement impressionné ! J’me demandais comment le gars avait fait ce mashup-là techniquement. Et donc, il y avait un niveau d’émerveillement et d’étonnement que je n’avais plus forcément pour de la musique habituelle. Comme je l’ai dit, je fais de la musique depuis que je suis tout petit et parfois, je suis peut-être un petit peu blasé sur certaines choses et là, tout d’un coup… En fait, ce n’est pas forcément que je sois blasé, mais je vois un petit peu comment c’est fait, je vois à peu près comment les gars ont fait pour faire leurs morceaux et là, je ne voyais pas comment le gars avait fait pour ce morceau-là. Et donc là, il y avait un côté « challenge » de comprendre comment le gars avait fait et l’envie de faire pareil. Mais ça, c’était il y a longtemps ! Après, j’ai réécouté des mashups, vers 2010, quand je m’y suis remis, je ne sais pas comment je me suis retrouvé sur des mashups, mais il y avait un mec qui s’appelle Pheugoo, un Hollandais, qui n’est plus très actif et il faisait des mashups que je trouvais géniaux ! Et c’était un autre style de mashups, parce que Britney Spears/Eminem, c’est rigolo, mais là il faisait des mashups avec de la super bonne musique qui te donne des frissons, donc ce n’était pas juste pour la vanne ou pour se marrer, c’était vraiment de la super bonne musique et il en avait fait un qui est fantastique, c’est du Queen Of The Stone Age qui chante sur du Johnny Cash, enfin sur du Johnny Cash qui reprend « Hurt » de Nine Inch Nails, plus précisément, c’était sublime ! Je me suis dit qu’il fallait que je refasse ça et là, je me suis mis à rechercher un peu plus activement à apprendre comment on fait et à le faire.

Et alors, comment on fait ? Sans trop dévoiler tes secrets, bien sûr !

Non, mais il n’y a pas vraiment de secret à dévoiler, je pense que tout le monde fait pareil. Sur le net, on trouve plein d’instrumentaux qui existent et plein de voix isolées, aussi. Ça vient d’un peu partout, il y a des gens qui font des concours de remix, donc ils mettent ces pistes-là à disposition. Tous les jeux Guitar Hero, Rock Band etc, ce sont des jeux qui ont repris des pistes séparées, donc il y a des gens qui sont allés extraire ces pistes séparées, donc tu as plein de sources comme ça qui se retrouvent. Tu n’as pas tout, c’est-à-dire que si tu veux un instrumental de tel morceau, non, tu ne trouves pas vraiment tout, tu as vachement de contraintes. Mais donc, tu récupères un instrumental et une voix seule, un a capella et après ça, tu cherches des choses qui sonnent bien entre elles. Généralement, il faut essayer de trouver des choses avec des tonalités qui sont proches, ou des tempos qui sont proches, sinon tu risques de trop dénaturer la musique, quoique ça peut avoir un effet marrant dans certains cas et après tu utilises un logiciel de musique, comme Cubase ou Ableton Live, y’a plein de gens qui utilisent ça, parce qu’avec ça tu peux découper ton morceau, transposer et donc tu peux vraiment caler ton instrumental et ton a capella ensemble, ou tes instrumentaux et tes a capella, selon la manière dont tu fais ton mashup. Et donc voilà, ça c’est le principe de base. Donc ce n’est pas très difficile, c’est juste qu’on fait avec ce qu’on a, on ne peut pas faire n’importe quel morceau parce qu’on a des contraintes, mais ça ne demande pas des compétences techniques incroyables, c’est assez facile de faire un mashup, en fait.

Et ça te prend combien de temps, du coup ?

Une fois, j’en ai fait un en une soirée et je regrette maintenant, du coup, parce que je le trouve un peu torché. Je l’ai fait en deux heures, mais sinon maintenant je les fais en huit heures et j’essaie vraiment de laisser passer du temps parce que, comme n’importe qui qui fait du son, au bout d’un moment tu n’entends plus bien les choses et donc tu dois laisser reposer ton oreille, dormir, faire autre chose, aller travailler, t’occuper de ta famille, je ne sais pas quoi, faire ta vaisselle… Et revenir et là, tu réentends mieux les choses. Et de toute façon, même moi en faisant ça, il y a encore des défauts que je n’entends pas et c’est en les mettant sur des forums spécialisés de gars qui font ça, que les gars me disent : « Non, là ça ne va pas, tu dois encore corriger tel ou tel aspect technique ». Donc voilà, ça peut me prendre de deux à huit heures et plus, si en plus il faut que je fasse une petite vidéo, là ça me prend un peu plus de temps. Parce qu’une vidéo ça demande quand même pas mal de travail d’édition si tu veux vraiment caler l’audio sur la vidéo.

Et comment tu choisis tes morceaux, en fait ?

Alors, moi, mon but… Enfin, ce que j’aime dans les mashups des autres, c’est quand ils prennent des morceaux que j’adore, à la base. Donc, je cherche des morceaux que j’adore. Donc, comment je choisis mes morceaux ? Je choisis des morceaux dont je suis fan. Sauf de temps en temps où je vais utiliser du Justin Bieber parce que ça me fait marrer, ou Britney Spears… Encore que, j’aime assez bien Britney Spears, soit dit en passant. Ou alors je me dis que je vais utiliser ça parce que c’est à la mode, pour essayer de faire le buzz avec mon mashup. Mais généralement, je prends quelque chose dont je suis vraiment super fan, genre Faith No More, c’est mon groupe préféré, j’ai fait cinq mashups avec Faith No More. Donc, le choix des morceaux, il est là et j’essaie de trouver dans tous les morceaux que j’adore, ceux que je peux marier entre eux, lesquels je vais mettre ensemble, lesquels colleraient rythmiquement, harmoniquement et donc j’essaie des idées et trois fois sur quatre ça ne marche pas et une fois sur quatre, je me dis : « Ça y est, ça marche ! » et je suis content et là, je me lance.

Sinon, tu disais tout à l’heure que tu ne t’attendais pas à jouer comme ça, en live…

Non ! En fait, j’ai un apriori, comme je viens de la musique live, je vais surtout voir des concerts de musique live, des concerts de Metal, beaucoup, mais aussi d’autres genres… Mais, je veux voir un vrai batteur, je veux voir des trucs organiques… Je ne veux pas voir un DJ jouer, ça ne m’intéresse pas, à la base et donc je me disais que si ça ne m’intéresse pas d’en voir, je ne vais pas faire ça aux autres et en fait, c’est l’orga du Metal Corporation Festival qui m’a proposé et je les adore, ils m’ont toujours soutenu à fond dans mes mashups, mais aussi avec Caligula, ce sont vraiment des crèmes, donc je ne pouvais pas dire non. Et donc je me suis dit : « Ok, un DJ qui joue, ce n’est pas vraiment intéressant, donc je vais essayer de rendre ça un peu intéressant ! » Bon, ce sera pas encore le super show de sons et lumières et tout, mais je vais essayer de rendre ça un peu plus fun, que juste un gars derrière un ordi qui passe des morceaux. Et en fait, c’est marrant parce que j’avais dit que je ne voulais pas le faire et finalement je suis très très excité à l’idée de le faire, j’ai vraiment hâte de le faire et maintenant l’idée de le faire m’amuse beaucoup ! Et j’espère, en fait, sauf si tu me dis dans deux heures que ça s’est très mal passé, ça on verra, mais sinon c’est quelque chose que j’aurai envie de refaire, à priori, alors que j’avais dit que je ne le ferai jamais, maintenant, je me ferai peut-être moins prier la prochaine fois pour le refaire.

FLO_59

Donc, tu n’es pas du tout stressé ?

Si, je suis stressé. Notamment, en arrivant ce soir, je ne m’attendais pas à ce qu’il y ait autant de monde, en fait. Donc je me dis que si les gens restent pour moi, ça me met une certaine pression, donc oui, j’ai un certain stress !

Sinon, est-ce que tu composes de la musique, disons « classiquement » ?

Classiquement… Je n’ai jamais rien abouti réellement en composant, en fait. Dans les groupes dans lesquels j’ai joué j’ai essayé de composer, je ne suis pas allé au bout. Donc finalement, il n’y que depuis que je fais des mashups que je vais au bout. Composer, ça me démange, l’idée me plait et j’aimerai bien le faire un jour, faire un album où je compose plein de trucs, je fais les instruments et j’invite des potes à faire les autres etc, un mélange de plein de styles et tout… Mais c’est peut-être parce que je suis assez ambitieux de faire un truc incroyable que je ne le fais pas ! Alors que les mashups c’est un peu plus réaliste, ça prend moins de temps et c’est un truc que je peux faire tout seul derrière mon ordi, donc je fais ça selon mon planning et à ma manière, donc je n’ai pas toutes les contraintes d’un groupe, ou même d’un artiste solo qui chanterait derrière son piano et qui doit quand même se pointer en studio etc… Donc, composer de manière aboutie, non. Un jour, peut-être, qui sait ?

Et comment tu as fait, en fait, pour te faire connaître sur le net ? Est-ce que tu as fait en sorte que ça arrive, ou tu as laissé faire les choses ? Parce que tu as atteint quand même des centaines de milliers de vues pour certaines vidéos, est-ce que tu t’y attendais ?

Non, à chaque fois qu’il y a eu un succès, je ne m’y attendais pas et j’ai remarqué que j’étais hyper mauvais pour estimer à l’avance le succès d’un mashup. Je peux faire un truc que moi j’vais trouver mortel et je vais avoir cent écoutes et puis je peux faire un truc où je me dis : « Ouais, non, je ne vais pas le mettre », puis je le mets quand même et tous les gens me disent que c’est génial. Ça, c’est une première chose. Comment j’ai fait pour me faire connaître ? J’ai fait une page Facebook, mais je ne pense que ce soit ça qui ait marché. Sinon, je me suis inscrit sur un forum… Sur Facebook, le premier truc qui a marché, c’est Adèle vs. Fear Factory, ça, c’est notamment le jour où Fear Factory l’a partagé que ça a marché. Mais comment c’est arrivé aux oreilles de Fear Factory, je ne sais pas exactement, mais je pense que c’est via Facebook. Moi, j’avais essayé de le mettre sur leur page Facebook, mais bon ce n’est pas un endroit où tu as beaucoup de visibilité parce qu’il y a beaucoup de gens qui discutent là-dessus, donc je pense que ça a été partagé suffisamment pour que ça arrive finalement à leurs oreilles. Moi je l’ai mis sur Facebook, il y a une copine qui l’a partagé, il y a un des mecs de SuPex Supuration, qui est un excellent groupe – qui avait super bien aimé et donc voilà, je pense que c’est quelque chose qui est devenu viral sur Facebook pour arriver jusqu’aux oreilles de Fear Factory. Et là, de Fear Factory, ça a atterri sur un ou deux sites etc. Alors, le deuxième qui a marché, mais là avec rien de Metal du tout, c’est Adèle vs. Britney Spears. Je l’avais mis sur un forum spécialisé de mashupers francophones, ils l’ont mis en première page de leur site et de là, c’est tombé, je ne sais pas comment, dans l’oreille d’un journaliste de magazine féminin que je connaissais pas, qui s’appelle Mademoizelle, mais apparemment c’est vachement suivi… Et là, Mademoizelle a dit : « Mashup de génie ! » Ca fait un an et demi et j’ai encore aujourd’hui des gens qui viennent de cette page-là et ça, ça m’a fait des dizaines de milliers d’écoutes en quelques jours, c’était complètement délirant ! Et donc, à chaque fois, c’est quand même via internet… Je me sers de Reddit aussi, j’aime bien Reddit, je l’utilise beaucoup, je mets mes mashups là et ça décolle. Et maintenant, je me sers aussi de Mashtix, qui est un site spécialisé de mashups international et là on est avec d’autres mashupers internationaux et c’est pareil, le principe est le même : tu mets ton mashup sur un forum, les gens te critiquent de manière constructive et il arrive un moment où ils trouvent que c’est suffisamment bien et là, ils le mettent sur leur première page et leur première page est vachement visitée, donc ça te donne de la visibilité et après tu peux être repris sur d’autres sites etc.

Bon, ici tu vas jouer pour un event Metal, mais est-ce que tu imagines jouer dans un festival électro, par exemple ?

Dans un festival électro… Je ne pense pas avoir assez de matière pour ça, donc aujourd’hui, je pense qu’il faut que je le fasse dans des événements spécialisés mashups ou Metal, en fait. Les endroits où je peux me produire, vraiment, je pense que ce serait ça, soirées mashups ou soirée Metal. Peut-être un jour dans des festivals un peu plus éclectiques, qui sait, si ça continue…

Sinon, toujours à propos du net, tu reçois beaucoup de compliments, mais j’imagine aussi des critiques…

Bien sûr !

Mais comment tu réagis à ça ? Pas spécialement sur les forums spécialisés où c’est plus constructif, mais sur Youtube, par exemple, où ça peut être un peu gratuit, ou sur Facebook…

Alors, pour moi, il y a trois types de critiques et je réagis très différemment selon les trois. D’abord, il y a le gars qui te dit sur la page de Fear Factory : « This is shit ! » Là, je me marre, ça me fait marrer, je prends un screenshot, je le garde et je le partage sur ma page Facebook. Ça, ça me fait marrer, je n’ai aucun problème avec ça. Il y a le gars qui va m’insulter moi, personnellement et ça, je n’accepte pas. Qu’on attaque mes trucs, d’accord, il n’y a pas de souci, mais qu’on m’attaque moi je ne l’accepte pas, donc ça, généralement, je ne réponds pas, mais par contre je signale comme insulte ou autre sur Youtube pour enlever le commentaire. Et le troisième truc, ce sont les gens qui me disent : « Ah ! Ça sonne faux, là ! » Si c’est vrai, ok, mais des fois c’est pas vrai ! Quand c’est vrai, je le reconnais, mais parfois il y a des gens qui disent : « Il y a un problème de justesse à cet endroit-là » et moi, j’ai confiance en mon oreille, donc là, je dis non ! Ça, ça m’énerve, voilà. Mais j’adore, j’avoue que des fois je joue à ça et j’ai joué à ça avec un mashup Justin Bieber vs. Linkin Park, où là je savais que je ferai chier tout le monde, enfin surtout les fans de Linkin Park. Je n’ai rien contre eux, mais je savais que beaucoup allaient réagir en disant que c’était scandaleux. Et bon voilà, ça m’amuse un peu, c’est un peu puéril, mais ça m’amuse.

Et maintenant, sans forcément prendre en considération le nombre de vues etc, est-ce qu’il y a un morceau dont tu es le plus fier ?

Ah ! C’est une très bonne question… À laquelle je n’ai même pas réfléchi. Eh bien en fait maintenant, rétrospectivement, j’ai fait un mashup Stromae/Slipknot et celui-là, et je ne le pensais pas au départ, mais avec le recul, ce sont les retours des gens qui me font penser maintenant que j’en suis le plus fier… Il a beaucoup marché, mais je me dis que finalement des voix gueulées sur de la musique assez douce, c’est quand même assez rare, il n’y a pas beaucoup de groupes qui l’ont fait… Il y a My Own Private Alaska en France qui a fait ça un peu, c’est un groupe avec des pianos et le mec est en train de hurler derrière, mais c’est quand même assez rare dans tous les mélanges qu’on fait en musique, il y a quand même assez peu de groupes où l’on gueule sur une musique douce. Et là, je me dis que je l’ai fait sur ce morceau-là et ça fonctionne particulièrement bien, je trouve et là je me dis que je suis fier d’avoir trouvé un truc qui colle. Et puis, ce n’est pas un secret que Corey Taylor peut faire des choses différentes, mais je ne pense pas qu’il ait envisagé lui-même cet angle-là. Enfin, ça sonne peut-être prétentieux, mais peut-être qu’il n’a même pas pensé que sa voix irait là-dessus, en fait.

Tu as essayé de lui faire parvenir ?

Non, je n’ai pas essayé. Il y a des gens, je me dis qu’ils sont trop connus et je n’essaie même pas, en fait. Je les tague sur Twitter ou quoi, mais voilà, je ne vais pas essayer de faire des messages privés ou d’aller voir… Je me dis plutôt que si le truc devient viral, ça arrivera à ses oreilles. Parce que, ce qui s’est passé, c’est qu’il y a eu un mashup de Slipknot avec Justin Bieber et c’est arrivé jusqu’à Corey Taylor et il avait aimé, il s’était marré, parce que le truc était déjà viral. Donc je me dis que si ça devient viral, ça arrivera sans doute à ses oreilles… Ou alors il s’en fout, je ne sais pas ! Mais c’est vrai que c’est un truc qui fait rêver, comme je mashup des trucs que j’adore, dont je suis super fan… Et pareil, d’ailleurs, j’ai eu un retour des mecs de The Ocean, un groupe Suisse/Allemand, ces mecs-là, je les adore et quand ils m’ont contacté pour me dire qu’ils aimaient mes mashups, j’étais comme un fou ! Ce sont des moments de fans heureux !

Et pour la suite, tu sais déjà un peu ce que tu vas faire  ?

La suite, je ne la connais pas moi-même ! Il n’y a pas de mashup que je suis sûr de faire actuellement, parce que dès que j’ai une idée, je la réalise, donc je n’ai quasiment pas d’idées en avance, j’ai des bouts d’idées. Je sais qu’il y a des gens que je n’ai pas encore utilisé et que j’aimerais bien utiliser, des artistes que je n’ai pas encore mashupé. Je n’ai jamais mashupé Foo Fighters, par exemple, j’aime bien Foo Fighters. Je n’ai encore jamais mashupé Queen, j’aime bien Queen. Je n’ai pas encore mashupé Michael Jackson, j’aime bien Michael Jackson. Voilà. Bon, j’ai encore d’autres idées avec Slipknot, mais bon, je n’ai pas envie de tourner autour du pot, les gens vont dire que je ne fais que du Slipknot etc… Mais voilà, j’espère que je vais trouver de nouvelles idées ! Mais pour le moment ça va, j’en trouve beaucoup, donc si ça continue comme ça je vais en trouver beaucoup.

Et est-ce que tu penses que trouver des idées comme ça, ça vient du fait de toujours écouter des choses différentes ?

Alors, il y a plusieurs raisons. Ça vient du fait, déjà, que j’aime beaucoup de choses différentes et j’aime le contraste, naturellement. J’aime les trucs barrés, en musique j’adore Mr. Bungle, ce genre de trucs complètement barrés. Enfin, quand je cherche des combinaisons de groupes, j’essaie même pas de mettre Slipknot, par exemple, avec un autre groupe de Metal, parce que ça ne m’intéresse pas. Je vais plutôt essayer de les mettre avec Annie Cordy, enfin je dis n’importe quoi, mais j’essaie de les mettre avec un truc pas forcément ridicule, mais un truc que tu n’attendrais pas. Ça, c’est la première chose. Et aussi, d’où viennent mes idées, c’est que moi, en fait, je fais parfois complètement abstraction du style, je regarde juste les juste du point de vue du solfège. Et donc à ce moment-là, Stromae pour moi ce n’est plus du Stromae, mais c’est du do majeur à 120 BPM et à côté, j’ai du Slipknot qui fait du si majeur à 110 BPM, là je me dis que ces deux-là, en transposant l’un et en chipotant le BPM, je peux essayer de les mettre ensemble. Et quand je fais ça, je fais complètement abstraction du style, pour moi ce sont juste des notes à une certaine vitesse. J’essaie de voir si les notes vont ensemble, quoi. Et là, ça devient du solfège pur, entre guillemets.

D’accord ! Est-ce que tu veux ajouter quelque chose qui te semble important et que je n’ai pas forcément évoqué ?

Alors, je réfléchis… Mais ça, tu vois, c’est le genre de trucs où je vais me dire demain matin : « Ouais ! J’aurais dû dire ça ! » D’abord, merci beaucoup de m’avoir fait cette interview. Aussi, je suis très content que l’orga ici m’ait permis de jouer. Je suis très très content de comment ça se passe avec les mashups, j’ai vachement de chance de voir qu’il y a des gens qui s’y intéressent… Encore une fois, ça m’avait découragé il y a quatre ans, quand j’ai commencé et là, maintenant, il y a des gens qui s’y intéressent et tout, qui partagent, qui laissent des commentaires positifs… C’est une chance, c’est un vrai bonheur et je m’éclate à faire ça… Ah voilà ! Ce que je voulais dire aussi, c’est marrant, c’est que les mashups on pourrait croire que ce n’est pas si créatif, en fait, qu’une vraie  composition et j’étais de cet avis-là, avant, c’est-à-dire qu’à l’époque, faire un mashup je trouvais que c’était moins bien que de composer réellement un morceau et plus ça va, plus je me dis que finalement ce n’est pas si vrai que ça et que c’est aussi une manière de prendre ce qui existe déjà pour le mettre à sa sauce, comme les gens qui font des reprises, ce qui est chouette ou comme les gens qui font des remix, ce qui est chouette aussi, eh bien c’est un moyen aussi de reprendre de la musique qui existe et voilà !

*

Eh bien, un grand merci à DJ Poulpi, car grâce à lui, vous êtes désormais incollable sur les mashups ! Bien entendu, je vous invite à rejoindre sa page Facebook (ici), mais aussi et surtout à aller faire un petit tour sur sa chaîne Youtube (ici) afin d’avoir une vue d’ensemble sur son travail. Aussi, gardez-le à l’oeil, car mon petit doigt me dit que ce DJ déjanté ne va pas tarder à remonter sur scène !

Publicités

Une réflexion sur “DJ Poulpi, l’interview !

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s