[ARCHIVES] Interview avec Kissin’ Dynamite

kissindynamitegenerationgoodbye

Interview pour Metal Highway, réalisée en août 2016.

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Malgré une moyenne d’âge de 25 ans, le groupe de Glam allemand Kissin’ Dynamite propose déjà son cinquième et excellent opus, « Generation Goodbye ». Nous avons eu l’opportunité d’en discuter avec son batteur, Andi Schnitzer.

Bonjour, comment ça va aujourd’hui ?

Eh bien, ça va super, j’ai une vodka citron en face de moi, donc tout va bien !

Santé, alors ! Sinon, il ne reste qu’une semaine avant la sortie de votre nouvel album, comment te sens-tu par rapport à ça ?

Je me sens très bien, mais je ne peux plus attendre cette sortie, je suis très impatient ! On est en pleine promo actuellement, ici on est à Paris, puis on repart deux jours en Allemagne et la semaine prochaine on fait à nouveau de la promotion. Ensuite, nous jouerons lors de trois festivals et bien sûr, nous ferons une release party, donc c’est vraiment génial !

Sinon, avec la vidéo « Hashtag Your Life » et la pochette de l’album, l’on devine que vous critiquez gentiment la population actuelle sur-connectée ?

Oui, on critique surtout les réseaux sociaux avec un clin d’œil humoristique, mais il y a quand même un message sérieux derrière tout ça, c’est-à-dire que bien souvent, quand tu te retrouves assis dans un café ou dans le métro, tu verras la majorité des gens collés à leur smartphone. Les gens ne se parlent pas. Même lors de concerts, c’est pareil. Par exemple, je suis allé voir Iron Maiden avec Jim, notre guitariste et il y avait des gens aux premiers rangs qui n’arrêtaient pas de faire des vidéos… Le lendemain, j’ai regardé, il y avait plus de 900 vidéos uploadées sur YouTube… Ce n’est tellement pas nécessaire. Ce que je veux dire, c’est que oui, les réseaux sociaux, c’est sympa, mais ne vous laissez pas avaler par ça. Profitez plutôt de chaque instant qui se présente et ne perdez pas votre temps à photographier votre nourriture etc., ça n’a aucun sens. Profitez de la vie et ne vous prenez pas la tête avec ça, à force cela vous stresse. C’est un peu le nœud du problème, selon nous et c’est le message principal que veut véhiculer cette vidéo.

C’est assez marrant, en fait, parce que vous êtes un jeune groupe et vous êtes tous très jeunes, vous êtes donc issus de cette génération…

Oui bien sûr, on est de cette génération et en tant que musiciens, on utilise aussi les réseaux sociaux. On ne dit pas que c’est foncièrement mauvais, parce qu’on a grandi avec ça, ça fait effectivement partie de cette époque. Mais en tant qu’artistes, on observe le monde autour de nous et on se pose des questions, est-ce que c’est bien ? Est-ce que ce n’est pas bien ? Et on constate que beaucoup de gens utilisent ça de façon excessive. Et trop, ce n’est jamais bien… Si tu prends trop de drogue, ça ne se passera pas bien, si tu es trop amoureux d’une fille et qu’elle te quitte, tu vas être mal pendant des années… C’est pareil pour tout, si tu es trop accro à quelque chose, tu finis par en souffrir à un moment ou un autre. Et c’est aussi le cas pour les réseaux sociaux…

Autrement, peux-tu me parler un peu des autres thèmes que vous abordez sur cet album ?

Oui, il y a notamment deux chansons d’amour sur cet album, dont « If Clocks Were Running Backwards », qui est une histoire assez classique où un couple se sépare et comme c’est souvent le cas, ils souhaiteraient remonter le temps pour être à nouveau ensemble et que la vie soit à nouveau belle, mais malheureusement cela ne peut pas se produire. Avec le titre « Generation Goodbye », on évoque la situation globale du monde actuellement, les guerres « saintes » qui éclatent et quand tu y penses, ce n’est tellement pas nécessaire… Les gens pensent qu’il y a plusieurs dieux et c’est tellement ridicule. Si les gens prenaient seulement conscience que la vie est courte et qu’il faut en profiter tant qu’on existe, je pense que les choses iraient beaucoup mieux, le monde ne serait pas aussi merdique. C’est un peu le message derrière « Generation Goodbye » dans son ensemble, en fait. Et il y a aussi une chanson dont je suis assez fier, c’est la dernière de l’album, « Utopia ». C’est une histoire fictionnelle à propos d’un toréro qui, au départ, pense que c’est quelque chose de bien de mettre à mort des taureaux, que c’est ce que les gens attendent de lui et en vieillissant, il se rend compte que c’est mal et entre en conflit avec lui-même. Malgré que les gens l’acclament, il se sent intérieurement désespéré. Et lorsque l’on arrive au troisième couplet, ce torero est tué par le taureau. C’est une histoire paradoxale et dramatique qui parle de la recherche de la paix intérieure.

C’est très intéressant, la chanson m’a beaucoup plu, mais je ne m’étais pas rendue compte du sujet qu’elle abordait, du message qu’elle transmettait…

Oui, je pense que pour le comprendre, il faut vraiment prendre le temps de l’écouter tout en lisant les paroles, parce que c’est vrai qu’avec un titre comme « Utopia », on n’imagine pas qu’il s’agisse de l’histoire d’un torero.

Autrement, quand on lit des articles à propos de Kissin’ Dynamite, on se rend compte que vous vivez une véritable success story, comment expliques-tu un tel succès ?

Eh bien, quand on a commencé le groupe il y a quelques années, on ne s’attendait pas vraiment à ce que ce projet dure aussi longtemps et qu’on en serait là où on en est aujourd’hui. Et on est vraiment heureux, d’autant plus que ce succès est grandissant, il y a de plus en plus de gens à nos concerts et c’est vraiment cool ! Je pense aussi que l’une des clés de notre succès, c’est que l’on n’a jamais changé de line-up. Il y a beaucoup de groupes, tu as l’impression qu’ils changent de musiciens comme ils changent de slips. Je pense que c’est un fait notable dans notre cas et je pense aussi que le plus important n’est pas de recruter les meilleurs musiciens, mais de trouver des personnes avec qui tu t’entends bien. Nous, on se connait depuis l’école, on a appris à se connaître à jouer ensemble, même si l’on a cinq personnalités différentes, nous sommes de vrais amis et c’est ce qui fait notre force. Aussi, on essaie toujours de s’améliorer, tant techniquement que scéniquement, on essaie aussi de faire évoluer notre style et le rendre unique. Parce que sur « Megalomania », on a un peu trop abusé de la touche moderne et même si elle est toujours présente sur « Generation Goodbye », c’est fait de façon plus subtile et cohérente avec l’ensemble des chansons. On aime ce côté moderne, parce qu’il correspond à notre époque, on n’a pas envie de faire de la musique comme Motley Crüe et Iron Maiden qui ont trouvé leur style dans les années 80. En gros, ce sont des groupes qui nous influencent beaucoup, mais on ne veut pas en être des copies.

Et qu’est-ce que cela vous fait quand vous réalisez que vous jouez ensemble depuis pratiquement dix ans maintenant ?

Ahah, je me rappelle des beaux cheveux que j’avais sur la tête ! Bon, j’en ai encore, ça va… Mais bon, c’est vrai qu’on se rend compte que cela fait un petit temps maintenant qu’on existe et c’est vraiment cool. On n’est pas très vieux, en fait, même si j’ai un cheveu gris, je n’ai toujours que 25 ans, comme les autres musiciens et malgré tout, on sort déjà notre cinquième album. Mais jouer ensemble depuis longtemps, cela permet vraiment d’évoluer, d’apprendre à se connaître, à voir comment le business fonctionne et on peut se permettre de se considérer comme des professionnels, malgré notre jeune âge. Je pense qu’on a vraiment eu de la chance de percer et on veut vraiment continuer à avancer avec ce groupe. On est vraiment heureux en ce moment, définitivement !

Et comment tu imagines le groupe dans dix ans de plus ?

Dans dix ans ? On sera tête d’affiche au Rock in Rio, au Wacken et sur tous les autres festivals, en fait ! Bon, ce serait génial, mais sérieusement, je ne sais pas trop, on ne peut jamais rien prévoir. Honnêtement, je souhaite vraiment que l’on puisse continuer sur cette lancée, grandir petit à petit, ne pas être porté au sommet en un rien de temps, par exemple. Ce ne serait pas très sain, je pense. Je pense que c’est mieux de gagner du succès au fur et à mesure du temps, plutôt que cela vienne trop vite, ça peut être mauvais signe. Comme je l’ai dit tout à l’heure, trop ce n’est jamais bon, ça peut être dangereux. Mais on verra à ce moment-là, pour le moment on est très heureux de faire ce qu’on fait et l’on va continuer comme ça et je l’espère pour toute notre vie.

Quels seraient les groupes avec lesquels vous rêveriez de jouer dans le futur ?

Il y en aurait beaucoup… Mais j’ai l’impression que tous les vieux groupes sont en train de mourir, tu ne trouves pas ? Lemmy est mort, AC/DC fait des trucs bizarres en ce moment et Twisted Sister, Manowar, Whitesnake…  J’ai l’impression qu’ils sont tous en train de prendre leur retraite. J’aimerais vraiment faire quelques concerts avec eux avant qu’ils s’arrêtent définitivement. Néanmoins, on l’a déjà fait, je dois dire… Il y a deux ans, on a joué au Hellfest et j’étais vraiment content de voir qu’on jouait avec Def Leppard, Whitesnake, Twisted Sister et on les a rencontrés. J’ai hâte d’avoir des enfants et des petits enfants pour leur raconter tout ça !

Est-ce que tu as déjà un meilleur souvenir en live ou une anecdote ?

Sur scène ? Attends, laisse-moi réfléchir… Une fois, Hannes est tombé sur ma batterie ! On jouait sur une très petite scène et il a perdu l’équilibre. Aussi, à chaque fois qu’on termine une tournée, notre crew nous fait des blagues lors du dernier show… Il y a aussi une fois où je devais vraiment aller aux toilettes, mais le concert avait déjà commencé, donc je n’avais aucune chance de pouvoir y aller avant la fin. Du coup, je n’ai pensé qu’à ça pendant tout le concert, j’ai quand même bien joué, mais j’étais vraiment heureux de pouvoir y aller après !

J’imagine ! D’ailleurs, puisqu’on parle de concerts, vous repartez en tournée en octobre, comment vous vous préparez avant de tourner, en général ?

Bien sûr, on répète. Cela dit, on ne répète que lorsqu’on part pour une tournée où il y a de nouvelles chansons, ce qui fait qu’on ne répète vraiment que tous les deux ans, pour être honnête. On fait tellement de concerts parfois, on considère ça comme des répètes. C’est seulement quand il y a de nouveaux morceaux que l’on doit vraiment les travailler. Aussi, on discute des éléments scéniques que l’on va utiliser, de la setlist que l’on va proposer… Après, pour cette tournée, je peux déjà dire que l’on a préparé un super show de deux heures, ce qui sera beaucoup plus long que ce que l’on a fait par le passé. On a eu du mal à choisir les chansons que l’on allait faire, alors on a juste décidé d’en jouer plus. Et l’on en jouera beaucoup du nouvel album !

D’ailleurs, je vois qu’il n’y a pas encore de date prévue en Belgique…

Oui, c’est vrai, malheureusement, mais je pense que notre booker va se débrouiller pour qu’il puisse au moins y avoir une date. Cela dit, il y aura une seconde tournée au printemps de l’année prochaine et je suppose qu’à ce moment-là on jouera aussi en Belgique. En tout cas, je l’espère, ce serait cool. Je vais voir avec notre booker après cette conversation, s’il nous a trouvé un show en Belgique, si pas, on le vire (rires) !

C’est toujours compliqué de jouer en Belgique en dehors des festivals, j’ai l’impression, c’est un peu bizarre…

Oui, on dirait, mais on a joué en Belgique, il y a un an ou deux. Après, j’espère que les fans viendront nous voir quand même, dans le Nord de la France ou près de la frontière allemande ! Mais j’espère quand même qu’on pourra passer vous voir !

D’ailleurs, as-tu quelques mots pour les fans belges pour terminer cette interview ?

Oui, bien sûr ! Si vous aimez notre musique, n’hésitez pas à écouter notre nouvel album, « Generation Goodbye », je ne peux que vous le recommander et j’espère vraiment que vous l’aimerez ! J’espère aussi que l’on pourra finalement venir jouer chez vous, mais si pas, j’espère vous rencontrer quelque part sur la route lors de notre tournée. Comme je l’ai dit avant, on vous a préparé un show de deux heures qui promet d’être excellent et je vous promets que vous vous éclaterez avec nous !

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