[ARCHIVES] Interview avec ADX

adxnonserviam

Retour en 2016, à une période où j’ai un peu écrit pour le webzine Metal Highway qui n’existe plus depuis. D’où le fait que je publie ce contenu ici !

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adx

Véritable emblème du Heavy Metal français fondé en 1982, ADX s’apprête à sortir son douzième album studio intitulé « Non Serviam ». Un concentré de riffs à l’ancienne qui, à n’en pas douter, raviront tant les fans avertis que les nouveaux. Nous nous entretenons aujourd’hui avec Phil, chanteur du groupe, qui nous présente ce nouvel opus à paraître le 10 juin !

Pour commencer, comment vous sentez-vous à l’approche de la sortie de votre nouvel album, « Non Serviam » ? Comment décririez-vous cet album d’un point de vue personnel ?

Alors, comme pour toute sortie d’album, on est un peu fébriles, dans le sens où on attend les premiers retours du public. Mais pour l’instant on a confiance, le produit tient la route et il nous plaît, donc c’est déjà de bons critères. On attend cette sortie avec impatience ! Sinon, musicalement, c’est du Heavy. Après, c’est un album qui est plus dans la lignée d’ « Ultimatum », notre précédent. Puis, au niveau de tout ce qui est compos, on a bossé comme d’habitude, au niveau du chant et des textes, c’est toujours un peu fantastique et historique, donc il n’y a pas de grands changements sur ce point. Ce qui a changé, c’est qu’on a plus travaillé le son et pour tout ce qui est production, on a essayé de faire un maximum de boulot pour que le résultat soit nickel.

D’accord, mais est-ce que vous pouvez expliquer plus en détails sa création, comment vous avez travaillé, avec qui etc. ?

Alors, comment on a travaillé sur cet album ? Eh bien, un peu comme d’habitude, c’est-à-dire qu’au niveau de la compo on fait beaucoup de pré-prods pour, justement, garder ce qui est bon, enlever ce qui est mauvais et travailler tout ça ensemble. Après, en gros c’est comme ça qu’on opère depuis pas mal d’albums et ça fonctionne bien. Ensuite, on a continué à bien travailler sur l’album en studio, c’est-à-dire avec Francis Caste qui nous a apporté des idées qu’on n’aurait peut-être pas eues au moment de la composition, il y a eu un très bon travail d’échange d’idées avec lui et ça a porté ses fruits parce que, encore une fois, le résultat nous convient parfaitement. Donc, au niveau de la fabrication, entre guillemets, de l’album de A à Z, je dirais que ça s’est passé comme pour tous les albums, sauf que là, on a plus insisté sur certains points.

Sinon, la pochette de « Non Serviam » est sympa, très moderne, son style me fait un peu penser aux pochettes de Powerwolf. Avec qui avez-vous travaillé pour la réaliser et est-ce qu’il s’agit de la même personne que pour celle d’ « Ultimatum » ?

Oui, c’est la même personne que pour « Ultimatum », c’est  Stan W. Decker, qui travaille maintenant avec beaucoup de groupes étrangers, de grosses têtes d’affiches. Donc, c’est la deuxième fois qu’on bosse avec lui et c’est un peu le même système qu’en studio, c’est-à-dire qu’on lui communique des idées, lui amène ses idées aussi, on met tout en commun et ça devient une sorte de travail d’équipe et voilà, le résultat est là. Et pareil, on est vraiment contents du résultat !

Par ailleurs, bien que vos textes soient en français, ils sont quand même très métaphoriques, pouvez-vous parler des thèmes que vous explorez sur cet album ? Tout à l’heure, vous m’aviez parlé de thèmes fantastiques, historiques, est-ce qu’on peut avoir un peu plus de détails ?

Disons que oui, au niveau des textes il y a pas mal de références historiques, bon, on ne réécrit pas l’Histoire, ce sont des anecdotes historiques. Par exemple, pour « Théâtre de Sang », on raconte un peu ce qu’était le Colisée au temps des Gladiateurs. Après, pour le côté fantastique, il y a par exemple « La Complainte du Démeter », c’est l’histoire du bateau qui a ramené Dracula en Angleterre. Bon voilà, comme je te l’ai dit, ce sont toujours des anecdotes historiques et des sujets qui ont attrait au fantastique, on est toujours restés dans le même domaine.

Il y a peut-être un petit côté religieux aussi, en rapport avec la pochette…

Oui, il y a un petit côté religieux mais neutre, je dirais. Malgré que ça parle de religion, ça reste assez neutre… En gros, « Non Serviam » c’est l’histoire d’un prêtre qui refuse de continuer à servir Dieu, mais voilà, il n’y a pas de connotation ou de revendication quelconque, c’est juste l’histoire d’un gars.

D’un autre côté, vous avez justement pris ce parti de chanter en français, n’avez-vous jamais eu l’impression que cela a pu vous fermer certaines portes ou au contraire, vous considérez cette particularité comme une force ?

Pour tout te dire, il y a eu une période où on a eu l’impression que ça nous fermait des portes et on avait pas mal de pression de certaines maisons de disques pour absolument chanter en anglais. Mais les années passant, on s’est rendu compte que non seulement la langue française n’était pas une barrière pour se déplacer, déjà, puis que beaucoup de pays appréciaient le chant en français. Que ce soit en Amérique du Sud, en Allemagne, en Italie, en Espagne, au Canada… Bon, au Canada, on a joué dans la partie francophone, mais les anglophones qui étaient là ont apprécié. Donc, je ne pense pas que la langue française soit un handicap. Je crois que le handicap viendrait d’un certains nombres de journalistes français qui refusaient systématiquement de chroniquer les groupes qui chantaient en français. Soit disant que ce n’était pas rock’n’roll de chanter en français… Et nous, dans tous les pays étrangers, mêmes anglophones, les Anglais, Américains, Australiens ou Ecossais qui sont venus nous voir en festival ont toujours apprécié les morceaux. Je pense que les textes collent bien à la musique et on n’a jamais eu de mauvaises retombées à cause de ça. Donc, c’est bien !

D’accord. En fait, vous venez un peu de répondre à ma prochaine question, mais  il y a quand même eu « Weird Visions » en 1990, peut-on imaginer un jour que vous puissiez ressortir un titre, voire tout un album en anglais ?

Alors, la petite histoire sur « Weird Visions » qui est sorti en anglais à l’époque, normalement la maison de disques devait nous faire enregistrer les deux versions, donc une en français, l’autre en anglais. Tout était prêt, mais au dernier moment, comme dans beaucoup de maisons de disques, ils nous ont dit qu’il n’y avait pas assez d’argent, qu’on ne pouvait plus rester au studio etc. Du coup, ils nous ont dit de ne pas s’inquiéter, qu’on allait le sortir en anglais et que tout irait bien. Et bon, l’album a marché moyennement, pas comme les albums en français et cela, pour tous les pays confondus.

Ah d’accord, comme quoi c’est vraiment devenu votre marque de fabrique, au final.

Ah oui, aussi, oui. Mais, bon, la seule mauvaise publicité du fait du français, c’est fait en français, ça, c’est assez déroutant ! (rires)

Par contre, il semblerait que vous n’ayez jamais sorti de clip vidéo à proprement parler, privilégiant les vidéos tournées en live, y a-t-il une raison particulière à ça ?

Alors, les clips vidéos ! Disons, qu’on a toujours été partant pour en faire un, mais le problème c’est que tout ce qui est visuel coûte très cher et nous on ne veut pas, non pas par fierté, mais plutôt par respect du public, sortir un clip entre guillemets à deux balles, qui ne rime à rien avec des effets pourris. On aimerait beaucoup en faire un et je pense que dans l’avenir ça se fera, mais vraiment un truc qui tienne la route, que les gens prennent plaisir à le regarder. Si c’est pour voir cinq gugusses se dandiner sur une scène en faisant du playback, c’est pas la peine. Nous, on n’a pas envie de ça. Si on fait un clip, c’est prévu, peut-être pas dans l’immédiat mais c’est toujours à l’ordre du jour, on veut faire quelque chose de vraiment bien, que même à la limite les gens qui n’écoutent pas de Metal prennent aussi plaisir à le voir.

D’un tout autre côté, le groupe existe depuis 1982, vous êtes donc tout à fait qualifié pour commenter l’évolution de la scène Metal. Quel est votre avis sur cette question, est-ce qu’il y a des choses qui étaient mieux avant, d’autres qui sont mieux maintenant ?

Nous, on ne vit pas dans la nostalgie, mais c’est vrai qu’à une certaine époque il y avait plus, non pas plus de moyens, mais il y avait plus de gens qui s’impliquaient, donc le résultat c’est qu’il y avait beaucoup plus de concerts, plus de salles intéressantes… Voilà, c’était un ensemble, il y avait plus d’outils mis en place par les gens qui s’occupaient de ça. À l’heure actuelle, en France comme, je pense, dans beaucoup d’autres pays, pour le gars qui veut organiser un concert c’est le parcours du combattant : ça coûte cher, il faut être sûr de son coup, il faut investir dans beaucoup de pub… Alors qu’il y a, je dirais, encore vingt-cinq ans le bouche à oreille fonctionnait énormément et les salles étaient toujours pleines. Alors que maintenant, s’il n’y a pas un battage publicitaire derrière six mois avant, même pour les gros groupes, s’il n’y a pas de pub, il ne se passe rien. En plus, en France en ce moment, tu connais l’information autant que moi, il y a des endroits où les gens refusent catégoriquement d’organiser quoi que ce soit, de peur que… Donc, c’est vrai que la conjoncture actuelle est un peu faussée, mais voilà, c’est comme ça.

Aussi, avez-vous d’éventuels regrets ou choses que vous referiez différemment au cours de votre carrière ?

Des regrets, non. Des fois, des décisions qui n’ont pas été prises aux bons moments ou des choses comme ça, mais pas de regret, parce qu’on a toujours un public, on génère un nouveau public et ça, c’est la première fierté d’un groupe et ça, on ne peut pas le remplacer. Des gens qui viennent aux concerts, il y en a toujours, ils sont de plus en plus nombreux, d’ailleurs, par rapport à certaines périodes. Donc, c’est que du bonheur et on espère continuer le plus longtemps possible !

Et est-ce que vous avez un meilleur souvenir en particulier de cette longue carrière ?

Hou ! Il y en a vraiment beaucoup ! Des souvenirs d’enregistrements, des souvenirs de concerts, comme le Zénith à Paris, les festivals, des choses comme ça où il y avait tout pour que ce soit que du bonheur, du monde à perte de vue, des conditions de scène super, quand c’était en plein air c’était d’autant plus super… Il y a vraiment plein de choses qui nous ont boostés, ne serait-ce que pour continuer, heureusement qu’il y a de très bons souvenirs !

Sinon, vous tournez cet été ?

Alors, là vu que l’album sort au mois de juin, on a des festivals en prévision, mais plutôt à partir de septembre. Et avec les retombées de l’album, il y a d’autres choses qui vont se signer par la suite. Donc là, il y a déjà trois ou quatre festivals qui sont confirmés et ce sera à partir du mois de septembre.

D’accord. Est-ce que vous savez si vous allez passer par la Belgique ou pas ?

Normalement oui. Alors, où, je ne peux pas le dire. Belgique, Allemagne, ça, c’est sûr, l’Espagne et l’Italie surement, la Grèce, en fonction de l’album, peut-être, on y est passé l’année dernière et le Canada, sûrement aussi.

Eh bien c’est super, ça s’annonce bien !

Oui, ça fait plaisir !

Je suis déjà arrivée à la fin de mes questions, est-ce que vous voulez ajouter quelques mots pour vos fans pour terminer cette interview ?

Eh bien, je dis déjà un grand merci à tous les fans et je souhaite pouvoir les rencontrer ou les revoir, pour les plus anciens, lors des concerts et qu’on fasse la fête ensemble !

D’accord ! Eh bien, merci beaucoup pour cette interview et je vous souhaite le meilleur pour la sortie de l’album et tout ce qui s’ensuivra !

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