[ARCHIVES] Interview avec Paradise Lost

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Entretien avec Greg Mackintosh, guitariste de la référence anglaise en matière de Doom, Paradise Lost, nous parle de « Medusa », le quinzième album du groupe.

Il vous reste encore un peu de temps avant la sortie de “Medusa”, mais quel est ton ressenti aujourd’hui par rapport à ce nouvel album ? À vrai dire, nous avons terminé l’album il y a à peine un mois, donc c’est un peu bizarre de commencer la promotion aussi tôt. Tout est encore très frais dans nos têtes, je viens à peine d’entendre la version finale de l’album !

D’ailleurs, ce n’est pas trop stressant de devoir t’occuper de la promo du nouvel album de Vallenfyre pratiquement en même temps ? La promo a commencé il y a quelques temps, mais c’est vrai que les dernières semaines ont été vraiment chargées. Mais ça fait plaisir d’être très demandé (rires) !

Pour parler de “Medusa” maintenant, l’artwork a été révélé il y a seulement quelques jours et on peut remarquer que c’est le plus coloré depuis “Draconian Times”, qui a réalisé cet artwork ? Nous avons travaillé avec les Branca Studios d’Espagne que j’ai découvert sur Instagram. Quand on a su comment l’album allait s’appeler, j’ai commencé à chercher des idées pour l’artwork et je suis tombé sur cette entreprise. Leur style rétro m’a beaucoup plu et je me suis dit que ça collerait parfaitement à Paradise Lost. Et cette collaboration s’est vraiment bien passée ! Au niveau de l’interprétation, c’est très simple, c’est la déesse Méduse entourée de serpents. Le cercle de serpents représente la couronne d’épines qui a été le logo de Paradise Lost pendant plusieurs années. Autrement, on voulait quelque chose de simple et de différent de ce qu’on a fait ces dernières années, c’est pour ça aussi que c’est coloré. On ne s’attend pas forcément à ça quand il s’agit de Metal, mais cet artwork correspond bien à l’album.

Au fait, pourquoi avoir choisi ce thème de la Méduse ? C’est une drôle d’histoire, c’est arrivé par hasard. En fait, quand je compose une chanson, je la titre avec un seul mot, le temps de travailler dessus et ça peut être n’importe quoi, un film que je viens de voir, un livre que j’ai lu… Et quand j’ai envoyé les chansons à Nick, il a décidé de garder le titre « Médusa ». Il a fait des recherches sur sa signification, pas seulement sur la déesse, mais aussi le symbolisme autour et ça s’est passé comme ça. C’est vrai aussi que ce n’est pas un titre habituel pour Paradise Lost.

Par ailleurs, le son de « Medusa » est très sombre, très lourd, même plus que sur « The Plague Within ». Les guitares et la batterie sont particulièrement impressionnantes, peux-tu revenir sur l’enregistrement ? Nous avons enregistré l’album aux Orgones Studios, situés dans un petit village au Nord de Londres et c’est tout nouveau, nous sommes les premiers à y avoir enregistré ! Ils ont un très bon équipement là-bas, on n’a même pas eu à prendre nos amplis, ni la batterie, ils avaient tout sur place. Quant au producteur, c’est le même que pour « The Plague Within », Jaime Gomez Arellano. On a reçu la version finale de l’album la semaine dernière et ce qui change beaucoup cette fois, c’est que le son est plus rugueux, on entend les guitares grincer par moments et c’est tout à fait ce qu’on voulait. Aujourd’hui, la majorité des albums de Metal sont ultra édités, le son est beaucoup trop clean. C’est d’un ennui !

Sinon, l’année prochaine, vous célèbrerez vos trente ans de carrière et votre musique ainsi que vos textes reflètent toujours la noirceur qui nous entoure. Avez-vous toujours cette même vision du monde aujourd’hui ? Non, je pense que les gens changent au fil du temps, nous aussi, forcément. Mais la raison pour laquelle nous écrivons là-dessus, c’est que ce sont des sujets inspirants pour notre musique.

Et quelles sont tes impressions quand tu réalises que ça fait déjà trente ans ? Je pense que c’est bizarre, parce qu’on n’a vraiment pas l’impression que ça fait aussi longtemps. Je me rappelle de nos premiers concerts comme si c’était hier. Oui, c’est vraiment très étrange, j’ai un peu l’impression d’être dans un autre monde parfois. On suit toujours à peu près les mêmes cycles : un an pour composer, un an pour enregistrer et un an pour tourner. Puis, ça recommence…

Est-ce qu’il y a des choses que tu aimerais changer à cette carrière ? Non, je ne crois pas aux regrets. Évidemment, si on savait les choses à l’avance on ferait les choses autrement, mais on ne serait certainement pas ce qu’on est aujourd’hui, parce que tout ce que nous avons fait nous a mené où nous sommes maintenant et je suis tout à fait satisfait de ça, donc j’aurais peur de changer quoique cesoit.

Et quelle est votre vision en termes de composition aujourd’hui ? C’est vrai qu’on a un peu changé notre manière de faire ces dernières années. Habituellement, je m’occupais complètement des structures des morceaux, puis je les envoyais à Nick pour les parties vocales etc. Mais on s’est rendu compte que c’était chronophage, du coup on a trouvé une manière plus rapide de fonctionner. C’est-à-dire qu’on s’échange les idées plus régulièrement, j’envoie quelques riffs, Nick m’envoie différents types de lignes de chant pour me donner plusieurs idées et c’est comme ça qu’on construit nos chansons maintenant.

Dans un autre registre, vous avez sorti quelques albums avec Century Media et maintenant vous travaillez avec Nuclear Blast. Selon toi, qu’est-ce que ce label peut vous apporter de plus qu’un autre ? On était très satisfait du travail avec Century Media, le personnel y était très sympathique et impliqué, passionné par la musique et le travail. C’est la même chose chez Nuclear Blast, d’ailleurs. La seule raison pour laquelle nous avons changé, c’est parce que nous étions arrivés au terme de notre contrat avec Century et comme les choses étaient incertaines pour eux à ce moment-là, c’était plus sécurisant pour nous de migrer sur Nuclear Blast. Pour l’instant, il est un peu tôt pour moi de dire ce qui est mieux ou non, mais je suis impatient de voir ce que ça va donner. Parfois, le changement est bénéfique.

Vous tournerez en Europe à partir de septembre, mais rien n’est encore prévu pour la Belgique. Cependant, aurions-nous l’occasion d’entendre quelques morceaux issus de « Medusa » lors de l’Alcatraz ? Non, parce que nous ne pouvons rien révéler avant la sortie de l’album. Mais je peux dire qu’il y aura des concerts en Belgique, sans doute aux alentours d’octobre et novembre, c’est juste qu’actuellement les choses sont seulement en train d’être programmées.

Autrement, peut-on imaginer que Paradise Lost tourne un jour avec Vallenfyre ? Non, ce serait physiquement impossible pour moi. On a fait le Bloodstock l’an dernier et j’ai joué trois heures avant Paradise Lost avec Vallenfyre et il m’a fallu deux jours pour m’en remettre (rires) ! Donc, je ne pense pas pouvoir faire ça pour une tournée.

C’est une question particulière, mais comment te sens-tu par rapport aux attaques récentes qui se sont produites en Angleterre ? Est-ce que tu y penses avant de monter sur scène ? Je pense que c’est dans nos têtes en permanence, pas seulement avant de monter sur scène. C’est quelque chose qui se passe et il faut faire avec. Personnellement, il m’arrive de prendre l’avion jusqu’à trois fois par semaine, j’étais à Paris deux jours avant l’attaque du Bataclan, à Manchester le soir de l’attentat… Je pense que c’est dans tous les esprits en ce moment, car ça devient fréquent. Je pense que les gens qui font cela ont l’esprit dérangé, mais l’on devrait s’intéresser à l’idéologie qu’il y a derrière ça et aux raisons qui les poussent à prendre la religion à ce point à cœur. C’est comme si des catholiques se mettaient à appliquer l’ancien testament et à commettre des actes en son nom…

Quelques mots pour vos fans pour terminer ? Bien sûr ! On se voit bientôt en Belgique, à l’Alcatraz et pendant la tournée. J’espère que vous aimerez le nouvel album, même s’il a fallu un peu de temps pour qu’il sorte… Mais si vous avez aimé nos albums précédents, vous apprécierez certainement celui-là. Merci pour votre soutien !

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