[ARCHIVES] Interview avec Sabaton

sabatonthelaststand

Interview pour Metal Highway datant d’août 2016.

*

Le 19 août prochain, sortira le huitième effort du char d’assaut suédois qu’est Sabaton. Histoire de nous mettre l’eau à la bouche, Joakim Brodén, chanteur du groupe, nous parle de « The Last Stand » un peu plus en détails, mais pas seulement…

Tout d’abord, votre prochain album sortira en août, mais nous avons déjà pu en découvrir un extrait avec la chanson « The Lost Battalion ». Il n’y a aucun doute, Sabaton a son propre son, sa signature. Comment parvenez-vous à renouveler votre musique tout en gardant cette touche si personnelle ?

Ah excellent, je n’ai aucune idée de comment on fait ça (rires) ! Non, mais il y a quand même quelque chose de très nouveau sur cette chanson concernant les sections rythmiques et nous n’avons pas encore communiqué à ce sujet, donc je ne sais pas si les gens y ont prêté attention. Mais, en gros, il n’y a pas de batterie sur ce morceau, mais ce qu’on pourrait appeler une machine de guerre, en fait. Ce que vous pouvez entendre à la place de la grosse caisse, c’est une mitrailleuse de calibre 50 ; pour la caisse claire, c’est un pistolet 9 millimètres et le son utilisé pour le charleston est celui d’une baïonnette. Donc, sur cette chanson, l’on peut dire qu’on a utilisé une section de batterie très différente, mais bien sûr, on a utilisé une batterie classique sur le reste de l’album. Aussi, toujours concernant cette chanson, il y a quelque chose d’étrange, à la fois doux et amer, si tu vois ce que je veux dire, des émotions différentes qui se mélangent, malgré les ondes positives qu’elle transmet. Enfin, d’une manière générale, je pense qu’une partie des arrangements et des instrumentations effectués cette fois-ci sont assez nouveaux pour nous. Mais bien sûr, les mélodies et les chœurs sont très typés « Sabaton ».

Exactement. Par ailleurs, est-ce que vous imaginez qu’un jour, dans quelques années par exemple, vous pourriez sortir un album complètement différent de ce que vous faites aujourd’hui ?

Oui et non, je dois dire… Tu sais, je ne sais pas ce que le futur peut nous réserver. Je pense que pour chaque compositeur, que ce soit n’importe quel musicien dans n’importe quel groupe, pas uniquement dans Sabaton, la chose la plus difficile c’est que certaines personnes veulent que le groupe reste dans le même univers, tandis que d’autres personnes veulent que les musiciens poussent les limites de ce qu’ils peuvent faire. Cela vaut pour les musiciens du groupe, les compositeurs, les paroliers, mais aussi pour les fans. Et l’on ne veut pas s’éloigner et faire quelque chose de super différent sur deux albums, par exemple, et après réaliser que l’on a pris la mauvaise direction. Cependant, nous avons quand même l’envie d’évoluer et sur chaque album, il y a toujours une ou deux chansons sur lesquelles quelque chose de nouveau se produit et s’il s’avère que cela plaît au public, on travaille alors à intégrer ces éléments plus régulièrement dans notre musique. Et si personne n’aime ça à part nous… C’est qu’il ne vaut mieux pas qu’on le refasse (rires) !

Et quelles sont tes impressions personnelles par rapport à cet album ? Est-ce qu’il y a une chanson que tu préfères en particulier ?

En fait, je ne sais jamais vraiment comment juger un de nos albums, à part peut-être après six mois ou un an et encore… Parce que, quelque part, on vit avec eux pendant plusieurs mois. Honnêtement, je ne sais pas ! Mais, il y a quelque chose dont je suis sûr, c’est que cet album est le plus varié que l’on a fait jusqu’à présent. C’est comme un tour de montagnes russes, musicalement d’une part, mais aussi parce que l’on traverse 2500 ans d’histoire militaire sur cet album. La première bataille se passe en Grèce, plus de 400 ans avant Jésus Christ et la dernière bataille que l’on présente se passe en 1988 pendant la guerre d’Afghanistan. Aussi, d’un point de vue géographique, on va en Afrique, en Asie, en Europe… Et la chose qui unit tout ça, c’est qu’il y a eu un dernier combat à chaque fois, d’où le titre de l’album, « The Last Stand ».

D’accord, c’est très intéressant. Est-ce que tu es particulièrement nerveux avant la sortie d’un nouvel album ?

Oui, très !  En fait, quand je commence à écrire un nouvel album, je suis très nerveux et à la fin, avant que l’on entre en studio, je suis très nerveux (rires). Puis, quand on commence les mixes, jusqu’à la sortie, je suis toujours aussi nerveux. En fait, si quelqu’un n’aime pas Sabaton pour l’une ou l’autre raison, je m’en fous. Mais, si un fan de Sabaton est déçu, cela me rendrait très triste… Tu sais, on écrit de la musique pour nous-mêmes, pour notre propre bien et pour nos fans. Si quelqu’un qui n’apprécie pas spécialement Sabaton aime ce qu’on fait, tant mieux et si cette personne n’apprécie pas, tant pis, je n’ai pas l’ambition de vouloir convertir tout le monde. Ce que je veux dire aussi, parallèlement à ça, c’est que toutes les chansons qu’on écrit, tous les albums qu’on fait, ne sont pas les meilleurs de tous les temps pour tout le monde, mais pour moi, la chose la plus importante c’est qu’au moins les fans apprécient et qu’ils sentent qu’ils peuvent compter sur nous pour sortir un album qui leur plaît. Aussi, quand tu achètes un album de Sabaton, même si tu ne sais pas si tu vas l’aimer, si tu viens à un concert, tu sais que tu vas passer un bon moment et pour ça, nos fans peuvent nous faire confiance, je pense. De ce côté, on est assez chanceux d’ailleurs, car l’on sait qu’en général un concert de Sabaton est associé à de bons moments.

Il y a aussi quelque chose que j’aimerai savoir. Sabaton a choisi d’explorer les guerres, les batailles à travers ses textes et j’imagine qu’il y a une part de recherches avant d’entamer le processus d’écriture…

Oh oui !

Est-ce que tu peux me dire les sources que tu utilises, est-ce que cela vient de livres, de documentaires, de films ou de témoignages ?

Eh bien, tu as un peu tout dit, là, il y a effectivement beaucoup de sources différentes. Chaque chanson est différente et est généralement le résultat d’une combinaison. En général, je dirais que normalement quand on fait un album, même avant de commencer à écrire la musique, on se tient toujours au courant, on regarde des documentaires, on reçoit même des e-mails de nos fans, car beaucoup de nos chansons sont inspirées par le fait qu’un fan nous ait envoyé un lien vers un documentaire ou qu’il nous raconte une anecdote et qu’on se dit qu’il s’agit d’une bonne histoire et l’on entreprend d’autres recherches pour approfondir le sujet. Ensuite, on gratte la surface, c’est-à-dire qu’à la base on sait de quoi il s’agit, car on a une bonne connaissance générale de l’histoire militaire, mais on veut toujours en savoir davantage. Ensuite, quand il est vraiment temps d’écrire les paroles, on entame des recherches plus intensives, cela peut être des livres, ça peut venir d’internet, de films, de documentaires, peu importe ce qui va apporter la dimension émotionnelle à nos textes. Et si on le fait directement quand on écrit les textes, c’est pour garder l’essence de le découverte, quand on se dit : « Wow, c’est fantastique ! » et qu’on se sent passionné par ça, le sujet, la personne ou encore le cadre dont il est question. Et pour nous, c’est le meilleur moment pour écrire, quand on ressent cette passion, car plus la passion est grande, meilleures sont les histoires.

Et d’un autre côté, en dehors de la guerre, quelles sont les choses qui t’inspirent dans la vie, en général ?

Eh bien, ce qui m’inspire…  Je ne sais pas (rires) ! Après, dans la vie en général et d’un point de vue tout à fait personnel, ce qui m’inspire, c’est de voir Dee Snider à 60 ans, toujours avec un « six pack », étant toujours un excellent chanteur et le meilleur frontman… Idem pour Bruce Dickinson, peut-être le « six pack » en moins, mais qui est toujours un chanteur fantastique. Ce sont les gens comme ça, qui prouvent qu’après un certain âge tu peux toujours être excellent, voire même meilleur, qui m’inspirent beaucoup.

Par ailleurs, j’ai parfois lu ou entendu que certaines personnes n’aimaient pas Sabaton parce que vous associez la guerre avec des chansons festives, que voudrais-tu répondre à ces gens ?

Eh bien, concernant les thèmes des chansons, on voit plutôt ça comme une célébration, un hommage à la mémoire des personnes disparues engagées dans ces conflits. Les gens sont libres d’avoir leur propre opinion, je suis assez cool par rapport à ça, si quelqu’un nous déteste à cause de ça, ok… Mais je sais aussi pertinemment que nous avons rencontré des gens à propos desquels nous avons consacré des chansons, nous avons rencontrés les enfants de ces personnes, ou leurs petits-enfants et ce que je peux dire là-dessus, c’est qu’ils ont tous réagi positivement. Parce qu’ils sont tous fatigués d’être tristes à cause de ça. Le fils d’Audie Murphy, le soldat américain pour lequel nous avons écrit « To Hell And Back »… Un ami de ce fils l’a prévenu qu’un groupe suédois avait écrit une chanson sur son père et il a directement pensé qu’il s’agissait d’une ballade larmoyante merdique et ne voulait pas l’écouter. Son ami a quand même insisté, car « To Hell And Back » est une des chansons les plus festives et positives que nous ayons… Il a tellement aimé cette chanson qu’il est venu nous voir à un concert que nous donnions à Los Angeles et il nous a donné un poster du film de son père, « To Hell And Back » (ndlr. « L’Enfer Des Hommes », en français) et il nous a dit merci, il nous a remercié de célébrer la mémoire de son père et d’utiliser cette poésie dans nos paroles, comme ça les gens peuvent s’en rappeler d’une façon positive. Donc, si les gens n’aiment pas ça, c’est ok pour moi, mais si les personnes dont on parle ainsi que leurs familles sont d’accord avec ce qu’on fait… Pour le reste, ils n’ont pas besoin de nous écouter, de toute façon !

D’accord, tu as raison. Et c’est une magnifique histoire que tu viens de raconter. Enfin, Sabaton est particulièrement connu pour ses concerts époustouflants, qu’est-ce que ça te fait de voir des milliers de personnes chanter et sauter du début à la fin ?

Du bonheur, que du bonheur. Pour y revenir, « To Hell And Back » en est un parfait exemple. Peu importe le nombre de fois que nous avons joué cette chanson… La même chose pour « Primo Victoria ». Juste pour savoir, est-ce que tu chanterais avec nous ? Tu sauterais avec nous ? Si je te dis « Through the gates of hell… » ?

« …As we make our way to heaven…  » ?

Tu vois ! Mais c’est ce que j’aime, la joie qu’il y a dans ces chansons malgré tout. J’aime aussi les chansons plus dramatiques et on en a quelques-unes, on ne chante pas que des morceaux catchy… La plupart de nos chansons sont joyeuses, parce que nous sommes des gens heureux et je préfère être heureux que triste, de toute façon, mais parfois c’est bien d’avoir aussi ces passages plus dramatiques, plus dépressifs ou agressifs… Tous ces sentiments que l’on peut rencontrer lors d’une guerre se retrouvent dans notre musique. Et dans le Heavy Metal, tu peux facilement t’exprimer sur n’importe quel sujet, de l’humour au désespoir, l’agression, la dépression, la joie, la fierté…  Il y a une chose : sur tous les soldats que j’ai rencontré, tant les anciens que ceux qui le sont encore actuellement, c’est que toutes ces émotions leur parlent et ils ont pu les ressentir, parfois toutes en même temps. Donc, c’est assez intéressant de voir comment toutes ces choses peuvent fonctionner entre elles. Ce que je veux dire, c’est qu’on pourrait donner l’impression d’avoir un intérêt morbide pour l’histoire militaire, mais non. Personnellement, j’ai une passion égale pour tous les types d’histoires en général, mais je ne pense pas qu’on puisse vraiment chanter sur l’histoire de l’automobile, ou sur l’histoire économique, cela pourrait vite devenir ennuyeux (rires).

Aussi, vos mises en scène sont toujours impressionnantes, avec des flammes, des feux d’artifices. La dernière fois que j’ai vu Sabaton en concert, c’était l’année dernière à l’Alcatraz en Belgique et il y avait un tank sur scène. Est-ce que vous prévoyez des choses encore plus folles pour votre prochaine tournée ?

Oh oui, bien sûr ! La première chose, en ce qui concerne le tank, comme tout le monde avait beaucoup aimé cette idée et trouvait ça vraiment cool, maintenant nous avons deux tanks ! L’un s’appelle Audie, en référence à Audie Murphy dont nous avons parlé tout à l’heure et l’autre s’appelle Walther, comme Walther Wenck dont on parle sur l’album « Heroes ». Donc, il y a deux tanks, parfois nous avons des canons,… Enfin, ça dépend, parce que parfois on joue en Espagne et le lendemain en Finlande et nous, on peut prendre l’avion, mais pas les tanks ! Donc, on ne sait pas encore exactement ce que nous aurons sur la prochaine tournée, parce que les nouveautés sont encore en construction actuellement. Mais ce sera cool. La semaine dernière, nous avons joué au Sweden Rock et nous avons eu notre plus grosse mise en scène jusqu’à présent. Mais concernant la tournée, on ne peut pas vraiment dire précisément ce qu’il y aura, parce qu’on est encore en train d’annoncer des dates et on ne connait pas encore exactement tous les endroits où nous jouerons, ni la taille des différentes scènes, pour que l’on puisse maximiser notre mise en scène pour que tout le monde puisse bénéficier d’un bon show. Parce que tout ça dépend aussi des règles et des lois des différents pays où nous allons jouer et en particulier concernant la pyrotechnie et les différents gaz que l’on utilise pour les jets de flammes. Donc, tout ça dépend vraiment de la taille des salles et des scènes ainsi que des lois relatives aux différents pays et en fonction de ça, on pourra définir ce que l’on fera exactement. Mais d’un autre côté, je peux vous promettre que ce sera une des plus grosses mises en scène jusqu’à présent, parce que l’on veut vraiment incorporer dans nos concerts cette impression de guerre, ce côté militaire et on va amener ça à un niveau supérieur, c’est certain !

Aussi, tu sembles très proche de tes fans, qu’est-ce que tu penses de ces gars qui s’habillent et se coiffent exactement comme toi ?

Ah oui ! Il y en a un en Allemagne, un en France… Oui, il y en a quelques-uns comme ça (rires) ! Après, ce que j’en pense… Eh bien, ça dépend, si tu fais ça comme un gag pour rigoler pendant les concerts, ça va, c’est drôle. Après, si tu te promènes à gauche ou à droite en te faisant passer pour moi, ça l’est moins. Un jour, lors d’un événement, je ne sais plus quand et où exactement, une fille est venue vers moi toute contente en me disant que ça lui faisait vraiment plaisir de me revoir. Embarrassé, je lui dis que je ne suis pas sûr de l’avoir déjà rencontrée… Et là elle me dit que nous avons passé la nuit ensemble il y a six mois. Je lui dis que non, certainement pas, autrement je m’en serais rappelé… Mais elle insiste et me donne les détails, la date, l’endroit et mentionne le fait que je portais ma tenue de scène. Sincèrement, tu penses que je porte mes vêtements de scène ailleurs que sur scène ? Du coup, je lui ai montré mes tatouages et lui ai précisé qu’au moment où cela s’est passé, j’étais en tournée en Amérique du Sud et elle a enfin réalisé que ce n’était pas moi et s’est demandé avec qui elle avait bien pu coucher ce soir-là. Ça, c’était un peu effrayant, mais neuf fois sur dix, heureusement, les gens font ça pour le fun !

Quelle affreuse histoire ! Sinon, quels sont vos projets pour le reste de l’été, avant la sortie de l’album ?

Eh bien, ce sera assez cool, en fait. Maintenant, on rentre à la maison pour un jour et demi, je dirais, le temps de faire la lessive parce qu’il est grand temps (rires) ! Je vais aussi chanter sur quelques maquettes supplémentaires qui vont arriver. Puis, on part en Finlande pour la promo de l’album, avec des interviews, des photos et compagnie. Ensuite, nous avons une date prévue là-bas avec Iron Maiden et puis après la saison des festivals, on fera une mini tournée avec  Scorpions en Espagne, ce qui sera bien, parce que nous avons déjà tourné avec eux en Russie, ça doit bien faire six ans maintenant. Ensuite, on projette de tourner en Amérique du Nord et en Amérique du Sud, peut-être en Russie à nouveau… Enfin, on l’espère. Et puis en janvier, février et mars, on prévoit 47 concerts en Europe avec Accept. Je suis vraiment impatient, même si cela fait énormément de dates, mais on a tellement de bons souvenirs avec ces groupes que l’on va enfin revoir. Oui, qu’est-ce qu’il y a de mal à monter sur scène dès l’après-midi, jouer la musique que tu aimes en face de personnes qui aiment aussi cette musique ? Et quand tu descends de scène, tu vas prendre une douche, tu attrapes une bière et tu vas regarder Iron Maiden ou Scorpions… Ça pourrait être pire (rires) !

Eh bien, cela s’annonce bien pour vous ! Donc, pour finir cette interview, veux-tu ajouter quelques mots pour les fans belges… Même si la Belgique a gagné contre la Suède hier soir ?

Non, on ne se parle plus, la conversation est terminée ! Sérieusement, je voudrais remercier la Belgique pour tous les bons moments. Il faut savoir que l’un des premiers pays où nous avons joué en dehors de la Suède, c’était en Belgique. Je ne sais pas comment c’est arrivé, mais il s’est passé quelque chose là-bas qui nous a facilité la suite, donc je voulais vraiment dire merci. Puis, on a joué beaucoup de bons shows là-bas, que ce soit lors de festivals, l’Alcatraz, le Graspop, ou au Biebob, au Trix, au Lotto Arena… La plupart des concerts joués en Belgique étaient vraiment spéciaux pour nous ! Merci à tous et j’espère vous revoir très bientôt !

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