[ARCHIVES] Interview de Max Cavalera

Voici une interview, et non des moindres car il s’agissait de mon tout premier phoner, qui date de février 2011. Cet entretien avec Max Cavalera avait été réalisé à l’occasion de la sortie de « Blunt Force Trauma » du groupe Cavalera Conspiracy et avait été publié à l’époque sur Metal-Zone.

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Trois ans après « Inflikted », qui avait réuni pour la première fois depuis une décennie la fratrie brésilienne Cavalera, voici « Blunt Force Trauma ». Ce second opus qui sortira en mars est à nouveau issu du génie des deux frères, Max et Iggor accompagnés de Marc Rizzo et de Johnny Chow. En attendant, Metal Zone vous propose de découvrir cet album à travers la voix de Max Cavalera. Une interview en toute simplicité pour un album purement et simplement « in-your-face » !

Tout d’abord, pourquoi Joe de Gojira ne fait plus partie du line up de Cavalera Conspiracy ? Que s’est-il passé ?

C’est parce qu’il est occupé, il tourne avec Gojira. Disons qu’il était plutôt un guest sur notre premier album, « Inflikted ». Après sa sortie, nous avons intégré Johnny Chow pour jouer de la basse en live, il est devenu un membre du groupe à part entière. Donc on continue avec le line up actuel. Cela dit, nous sommes toujours très ami avec Joe, c’est quelqu’un de très sympa qui a fait un super boulot sur le premier album. Mais il nous fallait quelqu’un qui puisse à la fois jouer sur les albums et sur la tournée et Johnny Chow est celui qui pouvait faire cela.

Peux-tu présenter un peu mieux Johnny Chow ?

Johnny Chow est un bassiste new yorkais, on le surnomme Rasputin à cause de sa grosse barbe. Il fait partie des groupes Fireball et Ministry et c’est un très bon bassiste, très impliqué, il a un jeu très lourd en live, très intense. Puis, c’est un chouette type avec qui on s’entend bien et c’était très cool quand on enregistré ensemble. Maintenant Cavalera Conspiracy est un groupe au complet dont chaque musicien en faisant partie sera présent en live. Nous commencerons à tourner en mars pour promouvoir le nouvel album et c’est bien pour nous que ce soit les mêmes musiciens aussi bien sur CD qu’en live.

Parlons de « Blunt Force Trauma » maintenant ! Quel nom étrange ! Peux-tu m’en dire plus sur ce nom ?

En fait, c’est un terme médical, souvent utilisé dans les rapports d’autopsie, qui désigne un puissant choc à la tête souvent causé par un objet contondant. C’est souvent la cause de décès lors d’un crash en voiture. J’ai trouvé que ce nom correspondait parfaitement à l’album, par rapport à notre musique brutale qui en ressort. J’aime vraiment bien ce nom, auquel tout le monde ne s’attendent pas forcément, ça le rend un peu différent.

Et quel son sur cet album ! Comment êtes-vous arrivé à cela ?

Le son de l’album est comme tel sans doute à cause de la vitesse à laquelle on l’a enregistré. La batterie a été enregistrée en quatre jours et pour toutes les chansons on a mis une semaine tout au plus. C’est un peu un album enregistré à la manière des eigthies, comme beaucoup d’albums punk de l’époque qui ont été faits comme ça. C’est vraiment un son puissant, un son « dans ta face » si on peut dire. Mais c’est vraiment cool de l’avoir fait en si peu de temps !

Avez-vous changé votre manière de composer sur ce CD ?

Non, il a été composé de manière très similaire au précédent album. J’en ai écrit la plupart, aussi bien les riffs que les paroles. Avant d’entrer au studio j’ai tout envoyé à Iggor pour qu’il voie avec la batterie et une fois tous au studio on a transformé les chansons. C’est le genre de technique qu’on utilise et qui nous convient.

Il y a tellement de rage, de violence dans cet album qui met un sacré coup de pied aux fesses. Avez-vous travaillé spécialement sur ce point ou est-ce plutôt une énergie naturelle ?

C’est plutôt une énergie naturelle qu’on a développée ensemble, combinée à l’enregistrement rapide de l’album. Nous savions comment nous voulions les morceaux, nous avons commencé par enregistrer les chansons plus rapides comme « Torture » et «Trasher» et nous avons fini par les morceaux plus groovy comme « Killing Inside » ou «Gengis Khan». Ce mélange de brutalité et de groove donne une dimension spéciale à cet album et cette combinaison plaira certainement aux gens.

Il semble qu’il y ait une voix différente sur « Lynch Mob », qui chante avec toi ?

C’est Roger d’Agnostic Front. C’est un groupe qu’on apprécie vraiment et on a pu faire ce duo.

On entend souvent parler d’une certaine « touche Cavalera ». Comment faites-vous pour garder cette touche et en même temps la faire évoluer de manière musicale ?

Je pense que c’est notre manière naturelle de jouer à Iggor et moi. Quand nous jouons ensemble on a comme une connexion spéciale, ce que nous faisons est spécial et assez unique. Bien entendu, on ajoute des choses là-dessus avec le temps, de nouvelles idées, de nouveaux sons… Et au final le son des Cavalera est une combinaison de tous ces éléments qui le rende particulier.

Après toutes ces années dans la musique, tu as dû influencer beaucoup de musiciens. Qu’est-ce que tu ressens par rapport à cela ?

En effet, j’ai déjà parlé avec beaucoup d’amis musiciens et de l’influence que ma musique a eu sur eux, aussi bien celle de Sepultura que celle de Soulfly et de Cavalera Conspiracy, maintenant. Je suis fier et content de ces influences mais je pense que c’est comme un cercle, c’est-à-dire que je suis également inspiré par la musique des autres et ça se ressent dans la mienne. Je pense qu’on prend chacun un peu d’influence de tout le monde et que chacun donne en retour. C’est une bonne chose en tant que musicien de pouvoir partager sa musique avec les autres.

Peux-tu expliquer les sujets des paroles en général sur « Blunt Force Trauma » ?

C’est une combinaison, d’une part je parle de figures historiques comme Gengis Khan et Rasputin qui sont une inspiration car j’adore ce genre de personnalités.

Tu t’intéresses à l’Histoire ?

Oui, depuis que je suis petit je m’intéresse à l’Histoire et je regarde beaucoup de documentaires. Je suis fasciné par Gengis Khan qui a été un seigneur de guerre, un grand guerrier, peut-être le plus grand guerrier de l’Histoire. Puis il y a Rasputin, ce moine russe, personnage très controversé qui est devenu proche de la famille du tsar en soignant son plus jeune fils. Il a fini trahi et assassiné par une relation du tsar. J’éprouve une certaine fascination pour ce genre de personnages. D’un autre côté, au niveau des paroles, j’aborde la tragédie de Waco au Texas et je parle de David Koresh dans « Burn Waco ». Dans « I speak Hate » je parle du boxeur Rubin Carter, surnommé « Hurricane », qui a fait 20 ans de prison pour des crimes qu’il n’a pas commis. Donc, je trouve l’inspiration pour mes paroles à différents endroits, je m’inspire d’une part dans l’Histoire et d’autre part dans ce qui se passe dans le monde plus ou moins actuellement… Tout ce que je peux trouver qui peut coller à notre musique.

Pourquoi traites-tu ces sujets ? Tu sembles si fâché contre le monde ?

La musique de l’album est très brutale alors j’ai cherché des sujets qui correspondaient à cette musique, c’est ce qui donne cette impression de colère. Mais il n’y a pas que cela, il y a donc aussi cette partie historique, ce n’est pas que de la colère.

Il y a deux reprises à la fin de l’album, une de Black Sabbath et une de Black Flag. C’est volontaire si les deux groupes commencent par « Black » ? Plus sérieusement, pourquoi ces groupes et ces chansons ?

(rires) Nous sommes fans de ces deux groupes qui sont de très grands groupes. Black Sabbath, le plus célèbre groupe de heavy metal de tous les temps et Black Flag, qui est un des groupes de hardcore des plus géniaux. C’était une idée d’Iggor de reprendre « Six Pack » de Black Flag et quand on l’a écoutée on s’est dit qu’on pourrait faire quelque chose de vraiment cool avec cette chanson, lui donner une nouvelle dimension avec nos guitares et ma façon de chanter. Au final nous avons enregistré deux covers et c’est une pure coïncidence si les deux groupes commencent par « Black ». C’est avant tout un hommage à ces deux grands groupes.

« Blunt Force Trauma » sort en mars. Quelles sont vos attentes par rapport à ce disque? Actuellement, te sens-tu nerveux ? Ressens-tu certaines pressions ?

En fait je suis assez excité à l’idée de sa sortie parce que je suis très content de cet album. Les gens qui ont aimé « Inflikted » l’aimeront aussi parce qu’il est aussi bien, voire même meilleur. Il est mieux produit, mieux enregistré, mieux organisé. Donc je ne suis pas vraiment anxieux mais plutôt nerveux dans le bon sens du terme. Je n’en peux plus d’attendre que l’album sorte et qu’on puisse enfin le jouer en live. Ça, ce sera la meilleure partie et j’ai vraiment hâte !

Tu penses que Cavalera Conspiracy est plus un groupe live ?

Oui, je pense qu’on l’est devenu ou qu’on est sur le point de le devenir car on sera très occupés à tourner d’ici les prochains mois, au moins jusqu’au mois d’août. Au départ, c’était plus un projet à part et maintenant nous sommes sûrs d’être un vrai groupe et j’adore ça. J’aime partager la scène et jouer avec Iggor et ce sera génial de faire ce « Blunt Force Trauma – World Tour » ensemble.

Peut-on s’attendre à voir une vidéo ou autre chose d’ici les prochaines semaines ou les prochains mois pour promouvoir votre « Blunt Force Trauma » ?

Oui, il y a quelques semaines nous avons tourné une vidéo à Barcelone pour notre premier single « Killing Inside », qui est plutôt une chanson groovy, plus lente et c’est pour ça que nous l’avons choisie, elle est différente. Donc, nous sommes tous allés à Barcelone pour tourner cette vidéo, en live d’une part et nous avons aussi fait quelques prises dans les rues de la ville, à différents endroits plutôt gothiques. Je pense que ce sera une vidéo cool !

Vous avez publié quelques épisodes vidéo de votre session d’enregistrement. Pourquoi? Penses-tu que c’est important ce genre de démarches pour les groupes actuellement ?

Oui, c’est un bon moyen d’être en relation avec les fans qui peuvent se faire une idée sur le déroulement de l’enregistrement, voir comment ça se passe, à quoi ça ressemble. Je trouve que c’est un chouette moyen de rester proche de nos fans en leur offrant l’opportunité de découvrir comment on bâtit un album. J’espère qu’on reproduira ça dans le futur parce que c’était une bonne expérience.

C’en est terminé avec les questions. As-tu quelque chose à ajouter pour les fans belges?

Merci ! Je tiens à remercier tout le monde. J’ai hâte de vous revoir au Graspop et sur le reste de la tournée. Merci de votre soutien !

N’y aurait-il comme une histoire d’amour entre le Graspop et toi ?

Eh oui, j’y retourne encore ! C’est vraiment génial de participer si souvent à ce festival et je suis vraiment content d’y retourner, cette fois avec Cavalera Conspiracy. Ce sera un bon concert, j’ai vraiment hâte !

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