[ARCHIVES] Interview avec Once Human

Once-Human-Evolution

Logan Mader est surtout connu pour avoir été guitariste dans Machine Head et Soulfly avant de se consacrer pleinement à sa carrière de producteur. Néanmoins, il a refait surface sur scène en 2014 en lançant un nouveau projet typé death mélodique : Once Human. Après un premier album, « The Life I Remember », suivi d’une tournée avec Fear Factory, le groupe est de retour avec « Evolution » et c’est donc principalement de cela dont nous parlons aujourd’hui avec le fondateur du groupe.

Pour commencer, on peut remarquer que le délai entre votre premier album et le nouveau, « Evolution », est assez court. Vous restait-il beaucoup d’idées après votre premier enregistrement, ou vous étiez simplement très inspirés ? Nous n’avons rien réutilisé de notre premier enregistrement, l’une des raisons principales, c’est que les cycles de tournées ont été très courts, en un an, on avait déjà fait deux tournées avec Fear Factory. Et quand ça a été fini, on se sentait prêts à composer de nouveau, en début d’année 2016, donc c’est ce qu’on a fait et voilà « Evolution ». Je suis ravi du résultat !

Ce second opus s’appelle donc « Evolution ». Comment décrirais-tu la musique du groupe et son évolution entre ces deux sorties ? Je dirais que notre musique est un mélange de plusieurs sous-genres, il y a un peu de death mélodique, un peu de prog, un peu de djent, un peu de groove et le tout combiné nous donne une identité assez unique. On pouvait déjà le sentir sur notre premier album, mais aujourd’hui nous avons beaucoup progressé en tant que groupe et les vocaux de Lauren sont meilleurs, ces tonalités de growls sont plus graves, plus brutales et elle utilise aussi les screams plus aigus, ce qu’elle ne faisait pas auparavant. Il faut dire que pour le premier album, tout était nouveau pour elle, c’était sa première fois en studio et c’était la première fois pour moi depuis des années que je reprenais la guitare. Nous avons aussi engagé un nouveau guitariste, Max Karon, qui nous a aussi aidés à composer ce nouvel album, c’est pour ça aussi que le son a évolué. On s’entend très bien avec lui et grâce à son arrivée, on a modifié et amélioré nos standards de composition et notre façon de structurer les morceaux. Aussi, le contenu des textes de Lauren s’est aussi amélioré, ses paroles sont beaucoup plus sensées et puissantes. On a tout mis en place pour que cet album soit meilleur que le premier et on est un peu nerveux à l’idée de le prouver à tout le monde et de faire comprendre qu’on est un vrai groupe et qu’on est là pour un moment, pour faire plein d’albums et tourner le plus possible.

Pourquoi avoir appelé cet album « Evolution » ? Peux-tu parler des thèmes abordés dans les paroles ? Le terme « Evolution » a été choisi par rapport à l’évolution humaine, qui est un processus dans lequel on se trouve tous, qu’on le veuille ou non, qu’on le ressente ou pas. Et c’est aussi en rapport avec l’évolution du groupe, comme je l’ai expliqué juste avant. Pour les paroles, c’est Lauren qui a tout écrit, elle en parlerait mieux que moi, mais ce que j’ai remarqué, c’est qu’elle a réparti ses textes en trois compartiments : les choses qui se passent dans le monde, des événements divers qui l’ont affectée et qu’elle a réussi à transposer dans certaines chansons ; il y a aussi des textes plus personnels, sur des choses qui lui sont arrivées, mais qu’elle n’explique pas textuellement, c’est imagé de façon artistique ; et la troisième partie concerne de sujets plus philosophiques, ésotériques,… C’est plus spirituel, disons et ce sont des chansons positives. Elle se questionne sur le sens de la vie et ce qu’on fait ici. Voilà ce qui compose son champ d’écriture pour cet album.

Et comment travaille-t-elle pour placer son chant, vous faites cela ensemble ? Non, elle écrit aussi ses lignes de chant et ça lui a pris beaucoup de temps. Au début, elle était assez intimidée à l’idée d’écrire ses propres textes pour qu’ils collent à la musique. On a passé beaucoup de temps ensemble au studio, chez nous, pour travailler là-dessus et l’aider à placer son chant. Elle restait assise avec le casque sur les oreilles, elle prenait des notes, puis me demandait conseil. Mais globalement, elle a fait la majorité du travail seule. Pour les enregistrements, on a aussi fait ça ensemble et on est tous les deux désireux de transmettre les bonnes émotions, donc on a pris notre temps pour ça aussi. Aussi, la majorité des prises sont simples, elles ne sont doublées qu’à certains moments qui demandent plus d’intensité, ce qui donne un côté plus intimiste à ses parties vocales, comme si c’était du live, en fait.

Quand tu expliques tout ça, on sent qu’il y a eu énormément de travail et que ça a pris du temps, mais en réalité, vous avez été très vite, c’est impressionnant ! Disons que ça nous a pris quatre ou cinq mois, mais bon, comme le studio est à la maison, c’est plus facile de faire ça intensivement. Mais cinq mois, ça me semble énorme, parce que je produis beaucoup, même quand j’écris avec le groupe, et ça va beaucoup plus vite.

Ici, en Europe, on a découvert Once Human en support de Fear Factory, quels souvenirs gardes-tu de cette tournée ? C’était super, ça m’a fait plaisir de revenir en Europe et de jouer, ça faisait tellement longtemps que je ne l’avais plus fait ! J’ai beaucoup aimé voir Lauren et les autres faire ça pour la première fois, c’était nouveau pour eux. Je me souviens aussi que le jour de mon anniversaire, on était quelque part en Allemagne et Fear Factory m’ont fait monter sur scène pour que la foule me chante « Joyeux Anniversaire », c’était un chouette moment. Globalement, c’était une chouette tournée et j’en garde de très bons souvenirs. Fear Factory sont vraiment de très bons amis et j’adore travailler avec eux.

Sinon, vous n’avez pas beaucoup tourné en Europe, particulièrement pendant les festivals d’été. Est-ce que vous prévoyez plus de dates pour la prochaine fois ? Oui, c’est prévu ! Je suis justement en train de chercher à faire tourner le groupe prochainement, mais ce n’est pas facile quand on est un nouveau groupe et je pense que ça le sera un peu plus quand cet album sera sorti, car nous avons déjà reçu beaucoup de feedbacks positifs et je sens qu’on en recevra bien plus que pour le premier. En ce qui concerne les festivals, on ne prévoit d’en faire de gros, il y en aura quelques petits qui seront bookés au mois d’août. Notre fanbase n’est pas encore assez importante pour les gros festivals, on préfère se concentrer sur de grosses tournées, qu’elles soient support ou en headliner, mais je travaille là-dessus, j’ai une agence aux USA et une Europe pour s’occuper de ça. Je pense qu’on se concentrera sur les festivals en 2018.

Tu as l’air de dire que c’est compliqué de développer un groupe aujourd’hui, tu veux dire que c’était vraiment différent quand tu as commencé ? Tellement différent ! Pour des raisons évidentes, à commencer par la rude compétition entre les groupes, tandis que le marché rapetisse, les gens achètent moins de musique, etc. Les investissements des labels sont moindres également, donc il faut faire beaucoup de choses soi-même ces temps-ci. Et d’un autre côté, heureusement qu’il y a YouTube et les réseaux sociaux pour que les gens se connectent aux groupes sans devoir payer de publicité. Cela dit, on a un très bon promoteur aux USA et notre label fait beaucoup de choses pour nous. Mais le climat est vraiment différent et il y a beaucoup moins d’argent à dépenser pour les groupes, qui sont de plus en plus nombreux. C’était un peu fou de vouloir lancer un groupe maintenant, mais tant pis, je le fais et j’y crois parce que ça commence à marcher. Notre dernière vidéo a atteint plus de deux millions de vues sur YouTube, je ne m’y attendais pas et je pense que c’est un bon indicateur. Et puis, les premières chroniques sont positives. Les choses se mettent en place.

Il y a des groupes avec lesquels tu aimerais particulièrement tourner ? Oui, beaucoup ! Fear Factory, encore, Gojira, DevilDriver, Machine Head, d’ailleurs j’ai discuté avec Rob Flynn il n’y a pas longtemps, nous sommes de vieux amis maintenant et j’aime toujours aller les voir jouer, cependant, ils ne prennent que rarement des support bands. Sinon, tourner avec n’importe quel groupe de death metal me ferait plaisir. Ou Lamb Of God, Slayer,… Et Metallica, bien sûr !

Aussi, tu l’as dit tout à l’heure, tu continues ton job de producteur à côté du groupe, quels sont tes prochains projets ? Il va y avoir WASP, ce sera le quatrième album que je mixerai pour eux. Ici, je viens de terminer de mixer l’album d’un groupe qui s’appelle Invidia, que je manage aussi. C’est avec un gars d’In This Moment et un gars qui était dans Five Finger Death Punch. Et c’est vraiment cool, ce qu’ils font ! Je viens de les faire signer chez SPV. J’aime bien aussi manager des groupes, c’est beaucoup de travail, mais c’est cool.

Tu as aussi travaillé avec un groupe belge assez connu, Channel Zero, quel souvenir gardes-tu de votre collaboration ? Ah oui ! Mikey Doling, leur guitariste américain, est un bon ami. Pour leur premier album, j’étais allé le mixer en Belgique, c’était une chouette expérience. J’appréciais beaucoup Phil également et j’ai appris son décès avant de repartir pour la Belgique travailler sur leur nouveau CD. Finalement, ce sont Franky et Mikey qui sont venus ici pour travailler avec moi sur cette production. On a toujours passé de bons moments ensemble !

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