[ARCHIVES] Interview avec Walls Of Jericho

Après une longue absence, Walls Of Jericho est de retour avec un album plus Hardcore que jamais. À cette occasion, nous avons eu la chance de récolter les impressions de Candace Kucsulain, iconique chanteuse du groupe, quant à ce nouvel opus.

Tout d’abord, votre nouvel album est sorti depuis quelques semaines maintenant, quels sont les premiers feedbacks que vous avez reçus ? Honnêtement, je ne pourrais pas être plus heureuse des feedbacks que l’on a reçus jusqu’à présent. Cet album était très attendu et nous avons travaillé dessus longtemps. On a fait ce CD avant tout pour nous et les retours qu’on en a sont vraiment géniaux, comme si tout le monde adorait cet album. Mes amis l’adorent et pour moi, c’est super important (rires) ! Franchement, je suis super contente, j’ai vraiment l’impression qu’on a fait du bon travail !

Ce nouvel album est sorti huit ans après « The American Dream », peux-tu me dire ce qui s’est passé durant ces année et comment avez-vous senti que le moment était venu d’écrire un nouvel album ? Après la sortie de « The American Dream », on a fait ce que la majorité des groupes font après une sortie, on est partis en tournée, ce qui nous a pris à peu près deux ans. Et après ça, on s’était dit qu’on écrirait un nouvel album, mais cela faisait presque dix ans que nous étions ensemble et je suis arrivée à un point où je me suis dit que c’était maintenant ou jamais pour fonder une famille et j’ai pris ma décision. Et voilà ce qui s’est passé, je suis tombée enceinte, j’ai eu une fille et je ne voulais simplement pas la laisser et partir en tournée et c’est pour ça que cela a pris quelques années avant de se remettre à travailler. En fait, on ne s’est jamais séparé en tant que groupe et quand on a repris les concerts, je voulais être sûre que c’était toujours ce que j’avais envie de faire, ayant désormais un enfant, mais c’était toujours le cas et ça a fonctionné. Donc on a commencé à discuter d’un nouvel album et cela s’est passé assez naturellement, en fait. Tout est venu très spontanément, la musique, les paroles… En fait, on a commencé à écrire en tournée, tous ensemble et c’est quelque chose que nous n’avions jamais fait auparavant. Et voilà comment cela s’est passé. Autrement, entre temps, j’ai rejoint une association appelée « Relentless » et la première chanson qu’on a composée était dédiée à ces enfants et ces familles qui doivent se battre contre le cancer ou d’autres maladies mortelles. C’est une chanson sur eux, sur ce qu’ils inspirent, comme le courage et la force qu’ils peuvent donner aux autres.

Et que vouliez-vous dire par « No One Can Save You From Yourself » ? Est-ce qu’il y a un thème principal lié à ça sur cet album ? « No One Can Save You From Yourself », c’est l’idée qu’on est soi-même son pire ennemi. C’est-à-dire que si on ne se traite pas bien, si on se dénigre, si on ne fait pas les choses de façon positive, on s’autorise à s’asseoir dans notre propre merde, quelque part. Et la seule personne à blâmer à la fin de la journée, c’est toi-même… La seule personne qui peut faire en sorte que cela change, c’est aussi toi-même et ce n’est pas quelque chose de personnel, cela vaut pour tout le monde. Si l’on veut que les choses soient meilleures dans notre futur, il faut effectuer ces changements, il faut voir les choses autrement et ne pas détaler face aux problèmes.

D’accord, je comprends. Est-ce que tu peux commenter cette citation de Bukowski utilisée dans la description de l’album : « Trouve ce que tu aimes et laisse-le te tuer » ? Pour moi, ce que ça signifie, c’est qu’il faut toujours vivre sa vie en cherchant ce que tu aimes et une fois que tu l’as trouvé, ne t’arrête pas et ne laisse pas ça s’échapper, garde cette chose que tu aimes, que tu adores, jusqu’à la mort. C’est un peu ma philosophie, la façon dont je vois les choses. C’est assez intéressant, parce que je fais face à ce genre de choses actuellement, notamment parce que c’est très difficile pour un groupe de tourner en ce moment, il faut trouver un juste milieu pour que ça fonctionne. On doit faire en sorte que ça fonctionne, même si on doit réorganiser nos vies, planifier les choses autrement, parce que c’est ce qu’on aime faire, ce qu’on a toujours aimé faire et ça en vaut tellement la peine. Plus on se bat, plus on vainc les obstacles, plus on est forts et plus ça marche, parce qu’on aime ça à en mourir !

D’accord, je comprends. Et est-ce que tu t’intéresses à la littérature, en général ? Ah oui, j’aime bien lire (rires) !

Je demande ça à cause de la citation juste avant… Ah oui, d’accord. Disons que j’aime beaucoup ce genre de choses qui donnent de l’inspiration !

Autrement, le clip de « Reign Supreme » ouvre sur une citation d’un certain Joshua Graham, que je ne connaissais pas, donc j’ai interrogé Google à ce sujet et il s’agit en fait d’un personnage de Fallout… Est-ce que tu t’intéresses aussi aux jeux vidéo ? Personnellement, je m’intéresse plutôt à tout le côté graphique, visuel de la chose, mais je n’aime pas tellement jouer, en fait…

D’accord, est-ce que tu peux un peu m’expliquer l’histoire en lien avec ce clip vidéo ? En fait, on savait que l’on devait tourner une seconde vidéo pour la promo de l’album, mais à ce moment-là, c’était assez compliqué de réunir tout le monde en même temps, car on était tous un peu occupés. Alors, j’ai proposé une idée qui ne nécessitait pas la présence de tout le monde… En fait, je voulais illustrer cette chanson avec le thème de la boxe, avec ce côté « Rocky », en montrant qu’il n’y a pas d’importance au nombre de coups de poing que tu peux prendre, ou avec quelle force tu peux envoyer un coup de pied, mais ce qui compte, c’est ta capacité à te dépasser, à toujours voir plus loin. Parfois, dans un combat ce n’est pas la fin qui importe, tu peux l’imaginer, l’anticiper, tu dois te concentrer sur l’énergie que tu y consacres et si tu perds, ce n’est pas une fin en soi, il faut apprendre de ses erreurs pour continuer. En fait, quand j’étais plus jeune je faisais de la boxe, j’aime toujours beaucoup ça d’ailleurs, mais aujourd’hui je soulève des poids et l’on évolue perpétuellement dans un climat de compétition. Et la vidéo parle de ça, de l’investissement dans cette compétition, mais c’est une image, une comparaison avec la vie en général, parce que c’est ça la vie, au fond, un combat. Et le gagner dépend uniquement de ce que tu y investis tous les jours. Tu peux rencontrer des merdes, mais tu dois être plus fort que ça et passer au-dessus. Et ça, pour toi-même.

Est-ce le message principal véhiculé par cet album, finalement, le fait de combattre, se battre tout le temps ? Oui, bats-toi pour chaque chose, pour la vie, l’amour, la joie, absolument ! Et j’ai moi-même traversé tout ça, fait face à beaucoup d’obstacles que j’ai pris comme des challenges et c’est quelque chose que je n’oublierai jamais et que personne ne doit oublier : il faut continuer à se battre !

D’un autre côté, peux-tu commenter l’artwork de l’album ? C’est une sorte de collaboration entre nous, où chacun a donné ses idées et on est arrivé à un prototype que l’on a ensuite donné à un graphiste pour le rendre réel. Plusieurs personnes se sont penchées dessus, à vrai dire. Aussi, on voulait renouveler notre logo depuis très longtemps et c’est désormais chose faite ! On avait ce cercle depuis un long moment maintenant, mais on voulait l’améliorer un peu, le moderniser. Autrement, l’idée générale derrière cet artwork, c’est qu’il y a toujours de la beauté derrière la laideur. Et on en revient à ce qu’on disait tout à l’heure : c’est à toi-même d’affronter les ténèbres pour trouver la lumière. Il faut être capable de reconnaître la laideur pour la surmonter et apprécier ensuite la beauté.

D’accord, c’est très intéressant, très inspirant à vrai dire. Mais autrement, as-tu une chanson favorite sur cet album ? À vrai dire, j’en ai trois, je pense, qui sont très différentes. Je pense, justement que « Reign Supreme » en fait partie, peut-être en premier lieu. Ensuite, j’aime beaucoup « No One Can Save You From Yourself » et puis « Probably Will », le dernier titre, parce qu’on n’avait jamais fait ce genre de truc auparavant, mais c’était marrant et j’aime le résultat. (Ndlr., il s’agit d’une chanson en voix claire)

D’accord, merci. Sinon, est-ce qu’il y a une chanson en particulier, tous albums confondus, que tu préfères interpréter en live ? Oui, c’est « Feeding Frenzy ». Mais il y a aussi « The American  Dream » que j’adore jouer en live, parce que ces chansons dégagent vraiment une bonne énergie, il y a les bons breakdowns, au bon moment et les gens les adorent aussi. Puis j’adore les chansons qui donnent envie de danser et c’est le cas de « Feeding Frenzy ». Cela dit, « Feeding Frenzy » est  une chanson qui parle de harcèlement sexuel, c’est un texte assez dramatique, une vue à travers les yeux de quelqu’un qui vit cela et, même si on a tous des réactions différentes face à l’abus, parfois la meilleure que l’on peut avoir c’est quand même la colère. Et c’est aussi pour ça que j’aime beaucoup ce titre.

Merci beaucoup pour les explications. Autrement, Walls Of Jericho existe depuis près de vingt ans maintenant, quel regard portes-tu sur l’évolution de la scène hardcore au fil de ces années ? C’est vraiment cool à voir, cette évolution. On voit des tendances émerger, certaines vraiment bien, d’autres moins… Comme le fait d’écrire des paroles complètement misogynes, ça, je suis vraiment contente que ça a disparu, parce que c’est ce que je détestais dans le hardcore ! Mais c’est intéressant, parce que j’ai l’impression que maintenant on a fait le tour, comme si la boucle était bouclée et qu’on savait maintenant ce qui est populaire, ce qui fonctionne moins, des choses qui reviennent à la mode aussi… Comme ce retour du vinyle, par exemple, c’est assez fou, le hardcore des années 90 est toujours là… Oui, c’est vraiment intéressant d’observer tout ça, je suis assez obsédée par ça, en fait, je dois avouer (rires).

Finalement, quel serait ton groupe préféré actuellement ? Oh mon dieu, quand il s’agit de hardcore, c’est vraiment compliqué (rires) ! Il y en a tant ! Attends…  Oui, il y a un groupe que j’avais vraiment bien, qui s’appelle Ramallah, tu connais ?

Non, pas du tout, désolée, je ne suis pas tellement connaisseuse en matière de hardcore… Ah d’accord, mais essaie quand même ça (rire) ! Mais j’adore parce que Rob a toujours écrit des textes très puissants et j’ai toujours admiré ça chez lui…. Ah, vraiment, c’est trop dur, il y en a trop que j’adore, désolée !

Ce n’est rien, merci beaucoup ! Est-ce que tu souhaites ajouter quelques mots pour les fans belges pour terminer cette interview ? Eh bien, je vous salue tous et ai hâte de vous revoir très bientôt, car cela fait longtemps qu’on ne s’est plus vus ! Je dois dire aussi que j’ai adoré aller là-bas et visiter. D’ailleurs, la dernière fois que je suis venue, j’ai acheté un vitrail pour ma collection chez un antiquaire ! Enfin bref, vous savez vraiment accueillir les gens et les faire se sentir bien, je suis vraiment impatiente de revenir vous voir !

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