[ARCHIVES] Interview avec Megadeth

megadethdystopia

Autre rencontre de taille lors des Lokerse Feesten : David Ellefson, bassiste de Megadeth. L’occasion pour nous de discuter de la tournée en cours et de quelques temps forts de la carrière du groupe, comme notamment l’intégration au line-up du batteur belge Dirk Verbeuren.

Vous êtes actuellement en tournée en Europe, comment ça se passe jusqu’à présent ? Super ! Oui, ça se passe vraiment bien, nous avons commencé par la Russie, puis la Scandinavie, l’Allemagne, la Belgique, l’Italie, l’Espagne, l’Angleterre,… C’est vraiment bien ! Nous avions fait la première partie de la tournée européenne l’année dernière et maintenant nous avons entamé la deuxième et nous sommes vraiment contents. C’est génial de voir notre public et de jouer les morceaux du nouvel album.

Avant de partir pour cette tournée, n’étiez-vous pas effrayés par les attaques terroristes qui sévissent en Europe ? Non, pas du tout. Je pense qu’on est un groupe qui continue quoiqu’il arrive, nous ne sommes pas du genre à reculer devant une éventuelle menace, cela voudrait dire que nous abandonnons et qu’ils ont gagné. Il y a des menaces en tous genres, du danger partout dans le monde, tu peux mourir en prenant ta voiture ou en marchant dans la rue. Je pense qu’on ne doit pas vivre dans la peur, il faut faire confiance au destin.

Il y a deux jours, vous étiez au Wacken et aujourd’hui vous jouez ici à Lokeren, sur un site beaucoup plus petit, qu’est-ce que vous préférez ? Les grands festivals, les plus petits ou les concerts en salle ? Oh, j’aime tout ! Chaque show a ses particularités. Oui, on a fait le Wacken en headliner, c’était génial, on clôturait la journée. Aujourd’hui, on apporte notre petite pierre à l’édifice, on joue notre musique pendant une heure. La beauté des festivals, c’est qu’aujourd’hui on pourra apprécier les Cavalera, Alice Cooper, Marilyn Manson et c’est ce qui est génial : on ne vient pas s’amuser en ne regardant qu’un seul groupe et il y a toute une culture avec ça en plus de la musique, on voit ses amis, on mange, on boit, on s’amuse… C’est toute une tribu qui se réunit pour faire la fête.

Vous avez aussi souvent joué en Belgique, y-a-t-il quelque chose que vous préférez ici, ou peut-être que vous avez une anecdote à raconter ? Aujourd’hui, nous sommes restés un peu dans le centre de la ville de Gand et c’est une très belle ville, je ne me rappelais avoir vu cette partie de la ville auparavant. Je me souviens pourtant qu’on était passés là avec Marty Friedman il y a des années de cela. On n’avait jamais entendu parler de cette ville à l’époque, on connaissait Bruxelles, sans plus. Et c’est ce qui est intéressant en tournée, on peut découvrir tellement de nouveaux endroits, des cultures différentes, de la nourriture différente, plein de choses ! Le souvenir que je garde de la Belgique en particulier, c’était il y a des années et je pense que c’était lors du Graspop. Nous jouions après Motörhead et l’organisateur est venu nous voir pour nous expliquer qu’il y avait un problème de boxes et nous demander si on pouvait jouer avant eux, sinon ils auraient été dans l’impossibilité de jouer et cela décevrait les fans etc. Evidemment, nous avons accepté et ils étaient vraiment reconnaissants. Ce qui est marrant, c’est que ça a fait tomber une barrière qu’il y avait entre nous depuis de nombreuses années !

Dirk Verbeuren est belge et est considéré comme l’un des meilleurs batteurs au monde, comment se passe votre collaboration avec lui jusqu’à présent ? Eh bien, nous allons travailler sur un nouvel album l’an prochain et je pense que c’est à ce moment-là qu’on pourra discuter de notre collaboration. Mais jusqu’à présent, je dois dire que Dirk joue extrêmement bien toutes les chansons de Megadeth, il a un niveau incroyable, beaucoup de charisme et est très humble. J’adore le groove qu’il apporte par moments et sur scène, je suis fier et je ne peux pas m’empêcher de sourire en me disant qu’on a l’un des meilleurs batteurs de Megadeth !

Revenons un peu sur votre carrière maintenant : l’un de vos albums les plus populaires, « Countdown To Extinction », fête ses 25 ans cette année, préparez-vous quelque chose pour célébrer cet événement ? Non, pas cette fois, nous avions célébré ses 20 ans sur la tournée de 2012. À vrai dire, nous pourrions célébrer l’anniversaire d’un de nos albums tous les ans. Mais le groupe a été fondé en 1983, donc l’année prochaine nous fêterons nos 35 ans de carrière ! Cependant, on préfère se concentrer sur le futur, la nouveauté qui pour le moment est « Dystopia ». On ne veut pas être un de ces groupes qui joue ses classiques éternellement… Bien sûr, on est contents de se souvenir de ces moments et de jouer des classiques, mais je pense que « Dystopia » est un album puissant et rafraîchissant et c’est plus agréable pour nous de célébrer quelque chose qui se passe actuellement.

D’un autre côté, quand vous avez sorti « Cryptic Writings » en 1997, votre musique a changé, quels souvenirs gardez-vous de cette époque ? J’ai de très bons souvenirs de l’époque de « Cryptic Writings » ! J’ai adoré ce disque, j’ai adoré le faire aussi, nous étions allés l’enregistrer à Nashville… Je trouve d’ailleurs que cette tournée avec « Dystopia » ressemble un peu à celle de « Cryptic Writings ». C’était une période de renouveau pour nous, il n’y avait plus MTV, le Metal était en crise et nous aussi, Megadeth a dû se battre et se remettre en question pour l’avenir. Donc, « Cryptic Writings » a incarné une sorte de renouveau pour Megadeth et je pense que « Dystopia » est assez similaire dans ce sens-là. Je pense aussi que nous avons eu beaucoup de chance dans notre carrière en ayant un management qui a su nous conseiller et nous guider. Il y a des groupes qui font un truc et ça plaît au public, tant mieux, c’est cool, mais Megadeth est un groupe qui se diversifie et je pense que ça nous a ouvert des portes. En fait, j’ai dit ça à Dave tout à l’heure en mangeant une gaufre belge ! Je lui ai dit que cette tournée ressemblait vraiment à celle de « Cryptic Writings », il m’a dit : « Je vois ce que tu veux dire ».

Et où trouvez-vous l’inspiration pour vous renouveler au fil des années, album après album, est-ce un exercice difficile ? Parfois, on doit prendre le temps de réfléchir avant de faire quelque chose de nouveau, mais je pense que c’est un processus, ça n’arrive pas juste comme ça. On capture parfois quelque chose en tournée et on le garde pour travailler dessus plus tard et le transformer. C’est vraiment lorsqu’on a fini de tourner qu’on se concentre sur ce qu’on va créer. En gros, d’abord on y réfléchit, puis on compose, puis on enregistre. Ce sont les trois phases principales de la création d’un album de Megadeth.

Aussi, avec « Dystopia » et en particulier pour le morceau « The Threat Is Real », vous avez proposé une vidéo d’un nouveau genre pour Megadeth. L’animation est en vogue depuis quelques années, mais dans votre cas, d’où est venue cette idée ? Je pense que c’est une idée qui nous a été proposée par Universal, parce qu’on voulait vraiment quelque chose de différent. Avec Dave, on s’était dit qu’on voulait autre chose que de juste être filmés en jouant de la guitare… On a fait ça tellement de fois. Et on a trouvé ça cool de pouvoir faire ça, c’est comme regarder un dessin animé ou un jeu vidéo, c’est une façon plus branchée de regarder une vidéo tout en écoutant la musique. Au niveau du processus, le réalisateur nous a envoyé plusieurs traitements et nous avons choisi ceux qu’on préférait, nous avons donné notre accord final, mais on l’a laissé travailler à sa guise et je suis très content de son travail, ses graphismes sont vraiment précis.

Vous avez aussi sorti une vidéo live en 360, pensez-vous faire la même chose pour un concert entier ? Je pense que c’est vraiment quelque chose de cool à faire, un concert en réalité virtuelle et je trouve ça génial comme technologie. Nous avons discuté de ce projet déjà, mais nous n’avons pas encore décidé du moment où on le ferait, mais je pense que c’est une idée intéressante à exploiter.

Vous avez dit plus tôt que vous préfériez vous concentrer sur la nouveauté, est-ce que cela veut dire que vous travaillez déjà sur de nouveaux morceaux ? Oh un petit peu, on enregistre un riff de temps en temps, on note des idées de paroles… Les idées viennent en permanence, il ne faut pas les oublier, donc je les enregistre toujours avec mon téléphone, comme ça je peux m’en souvenir. Mais nous ne sommes qu’en août et le tour se termine en novembre, ce n’est qu’à ce moment-là qu’on commencera réellement à penser au nouvel album. Je pense que nous l’enregistrerons en janvier prochain.

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