[ARCHIVES] Interview avec Dimmu Borgir

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Sept ans après « Abrahadabra » et un silence radio presqu’aussi long, les Norvégiens de Dimmu Borgir sont enfin de retour ! Un nouvel album est, certes, en préparation et déjà annoncé pour cette année. En attendant, pour marque le coup, le groupe a sorti un DVD live, « Forces Of The Northern Night » et c’est à cette occasion que nous nous sommes entretenus avec Silenoz. Nous avons essayé d’en savoir plus sur cet opus tant attendu, mais le guitariste de la formation Black est dur en affaire ! 

C’est très plaisant d’avoir des nouvelles de Dimmu Borgir. Shagrath a sorti un nouvel album avec Chrome Division entretemps, mais vous, qu’avez-vous fait durant ces dernières années ? Eh bien, certains d’entre nous se sont consacrés à leurs familles, ont eu d’autres enfants. Mais on a quand même fait de la musique ensemble de temps à autres. Ce n’est pas que nous sommes restés sans travailler, mais c’est surtout durant ces deux dernières années que nous avons travaillé sur de nouveaux morceaux. Nous avons aussi passé du temps à travailler sur le DVD.

Loin de moi l’idée de te rappeler de mauvais souvenirs, mais en 2009, les fans avaient peur que le groupe cesse du fait des départs de Mustis and Vortex, mais vous avez réussi à les rassurer avec « Abrahadabra ». Pendant votre pause, avez-vous parfois songé à arrêter le groupe ? Non, nous n’avons jamais pensé à ça, mais c’est vrai que nous avons fait un break plus long que prévu. En général, après chaque album ou tournée mondiale, on faisait une pause avant de se retrouver pour faire un autre album. Mais je pense que c’était vraiment important pour nous de prendre cette distance à ce moment de notre carrière et de faire autre chose que de la musique. En fait, pendant cette pause, on ne s’est pas rendu compte que c’était aussi long, le temps passe tellement vite. Peut-être que c’est l’âge qui fait ça, je ne sais pas (rires) !

En avril, vous avez sorti « Forces Of The Northern Night », un double DVD avec le Norwegian Radio Orchestra et le Czech National Orchestra. Comment se sont passées ces collaborations ? Concernant le Norwegian Broadcast Orchestra, nous les avons rencontrés en 2009, ils nous ont abordés pour nous proposer de, pourquoi pas, faire un concert ensemble. On a trouvé cette proposition intéressante, parce que c’était assez inattendu qu’eux nous approchent et pas l’inverse. Donc, on s’est dit qu’on allait faire un deal ensemble, parce qu’on avait de toute façon besoin d’engager un orchestre pour enregistrer « Abrahadabra » et ça pouvait être bien par la suite de reproduire ça en live. Et c’est comme ça que cela s’est passé. Cela a été une belle collaboration et en 2011, on nous a proposé de faire la même chose lors du Wacken, avec un autre orchestre et on a saisi cette opportunité également et cela s’est passé avec l’orchestre de Prague. Et au final, cela donne deux concerts tout à fait différents : celui d’Oslo est beaucoup plus parfait, il a été minutieusement préparé et longtemps à l’avance. Celui de Wacken est un peu plus brut, disons, nous n’avions répété qu’une fois à Prague avec l’orchestre avant le concert.

Finalement, il n’y a que peu de groupes qui ont tenté cette expérience avec le classique, comme Deep Purple, Metallica ou plus récemment Bring Me The Horizon. Est-ce que tu considères que c’est une sorte d’événement historique en quelque sorte ? Absolument ! Pas seulement pour nous en tant que groupe, mais aussi parce que nous venons du Black Metal et c’est une sorte de victoire, si tu vois ce que je veux dire. Les médias, ici en Norvège, ou même ailleurs, ont une vision très négative des groupes comme le nôtre depuis le début des années nonante, du fait des événements divers qui se sont produits en dehors de la musique. Pour moi, cela signifie que l’on a fait tomber certaines barrières  et pas mal de préjugés aussi, en collaborant avec de tels orchestres. Et cela prouve aussi que notre musique est vraie, qu’elle existe, comme n’importe quel autre style et qu’au final, le Metal et la musique classique ne sont pas si éloignés que ça.

Et pourquoi ce DVD a mis tant de temps à sortir ? À vrai dire, il était prêt depuis quelques années, mais on a discuté de nouveaux accords et ça a retardé la sortie. Et finalement, on a décidé qu’on allait le sortir au moment de notre retour, proche de la sortie de notre nouvel album. Je pense qu’on peut même parler d’un come-back aujourd’hui. Puis, comme ça a finalement été voué à être retardé, on a pris le temps pour faire concevoir un packaging soigné pour nos fans.

Les premières photos de presse montrent Dimmu Borgir en tant que trio, comme sur votre dernier album, peux-tu déjà dire qui seront vos musiciens de session ? En gros, on fonctionne avec le même line-up depuis 2009, donc il n’y a rien de très nouveau à ce sujet pour le moment. On verra s’il y aura des changements à faire pour les tournées à venir…

Toujours à propos de ces photos de presse, y a-t’il une explication quant à votre look très classique, sans maquillage, est-ce que le côté visuel du groupe est devenu moins important pour vous ? Non, le visuel est toujours important pour nous, mais en gros, on voulait juste une photo simple pour accompagner notre retour et annoncer qu’on travaillait sur un nouvel album, etc.

Et donc, vous êtes bien en train de travailler intensément sur un nouvel album qui sortira plus tard cette année. Que peux-tu nous révéler à son sujet ? Je peux révéler que ce sera sans aucun doute notre meilleur album ! Je sais que ça sonne très cliché, mais si ça ne devait pas être notre meilleur album, cela n’aurait aucun sens de faire un nouvel album (rires) ! On peut dire actuellement qu’Il sera épique, orchestral, majestueux, très « Dimmu », avec certaines parties plus old school. Un mélange parfait entre la brutalité et la mélodie.

Au fait, est-ce que vous êtes nerveux à l’idée de votre retour maintenant que ça se concrétise, ou vous êtes plutôt impatients ? Quel est ton état d’esprit  quand tu y penses ? Je suis très impatient et je peux dire la même chose pour les autres. On a vraiment pris notre temps et on a tout mis en place pour que ce retour soit parfait, que l’album soit le meilleur possible, que les fans soient contents. On n’a rien laissé au hasard, je pense. Et l’attente aura valu le coup ! Donc, on est impatients que les gens découvrent notre nouvel album.

Et est-ce qu’on vous reverra aussi sur scène cette année ? Oui, je peux affirmer que nous serons de retour sur scène probablement à l’automne. Je ne sais pas encore exactement quand, mais j’estime que ce sera vers cette période, si tout se passe comme prévu. On a aussi hâte de recommencer à tourner, d’ailleurs.

D’un autre côté, vous célèbrerez vos vingt-cinq ans de carrière, une période pendant laquelle le Black Metal a beaucoup évolué. Quel est ton sentiment quand tu penses à toutes ces années ? Tout d’abord, je dois dire que ça ne paraît pas si long (rires) ! Bien sûr, nous avons vécu beaucoup d’expériences pendant tout ce temps et j’espère que nous en vivrons encore dans le futur. On a grandi les eighties, on s’est lancé dans le Black Metal vers la fin des années nonante, lors de la seconde vague, si je peux le dire comme ça. C’est une scène sur laquelle beaucoup de groupes vont et viennent. Je pense qu’en surface, le Black Metal semble encore très populaire, mais pour moi, ce n’est pas quelque chose d’accessible à tout le monde. Ça demande presque des gens extrêmes, en fait, pour en jouer. Tu ne peux pas faire du Black Metal sans suivre une certaine idéologie, rentrer chez toi après, mettre un survêt’ et faire des câlins devant la télé (rires). Je pense que les groupes sont différents aujourd’hui… Quand on a commencé, on suivait complètement le mode de vie « Black Metal », sept jours sur sept. Et j’ai l’impression que beaucoup de groupes actuels ne font pas ça. Mais je ne les juge pas, car je ne suis plus tellement cette scène comme je le faisais dans le passé. Après, il y a quand même de très bons nouveaux groupes… Je pense que quand les choses sont faites avec conviction et passion, je peux m’intéresser à n’importe quel nouveau groupe de Black Metal.

Et si tu avais un conseil à donner à un de ces nouveaux groupes de Black, quel serait-il ? Je ne sais pas si j’ai un conseil en particulier à donner, mais je leur demanderai de se poser la question de pourquoi ils font ça ? Et ça vaut pour n’importe quel groupe, en fait, parce que si tu fais ça pour le fame, l’argent ou peu importe, si ce sont de mauvaises raisons, ça ne fonctionnera pas. C’est valable aussi si tu fais de la peinture, du cinéma ou même si tu vends des voitures… Si ce n’est pas fait avec passion, si ça ne vient pas du cœur, ce sera voué à l’échec. Mais si tu te sens assez fort pour te dévouer à ça, vas-y, continue. Ça demande beaucoup de temps, d’implication, de sacrifices… Parce qu’avoir du talent pour quelque chose, ça ne suffit pas, il faut travailler très dur et la chance, ça n’existe pas, je ne crois pas en la chance dans ce sens-là. Dans le passé, on était tout le temps en tournée, c’est arrivé que des personnes de nos familles décèdent, mais on n’a jamais interrompu une tournée. C’est peut-être moche, mais on ne peut pas être à deux endroits en même temps. Après, je ne dis pas que les groupes doivent faire exactement ce qu’on a fait, ça demande beaucoup de courage, de dévotion et ça, tu ne t’en rends pas compte tout suite, ça vient plus tard, quand tu constates le chemin parcouru et que tu ne peux plus revenir en arrière.

Sinon, quels sont les derniers groupes que tu as écoutés ? Hm, c’est une bonne question. J’ai écouté le dernier EP de Ghost, je suis en train de devenir un grand fan de Ghost, même si je ne les suis pas depuis le début, maintenant je suis convaincu ! Après, j’écoute beaucoup de différents style de musique aujourd’hui, ça va du Reggae à la Country et je pense que c’est assez sain pour moi en tant que musicien, mais aussi en tant que personne, de pouvoir s’ouvrir à d’autres horizons. C’est bien de jouer un certain style, mais personnellement j’ai besoin d’autres apports pour me renouveler. Je pense que c’est encore quelque chose de relatif à l’âge (rires). Parce que je n’étais pas du tout comme ça à seize ans !

Finalement, si tout devait s’arrêter maintenant, quel serait la dernière chose que tu voudrais accomplir avec Dimmu Borgir ? J’aimerais vraiment sortir un dernier album et tourner une dernière fois dans le monde entier. Je dois dire que je me sens heureux en ce moment, parce que je sais que ce prochain album sera un succès pour nous, je ne parle pas d’argent ou de popularité, mais de la façon dont nous avons procédé pour faire le meilleur album possible à ce moment précis de notre carrière et je suis immensément fier de ça !

Un dernier mot pour les fans ? Bien sûr, je suis très reconnaissant pour leur patience et je leur promets que cette absence aura valu le coup et quand ils entendront l’album, ils comprendront et ils oublieront toutes ces années d’attente ! Je suis aussi impatient de voir à nouveau les fans en tournée !

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