Waiting For présente son nouvel EP, « Noir »

Presque deux ans après la sortie du premier album de Waiting For et une interview que vous pouvez relire ici, Dan, est de retour sur Under The Moon pour présenter le nouvel EP du groupe, « Noir ». Un EP qui marque sans aucun doute un tournant décisif dans la carrière du groupe et Dan nous explique pourquoi dans les lignes suivantes.

cover face avant

Pour commencer, y-a-t-il eu des changements au sein du line up de Waiting For depuis la dernière fois ?

Aucun changement, le line up est resté le même depuis trois ans et c’est un record (rires) ! Plus sérieusement, l’entente avec Didj est ce qu’on voulait. Il est vraiment le bassiste attitré de Waiting For, quelqu’un qui a bien assuré pour l’album (étant arrivé en plein milieu de sa conception) et de très ouvert au changement qui a suivi, c’est d’ailleurs lui qui a donné pas mal d’idées pour ce nouvel EP.

Ensuite, que s’est-il passé pour vous entre 2014 et 2016 ?

Nous avons sorti un deuxième clip et avons fait quelques dates de concert. En 2015, beaucoup de changements ont eu lieu et nous voulions réaliser un EP l’année suivante.

Vous revenez donc aujourd’hui avec un EP intitulé « Noir », peux-tu nous parler un peu de sa conception, comment vous avez travaillé dessus et avec qui vous avez collaboré ?

Nous sommes tout simplement allés à la Légia, salle réputée à Liège où nous avons enregistré tous les prémix de l’EP. Autant dire qu’on ne voulait pas faire comme l’album précédent et avons enregistré le tout en live en plusieurs sessions. Ensuite, c’est Pasquale Caruana (qui a mixé pas mal de groupes) qui s’est occupé du mix en prenant le meilleur des sessions et du mastering au Québec.

Peux-tu aussi nous parler de son artwork, qui ferait presque penser à un album de Doom ?

Pour l’artwork, nous voulions quelque chose de sombre et malsain, nous voulions des arbres dénudés, donc Julie, notre photographe, a fait un parcours du combattant pour aller décocher quelques clichés à la campagne et en hiver. Elle était heureuse (rires). Puis j’ai assombri le tout pour donner une ambiance sombre, triste et dérangeante.

Autrement, dès la première écoute, on ne peut nier que vous avez changé radicalement de style, même si le jeu de voix reste assez similaire à celui d’avant ! Qu’est-ce qui vous a amené à ce revirement de situation ?

Beaucoup de choses. Nous avions envie de changement dans le sens où quand nous avions réalisé notre premier album en commençant le tout en 2012, nous faisions déjà ces morceaux depuis pas mal de temps. Un morceau comme « Why ? » par exemple date de 2007 ! Depuis la formation du groupe nous jouions aussi le même style et nous avions besoin de vouloir faire autre chose, de découvrir une autre facette de notre musique, plus sombre, plus lourde, plus oppressante. Pour ma part, mon frère étant très malade, je ne me sentais pas capable de continuer dans le même style auquel nous nous adonnions depuis des années. Tout est arrivé en même temps et le groupe a suivi cette nouvelle tournure de style. Pour le chant, je trouve quand même que j’ai changé, une voix plus mélancolique, plus posée dans le sens ou je ne fais plus d’envolées mélodiques. Des gutturaux plus présents aussi.

Et comment qualifieriez-vous ce nouveau style, encore une fois, peu commun à ce qui se fait en Belgique ?

Certains te diront du Post Metal, d’autres du Doom, voire du Doom Core, difficile de nous mettre dans un choix particulier de style. Post Metal, oui, moi je dirais « Melancholic Doom Core », soyons fous, mais les autres membres du groupe n’étaient pas d’accord (rires) ! Mais il est évident qu’il reflète plus nos écoutes d’aujourd’hui tels que Amenra ou encore Ghost Brigade…

Quelles sont vos attentes par rapport à un tel changement ?

Elles n’ont pas changé, jouer un max partout où il est possible de jouer et ailleurs qu’à Liège. Jouer dans le Hainaut serait sympa, on y a trop peu joué et les rares fois étaient vraiment sympas. Faire des concerts à Bruxelles et en Flandre aussi, là où le style marche plutôt bien. Nous avons désormais un style plus accrocheur et non plus du Neo Metal qui se faisait dans les années 2000.

Cependant, il s’agit peut-être d’un one shot ou vous comptez vraiment continuer dans ce style très différent et bannir à jamais votre côté électro ?

Il est certain que nous continuerons à jouer dans ce style, on a vraiment trouvé la voie de notre musique et les nouveaux morceaux ne figurant pas dans l’EP vont dans ce sens. L’électro est encore présent mais dans un contexte plus axé sur des ambiances sombres et malsaines.

Par ailleurs, comptez-vous adapter vos anciennes chansons pour le live, ou vous continuerez à les jouer normalement ?

Nous jouons encore deux ou trois titres de l’album précédent et ils sont bien évidemment adaptés au style d’aujourd’hui tout en les reconnaissant. Elles sont surtout plus lourdes et rentre-dedans, car le groupe joue dans un accordage de guitares plus bas que sur l’album.

Sinon, avec un tel titre, « Noir », plus l’ambiance musicale générale qui se dégage des morceaux, l’on sent bien que cela ne parle pas de choses spécialement positives. Peux-tu nous faire un track by track des thèmes abordés dans ces cinq titres ?

« DON’T CHOOSE ME » parle notamment de personnes qui n’en ont rien à faire de vous, que vous aviez parfois même aimées mais qui vous oublient sauf quand elles reviennent vers vous pour parler de leurs problèmes. C’est suite à une discussion avec ce genre de personne que les paroles de ce morceau sont sorties toutes seules et tu fais un constat en leur demandant de ne plus t’aimer, te sentir etc.

« SORROW » est le morceau qui me parle le plus dans cet EP, sachant que je l’ai écrite pour mon frère qui nous a quitté l’année passée suite à un cancer. Le morceau parle de lui comme d’un héros qui se sera battu jusqu’au bout et il l’a vraiment été. Il parle notamment de ma culpabilité à ne pas avoir été le grand frère qu’il méritait. Que je serai toujours en deuil, que personne ne pourra jamais m’en guérir.

« YOU FEEL ALONE » est un constat d’une relation avec mon père qui ne pourra plus jamais exister. Difficile de voir quelqu’un qui a sombré dans l’alcoolisme et la drogue et qui vous insulte toi et tes proches.

« NO MIRACLE » parle de cancer, qu’elle te fait admettre au final qu’il est un dieu et décide de vie ou de mort sur toi, un peu comme la faucheuse.

« I’M LOST » est tout ce qu’il y a de plus négatif sur le mot amour et tout ce qui l’entoure. Que les gens s’extasient dans une relation mais qu’ils souffrent au final, car la personne te manque, ne veut pas de toi ou encore te trahit. Je n’ai jamais autant souffert qu’en étant amoureux et j’ai tout écrit sur ce morceau.

Vous avez déjà sorti un clip pour le titre « Don’t Choose Me », simple, mais efficace. Peux-tu nous expliquer sa réalisation ?

Le clip est totalement home made, nous avons tout fait nous-mêmes, nous ne voulions plus d’un clip hyper bien réalisé avec de beaux plans et un mini scénario comme les deux clips précédents. Donc le batteur avait une Gopro et il a filmé pendant qu’il était sur la route et en répétition. Il s’est occupé aussi du montage de la vidéo simple, certes, mais sombre, on voit de suite où le groupe veut en venir aujourd’hui.

Sinon, vous avez organisé une release party pour cet EP, peux-tu nous raconter comment cela s’est passé et quelle a été la réaction des gens quant à votre changement de style ?

C’était à la Légia à Liège en co-organisation avec le groupe Fitz qui sortait son album. Les gens ont surtout été étonnés de voir le support du nouvel EP qui n’est pas sur CD mais sur une clé USB contenant les morceaux en .mp3 et .wav, les textes, le clip vidéo et différents artworks en rapport avec l’EP. Un peu comme une couverture de CD et tout cela dans une petite boîte en bois où est gravé « NOIR » dessus. Nous avons expliqué que c’était un procédé beaucoup plus simple car les gens maintenant ont tendance à écouter sur clé USB dans leur voiture ou encore écouter les mp3 avec leur téléphone portable. Sinon, pour le changement, nous n’avons eu que des encouragements, les gens sont plutôt surpris au départ mais ils ont tous appréciés. Que du positif en somme !

Est-ce que vous prévoyez un album prochainement, ou il est encore un peu tôt pour en parler ?

C’est surtout qu’on y pense pas (rires). Nous avons mis toute notre énergie pour cet EP et s’il devait y avoir un album, il faudra un nombre de morceaux conséquent et surtout ne pas mettre de nouveau ceux de l’EP. Peut-être dans deux ans, je ne sais pas…

Enfin, d’une manière générale, quels sont les projets de ce nouveau Waiting For pour les prochains mois et finira-t-on par vous voir dans le Hainaut ?

Nous enverrons l’EP dans un maximum d’orgas possibles. Pour le Hainaut, je pensais à Hell&M Prod par exemple, ça pourrait être vachement sympa de pouvoir jouer dans cette région encore trop peu visitée par le groupe. Je garde de très bons souvenirs de nos deux dernières dates à Tournai et Frameries (rires).

Et si tu veux ajouter quelques mots pour terminer, libre à toi !

Ha mais comme la première fois, un tout grand merci à toi pour cette interview ! Ça fait plaisir de voir des gens s’intéresser à notre musique et j’espère qu’elle plaira à plus de monde. Nous sommes très fiers de cet EP et du boulot que Pasquale a fait dessus. C’est terrible de se dire que notre EP sonne mieux que notre précédent album (rires). Mais bon, autre moment, autre époque. On ne remerciera jamais assez nos fans qui vont même jusqu’à nous suivre dans des lieux incertains (rires).

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