[ARCHIVES] Interview avec Eths

266c45b8716f268b767ea2c6fc8b142b

Une nouvelle archive, de 2012 cette fois, où je rencontrais lors du Durbuy Rock Candice et Staif du groupe Eths peu après la sortie de leur troisième et dernier album en compagnie de la chanteuse mythique, « III »

*

148969_3512709890014_516599774_n

C’était sans compter sur le soutien de la SNCB pour arriver à l’heure à l’interview… Bref ! Après un sprint entre la gare de Bomal et la salle où se déroule le Durbuy Rock, en incluant un jet de valise au camping, j’arrive enfin à la rencontre de Candice et Staif pour un petit entretien.

Doit-on encore présenter ce groupe français appelé Eths ? Depuis la sortie de leur première démo éponyme en 1999, les Marseillais n’ont cessé de gravir les échelons du succès, portés par la voix hors du commun de leur chanteuse, Candice. Après deux autres démos, la formation accouche d’un véritable premier album, « Soma », qui ravit les fans de la première heure et surprend le grand public. Vient ensuite « Tératologie », une bourrasque assez chaotique adulée par les uns et un peu boudée par d’autres. À ce stade, force est de constater que la musique de Eths se renouvelle sans cesse tout en gardant des sonorités typiques qui font désormais l’identité du groupe. Cela, en plus du style de Candice qui oscille entre la démence pure et la douceur malsaine pour déclamer ses textes tant sales que poétiques.

Après cinq longues années d’absence, voici venir « III », paré de son aura mystique que l’on perçoit avant même de découvrir le contenu sonore du troisième opus des Marseillais. Il y aurait bien mille questions à poser à Candice et Staif mais tâchons d’en savoir d’abord un peu plus sur ce nouvel album plus que jamais attendu. Juste un peu, car les musiciens préfèrent laisser aller l’imaginaire de ses auditeurs. Quant au reste de la conversation, les artistes dévoilent, entre autres, quelques anecdotes personnelles et évoquent leur succès avec beaucoup d’humilité.

Avant tout, il y a eu un changement de line-up. Pouvez-vous présenter les « nouveaux » membres ?

Candice : Guillaume est revenu ! Quant à Damien, c’est une connaissance de Guillaume, ils jouaient ensemble dans un autre groupe et cela s’est fait assez simplement.

Staif : Oui, cela s’est fait tout seul.

Candice : Quand Guillaume est revenu, nous étions en période de composition et du coup cela s’est bien goupillé, on s’est bien retrouvé là-dessus.

Jusqu’à présent, comment se passe la tournée ?

Staif : Très bien ! Bien que l’album n’était pas encore sorti lors du premier mois de la tournée, il y avait quand même une bonne réponse de la part du public, même sur les nouveaux titres et maintenant que l’album est sorti, c’est encore mieux. Pour le moment, nous sommes vraiment contents.

Êtes-vous contents de revenir en Belgique ? Cela faisait un moment que l’on ne vous avait pas vus !

Staif : Ah ça oui, on a toujours aimé le public belge !

Candice : Oui, et puis on a déjà joué plusieurs fois à Durbuy…

Staif : …Et depuis nos débuts, les Belges nous ont toujours soutenu donc c’est à chaque fois avec plaisir qu’on revient jouer ici.

Pas trop stressés ?!

Candice et Staif : (rires) Non, ça va !

J’en viens donc à « III », qui est un album assez « mystique », très différent des autres tant au niveau des thèmes abordés que du design. Est-ce volontaire ou c’est un hasard?

Candice : Il y a toujours une volonté de changer au départ, on ne va pas tout le temps faire la même chose ! (rires) Donc oui, il y a une recherche un peu « mystique » mais il n’y a pas que ce domaine-là qui est abordé. On a joué avec deux atmosphères qui sont la naissance et la mort, le chaos. En termes de composition, les morceaux sont beaucoup plus pesants et c’est ce qui force à ce genre d’écriture.

Il y a toujours un gros travail au niveau de l’écriture…

Candice : Eh bien comme pour les autres ! Il n’y a pas un album en particulier où il y a moins de recherche à ce niveau.

Staif : C’est vrai que plus on fait d’albums, plus on essaie d’aller ailleurs, on cherche, on creuse… Et c’est vrai aussi que les thèmes abordés, au-delà de la naissance, ce sont des thèmes qui nous passionnent aussi et dont on parle beaucoup. Même si Candice a toujours eu ce côté « religieux », nous n’étions jamais allé aussi loin dans ce côté mystique et nous avions une réelle envie de le faire.

Pouvez-vous me parler du design de « III » ?

Staif : Alors ça, déjà, c’est Nicolas Senegas qui a fait ça, on tient à le dire parce que c’est un super artiste qu’on aime vraiment beaucoup. En fait, c’est lui qui a tout fait seul.

Candice : On lui a donné carte blanche, il n’avait que les textes.

Staif : Oui, il a eu les textes avec un petit concept que l’on avait au début et il nous a donné ça.

Et cela a fonctionné directement ?

Staif : Oui, dès le premier jet, c’était ça !

Mais qui est cette dame représentée sur la pochette avec son ventre étrange qui est assez impressionnant, d’ailleurs ?

Staif : Ah aaah !

Candice : On ne va pas tout dévoiler mais c’est en quelque sorte la déesse qui représente l’univers de « III ».

Staif : On peut y voir beaucoup de choses, en fait car on peut le prendre au premier, au deuxième, même au troisième degré… Il y a pas mal de choses, là-dedans !

En fait, vous préférez nous laisser l’interpréter, sans fournir trop de détails ?

Candice : Nous avons notre interprétation mais c’est vrai qu’à chaque fois beaucoup de personnes ont différentes visions et ça, c’est énorme ! On trouve vraiment ça pas mal de voir qui a pensé à quoi.

Pour en revenir au concept de « III », il s’agit donc bien de la naissance et de la mort?

Candice : Pour faire simple, c’est cette dualité-là, oui. Il y a la naissance et la mort par le chaos.

Bien que cela ne soit pas nouveau dans Eths, vous utilisez souvent des termes peu communs dans vos titres. Pouvez-vous en choisir un, par exemple votre préféré, et me l’expliquer ?

Candice : Il y en a plusieurs que j’aime bien… Alors, j’aime bien… J’aime bien… « Hercolubus » ! Déjà par l’ambiance que ce titre dégage car l’atmosphère de chaos y est très bien représentée. Quand j’ai écrit ce texte j’étais déjà maman et j’ai mêlé deux univers en pensant d’une part à ma fille puis au chaos qui arrivait. Ce n’était pas dur à écrire parce que c’est sorti tout seul mais c’était assez douloureux.

Est-ce que ce sont vos peurs qui sont transposées dans les textes ?

Candice : Oui, forcément !

Staif : Oui, on peut les ressentir. On parle de cette peur de la mort qui serait même une mort globale, en fait.

Oui, mais ça peut très bien être imaginé…

Candice : Ce sont des peurs imaginées, oui…

Staif : C’est un entre-deux, en fait…

Candice : Après, quand on est maman on est remplie de peurs, en plus ! On ne peut que s’imaginer le pire et c’est pour ça que l’on retrouve plein de sentiments douloureux.

Toujours au niveau des textes, j’ai l’impression que les paroles sont plus « sensibles », pour le dire simplement, moins « dégueulasses » ?

Staif : Oui, c’est moins cru…

Candice : Oui, c’est possible. Maintenant, je n’ai pas le recul nécessaire pour l’affirmer.

Staif : Mais moi, par exemple, je l’ai ressenti quand on a lu les premiers textes. Il y a un côté plus posé, moins cru mais cela ne veut pas dire que les textes soient plus joyeux ! (rires)

Avant de passer à autre chose, Staif, quel est donc ton titre préféré ?

Staif : Je dirais « Proserpina », parce qu’il est en lien direct avec la pochette. C’est un peu l’histoire de la personne qui y figure. Je l’aime bien aussi parce que musicalement nous sommes allés chercher des choses que nous n’avions pas encore osé faire. C’est-à-dire partir sur un truc plus « rock » que l’on mixe avec des atmosphères beaucoup plus pesantes, voire théâtrales à certains moments. Puis ce morceau représente bien le disque.

Cela fait une dizaine de jours que « III » est sorti, maintenant. Je suppose que vous avez déjà reçu quelques impressions de la part de votre public et des médias ?

Candice : Oui, les retours sont assez bons !

Staif : Oui et nous sommes contents parce que les gens sentent ce qu’on a voulu y mettre. C’est-à-dire rester nous-mêmes tout en allant ailleurs, en essayant d’un côté de donner plus de violence et d’un autre plus de douceur.

Vous avez repris « Music » de Madonna, c’est assez inattendu… Pourquoi avoir choisi ce morceau ?

Candice : On s’est longtemps posé la question… Cela faisait un long moment que nous avions envie de reprendre un morceau et il en fallait un que tout le monde connaisse. Même ceux qui n’écoutent pas Madonna connaissent « Music », donc on s’est dit que c’était une bonne idée et que ça allait être intéressant à mettre en œuvre.

Staif : On voulait surtout un morceau qui ne soit pas ‘rock’, on voulait quelque chose d’électronique pour lui donner une dimension électrique. Et pour la petite histoire, c’est une chanson qu’on passe souvent quand on fait des fêtes, on a beaucoup dansé dessus complètement saouls donc c’était sympa de reprendre cette chanson pour ça, aussi.

N’y a-t-il pas un message derrière cette chanson dont les paroles ont un côté universel,  que ce soit dans sa version pop ou sa version metal ?

Candice : Oui, oui ! Enfin, c’est sûr qu’on ne s’est pas posé la question…

Staif : Mais il y a ce côté-là qui amène à l’ouverture. D’ailleurs, on savait très bien qu’en faisant ce titre qu’il y aurait pas mal de gens très « straight », metal à fond, qui ne comprendraient pas du tout notre démarche et qui trouveraient ça inutile. On le savait très bien mais on avait envie de le faire et comme à chaque fois, on fait ce qu’on veut, tout simplement ! Nous n’avons pas peur d’assumer le fait d’aimer des choses qui ne soient absolument pas metal, qui sont tout de même des influences pour nous.

Justement, quels sont vos goûts hors metal ?

Staif : C’est vaste, hein !

Avez-vous un groupe de la honte ?

Candice, qui éclate de rire : Le groupe de la honte !

Un groupe que vous n’oseriez pas évoquer dans un contexte metal en disant : « Aaah ! Je suis trop fan de… » ?

Candice : Ah non mais moi je ne suis pas « trop fan » de quelque chose… Mais ce sont certains morceaux de groupes comme Coldplay, par exemple, que je détestais avant. Ce sont des trucs sympas qui me plaisent bien mais après, je ne suis pas forcément fan…

Vous restez très ouverts, donc ?

Candice : Oui, carrément !

Staif : Oui, on aime écouter beaucoup de choses mais personnellement, je suis plutôt fan des Nine Inch Nails, de Tool et ce genre de groupes qui m’ont touché. Sinon, je ne suis pas non plus, comme Candice, fan de trucs « de la honte » mais d’une manière générale on assume d’aimer des choses complètement pop et on n’a aucun souci avec ça !

Lady Gaga, non ?

Candice : Si, si ! Bon, je ne l’écoute pas à la maison mais j’ai déjà écouté ce qu’elle faisait en me disant : « Ah oui, ça c’est pas mal, ça aussi,… »

Staif : Oui, quand c’est bien fait, il faut le reconnaître.

Candice : Même Britney Spears, il y a des albums où tu te dis : « Ah ouais, la prod, quand même… »

Staif : Puis, il y a des vieux trucs aussi, de la vieille soul, du vieux blues,…

Claude François ?

Candice : Non, ça, ça va ! (rires)

Staif : Tout ce qui est variété française, à part les maîtres tels Gainsbourg… Le reste, on aime moins.

Maintenant, si vous balayez votre carrière de ses débuts à aujourd’hui, qu’est-ce que vous vous dites ?

Candice : Qu’on a vieilli ! (rires)

Staif : Qu’on a vieilli, oui ! Mais c’est cool aussi parce qu’il y a quinze ans, le mercredi après le lycée on était dans une cave et aujourd’hui on est toujours là, à faire de la musique, il y a des gens qui nous écoutent et ça fait quand même plaisir d’avoir réalisé une partie du rêve !

Que pensez-vous de l’espèce de « Eths-mania » qui s’est développée au fil du temps ?

Candice : Euh… On a des fans, oui, mais de là à dire combien… Je ne sais pas !

Staif : Hmmm… De là à dire « mania »…

Par exemple, pendant votre absence, les fans ne vous ont pas lâché. Sur internet, plus particulièrement sur les réseaux sociaux et groupes de fans, des infos en tous genres tombaient régulièrement à votre sujet…

Staif : Oui, c’est vrai. Et c’est vrai que cela nous a surpris, quand même.

Et qu’en pensez-vous, donc ?

Staif : Eh bien ça fait super plaisir de voir que des gens pensent au groupe, se demandent ce qu’on fait… Parce qu’il y a eu un long moment où nous n’étions pas là et on ne savait pas, concrètement, ce qui pouvait se passer. Donc oui, ça fait vraiment plaisir !

Ce n’est peut-être pas encore le cas en termes de tournée, mais il semblerait que votre musique s’exporte assez bien. En Amérique du Sud, par exemple…

Staif : Oui ! On a une sacrée fanbase en Amérique du Sud, qui est là depuis un moment et qui nous avait permis d’aller faire quelques dates là-bas et c’est vrai que depuis ces dates, on sent que ça monte, ça monte et on espère vraiment retourner là-bas pour faire une belle tournée.

Ce n’est donc pas encore prévu ?

Staif : Non, pas encore.

Est-ce grâce à internet ?

Staif : Ah oui, c’est sûr ! Sûr et certain ! Le téléchargement fait que l’on vend, certes, moins d’albums mais que beaucoup plus de gens écoutent notre musique. On le voit, parce que quand on a commencé, il y a treize ans, il n’y avait pas cette puissance-là d’internet. Puis au tout début, quand on est venu en Belgique, il a fallu faire des bars… Tandis que la dernière fois que nous sommes allés au Brésil, on a joué devant 500 personnes ! Les fans nous attendaient devant l’hôtel, c’était un truc incroyable !

Candice : Oui et on ne s’y attendait pas du tout !

Staif : On n’avait sorti aucun disque, ni mis un seul doigt de pied là-bas… Pour ça, la puissance d’internet, c’est génial !

Et est-ce important pour vous d’entretenir vos pages internet, réseaux sociaux et tout ce qui va avec ?

Candice : C’est important mais c’est compliqué et on se force un peu.

Staif : Parce que c’est vrai que ce n’est pas notre truc. Il y a des gens qui aiment beaucoup passer du temps sur les réseaux…

Candice : Si tu veux, on a trente ans et pour moi, c’est plutôt un truc de jeunes. Personnellement, je ne suis pas super fan de ces trucs-là mais c’est vrai que c’est ce qui fonctionne. C’est grâce à ça que les gens découvrent des choses.

Staif : Et puis cela permet parfois des discussions sympas avec, notamment, des fans brésiliens qui sont contents de discuter parce qu’a priori, ce n’est pas demain que l’on va se croiser. Mais c’est vrai qu’on se force un peu parce que, nous deux en tout cas, on n’est pas trop dans le délire à passer nos aprems sur internet.

Vous ne pensez pas à engager un responsable pour ces choses-là ?

Candice : Peut-être bien, mais bon…

Staif : D’un côté, oui, mais cela déshumanise la chose et c’est dommage. On essaie vraiment de le faire quand on peut, quand on a le temps. Dans le camion, par exemple, c’est propice à ça vu qu’il n’y a pas grand-chose à faire. Et puis avec les smartphones maintenant, en les craquant un peu, on capte facilement ! (rires)

Malgré cela, j’ai lu que c’était une sorte d’obligation pour vous d’écrire des titres en anglais…

Candice : Ouais… Cela a été une concession, on va dire. On ne nous a pas mis le couteau sous la gorge mais oui, cela faisait plusieurs années que l’on nous en parlait, on avait toujours été contre et là on s’est dit : « On le fait ! » On l’a fait, s’il faut le refaire parce que ça marche, on le refera mais on verra bien ! Maintenant, ce n’est pas ma tasse de thé parce que c’est vrai qu’il faut tout réécrire d’une manière moins profonde parce qu’il faut que la musicalité reste intégrale et avec la traduction du français à l’anglais ce n’est pas possible. Ça a donc été un peu compliqué mais voilà, c’est fait !

Pourtant, vu ce que l’on a évoqué juste avant, du point de vue de votre exportation…

Staif : C’est vrai, mais cela reste quand même un frein…

Candice : Surtout pour les professionnels, en fait, parce qu’il est vrai que le premier retour qu’on a des étrangers c’est qu’ils nous disent : « Mais les gars, ne changez pas, restez Français ! »

Staif : Oui c’est vrai, la plupart des fans préfère de loin la version française. Et nous, nous sommes conscients de ça, c’est notre identité. Nous avons toujours eu cet amour pour la langue française et Candice la manie superbement. Donc, on aime ça mais on est tout de même prêt à faire un effort et c’est d’ailleurs pour ça qu’il n’y a que quatre titres et pas l’album entier. Parce que c’était important qu’on soit d’accord de faire cet effort sur trois ou quatre morceaux, que l’on estime être des singles potentiels, mais il fallait vraiment qu’il reste des titres en français.

Je vais vous confier quelque chose : vous devez être le seul groupe francophone à avoir joué au Graspop…

Staif : Ah ouais, c’est vrai ?!

En fait, notre pays connaît un conflit linguistique depuis des années.

Candice : Effectivement, je me rappelle de ça. Apparemment c’était mal vu d’être francophone… Ce sont les gens du public qui nous l’ont dit.

Staif : Cela leur faisait même plaisir de voir un groupe chanter en français, pour une fois. Mais on ne pensait vraiment pas être le seul.

Avant de clôturer, savez-vous déjà si vous repasserez bientôt par chez nous ?

Staif : On l’espère bien afin de refaire les festivals qu’on a déjà fait comme Dour.

Enfin, pour terminer, vous avez un petit mot pour vos fans belges ?

Staif : Eh bien, merci à tous ! D’ailleurs on espère en croiser quelques-uns ce soir !

Candice : Merci à tous, ça nous fait vraiment plaisir de revenir !

Publicités

Une réflexion sur “[ARCHIVES] Interview avec Eths

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s