Anwynn : Le portrait d’Astrid

Bien que la fameuse soirée des « Filles à l’Honneur », dont on a tant parlé sur le blog ces derniers jours, soit passée, il me reste encore quelques portraits de musiciennes à vous faire découvrir, comme celui d’Astrid, la pétillante claviériste du groupe Anwynn.

astrid

Bonjour Astrid, pour commencer, peux-tu te présenter en quelques mots ?

Bonjour !  Je suis Astrid, j’ai 24 ans et je suis claviériste dans le groupe de Death Metal Symphonique Anwynn.

Peux-tu nous raconter ensuite ton parcours dans la musique ?

J’ai débuté le piano à l’âge de 6 ans sous forme de cours privés. Pendant toute mon adolescence, j’aimais surtout jouer des morceaux classiques et romantiques. Parallèlement, j’ai commencé à écouter de la musique plus rock, avant de  virer vers le Metal et ses dérivés. Ce sont deux mondes qui pour moi se complétaient très bien : je jouais beaucoup de classique, j’écoutais du rock et du metal. Rétrospectivement, je pense que cette approche inconsciente m’a appris pas mal de choses en termes de composition et de racines musicales.

Joues-tu d’autres instruments que du clavier ?

Comme je l’ai dit, je suis pianiste. Mais non, je ne chante pas ! Je dis ça parce que, souvent, la première chose qu’on me demande lorsque je me présente en tant que musicienne dans le Metal, c’est si je suis chanteuse. Peut-être est-ce parce que beaucoup de pianistes sont chanteuses, peut-être que beaucoup des musiciennes connues dans le monde du Metal sont chanteuses. Quoi qu’il en soit, je ne chante pas… Heureusement pour vous, je vous le garantis !

Depuis quand as-tu rejoint Anwynn ? Et qu’est-ce qui t’a motivée à entrer dans ce groupe ?

J’ai rejoint Anwynn en 2010. On m’a demandé de venir essayer, parce que le groupe était à la recherche d’un claviériste. J’étais hésitante au départ, et il a fallu beaucoup insister pour me convaincre… En effet, je n’avais encore jamais touché à un synthé ! Les pianos acoustiques ? Sans problème ! Les partitions de vingt minutes ? Aucun souci ! Mais les câbles ? Les sonos ? Ah non, tout ça je n’y comprenais rien. Je ne possédais d’ailleurs même pas de clavier. Au final, je suis quand même venue essayer, et c’est fou le nombre de choses qu’on apprend en peu de temps lorsque les circonstances y sont propices et que le contact passe.

Comment décrirais-tu Anwynn ?

Du Death Metal Symphonique aux influences celtiques, joué par un groupe de potes sérieux. En tout cas, c’est la version courte. En pratique, il nous est très important de faire un mélange équitable entre une rythmique violente avec des riffs couillus et le côté mélodique, symphonique.

J’ai vu sur certaines photos que tu portais le kilt, comme les autres musiciens, comment cela se fait, c’est plutôt masculin comme tenue ?

C’est une décision que j’ai prise récemment. Les musiciens dans ce groupe ont toujours porté le kilt, mais les musiciennes s’en abstenaient puisque, comme tu dis, ces tenues n’existaient pas chez les femmes. J’ai décidé de quand même en porter un, car le côté visuel l’emporte selon moi. Les historiens s’en plaindront sans le moindre doute… Mais de toute façon, ils ne se plaindront pas que de ça ! Dans notre contexte, l’idée de former un groupe visuellement uni m’attire plus que l’authenticité historique. Ceci étant dit, je conçois tout à fait que d’autres ne soient pas d’accord avec cet ordre de priorités.

D’ailleurs, peux-tu m’expliquer pourquoi avoir choisi le port du kilt et parfois les peintures de guerre comme tenue de scène chez Anwynn ?

À l’époque où Anwynn débutait, nous étions fort influencés par la mythologie des Celtes et par l’histoire qui en découle. L’idée des peintures de guerre est venue en regardant Braveheart. Ce côté est toujours présent et il le restera probablement toujours. Cependant, le groupe a évolué pour incorporer d’autres sujets au sein de nos morceaux. Certains nouveaux morceaux comme « Swords & Blood » sont donc toujours axés là-dessus, d’autres pas du tout. Ça nous permet d’être plus variés et d’incorporer les influences musicales et personnelles de chacun.

Et puisqu’on parle de fringues, quand tu n’adoptes pas la tenue traditionnelle, qu’est-ce que tu préfères porter lors d’un concert ?

J’ai l’éternel dilemme de la musicienne qui adore les fringues féminines mais qui doit quand même être confortable sur scène ! Il est hors de question qu’un vêtement m’empêche de jouer du mieux que je peux. Mais d’un autre côté, j’adore certains corsets, les bottes à talons, les jupes.  De toute façon, pour l’instant, c’est le kilt.

T’est-il déjà arrivé quelque chose de drôle ou d’embarrassant sur scène ?

Ça n’est pas encore arrivé mais je suis sûre qu’un jour, je perdrai l’équilibre en faisant du headbanging. J’espère pour vous – mais pas pour moi – que vous serez en train de filmer !

Aurais-tu un meilleur souvenir en live à nous raconter également ?

Je suis sans doute biaisée par le fait que c’est un concert récent, mais je garde un souvenir magnifique du Kraken Festival en Octobre dernier. C’était notre premier concert après une très longue pause, pendant laquelle le groupe a connu beaucoup de changements. Nous avions énormément travaillé pour renouveler notre direction musicale tout en restant cohérent, pour fixer des objectifs communs, pour passer au-dessus de pas mal de choses. Par moments, j’étais vraiment épuisée. Notre concert au Kraken, c’était l’aboutissement de tout ce travail. Or, la quasi-totalité des retours que j’en ai eu étaient excellents. Le public était présent en grand nombre et je le remercie pour la confiance accordée et la curiosité de nous redécouvrir. Le nouveau line-up a été accepté instantanément et le public semble avoir aimé la direction que prenaient des nouveaux morceaux. Avant tout, nous étions fiers de notre prestation, contents de la forme que prenait notre travail et impatients de continuer à composer. C’est là que je me suis dit, pour la première fois depuis longtemps : « Tu vois, ça en valait la peine ! »

En général, à quoi tu penses lorsque tu joues ?

Aux 1001 quacks qui pourraient arriver pendant le concert, je suis une éternelle stressée.

Sinon, quels sont tes groupes préférés ?

Dream Theater était mon premier amour et par conséquent, j’aime beaucoup de groupes de prog : Porcupine Tree, Devin Townsend, Ayreon… Dans d’autres styles de Metal, j’adore Nightwish, Machine Head, While She Sleeps, Agalloch, Sabaton, Rammstein, Artas, Fleshgod Apocalypse… Difficile de tous les citer, car en général je pioche mes artistes préférés dans (presque) tous les styles de Metal. En dehors du Metal, j’écoute beaucoup de post-rock comme God Is An Astronaut, ou des BO de films par Hans Zimmer ou James Newton Howard. Également Emilie Autumn, Die Antwoord, Lady Gaga, Florence and The Machine, Sixx:A.M., The Cure…

As-tu d’autres passions en dehors de la musique ?

Certainement et en premier lieu la danse. J’en fais depuis 20 ans avec divers styles que j’ai essayés et adoptés. Malheureusement, c’est quelque chose que j’ai dû mettre au  second plan depuis quelques temps, car entre ça, mes études, Anwynn et dormir quelques heures la nuit, il fallait choisir. Mais je suis impatiente de pouvoir m’y remettre à 100% quand le temps me le permettra, de découvrir d’autres styles que je n’ai pas encore tentés. Et je ne pense pas qu’on puisse appeler ça une réelle passion, mais j’ai une obsession assez sérieuse pour les vernis à ongles !

Sinon, que penses-tu du concept des « Filles à L’Honneur » ?

Une soirée concept, c’est toujours chouette. C’est génial de rassembler plusieurs groupes avec une caractéristique commune pour la mettre en avant, surtout quand ils sont de styles musicaux variés comme ici. On a toujours quelque chose à apprendre des autres. J’espère que cette tradition continuera !

Et de la place de la femme sur la scène Metal actuellement ?

Là, j’ai un peu plus de mal avec la situation actuelle. Trop de groupes sont définis – de choix ou non – par la présence d’une femme dans leur groupe. Or, en ce qui nous concerne, nous ne faisons pas du « Metal à chanteuse », pas plus que nous ne faisons du « Metal à bassiste »  ou du « Metal à batteur ». Si nous faisons du « Metal à chanteuse » alors, Machine Head fait du « Metal à chanteur »…  Ce qui ne veut vraiment rien dire du tout ! Bref, je déteste cette façon de catégoriser les groupes de Metal et d’y sous-entendre un quelconque style musical. Walls of Jericho, c’est du Metal à chanteuse, et Delain c’en est aussi, or s’il y a un élément musical commun entre ces deux groupes, il va vraiment falloir me l’expliquer. D’ailleurs, la soirée d’aujourd’hui en est un parfait exemple : sept femmes dans des groupes de Death, de Stoner, d’Alternatif et de Death symphonique … Allez me dire qu’on fait tous la même chose ! Je sais malheureusement bien que dans le futur proche, en tout cas, cette vision changera peu. Mais j’espère qu’un jour  le Metal sera plus défini par son style et son talent que par la présence ou non d’un vagin sous les kilts.

J’ai déjà demandé à Eline quels sont les projets futurs du groupe, mais peut-être as-tu d’autres projets dont tu aimerais parler ?

Au mois d’avril, nous allons entamer l’enregistrement d’un EP ! Cinq morceaux s’y trouveront, dont un petit remake que nos anciens fans devraient, je l’espère, apprécier. Un autre projet devrait immédiatement le suivre, mais celui-là, je ne peux pas encore le dévoiler. En tout cas, c’est quelque chose que nous n’avons encore jamais fait, et on a hâte !

Sinon, je te laisse tranquille avec cette interview et si tu souhaites ajouter quelque chose, n’hésite pas !

Merci Isabelle pour cette interview, les questions donnaient vraiment envie de répondre ! Merci à Bart de nous avoir invité au Hell-Metal et de créer des initiatives pareilles, c’est réellement un plaisir de participer à une soirée de ce concept et avec des styles si divers. Si vous aimez notre prestation, sachez que nous jouerons au « Walrock Spring Festival » à Rixensart dans une semaine.  J’espère y retrouver quelques têtes ! Nous jouerons également au « ASOM Birthday Show » le 21 mars à Blegny, et nous serons en première partie de Pathfinder le 24 mai à Mourcourt.  A bientôt, donc !

*

Merci à toi, Astrid, d’avoir répondu à mes questions avec autant de soin et de précision! On se reverra sans doute à Mourcourt pour un concert qui promet d’être épique. D’ailleurs, si vous souhaitez des informations complémentaires, un petit clic [ici] devrait faire l’affaire !

anwynn_agenda

Publicités

Une réflexion sur “Anwynn : Le portrait d’Astrid

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s