[ARCHIVES] Interview avec Eluveitie

Eluveitie-Evocation-II-Pantheon

Après une année secouée par le départ d’une partie de son line-up, le groupe de Folk suisse Eluveitie est de retour avec un tout nouvel album acoustique : « Evocation II – Pantheon ». Chrigel Glanzmann, chanteur et multi-instrumentiste nous en parle.

Alors, comment se passe la promo de ce nouvel album jusqu’à présent ? Oh, ça nous tient très très occupés, donc je suppose que c’est une bonne chose ! Ça se passe plutôt bien, donc.

Et comment te sens-tu aujourd’hui, sachant que la sortie de l’album est vraiment proche ? Comme nous sommes occupés, on n’y pense pas vraiment, on garde les pieds sur terre. Il reste encore quelques semaines et beaucoup de chouettes choses à faire d’ici là, donc c’est cool pour le moment. Mais on ne va plus tarder à être vraiment impatients.

Avant d’aller plus loin concernant l’album, peux-tu présenter les nouveaux membres du groupe et expliquer comment ils ont été recrutés ? Notre nouvelle frontwoman est Fabienne Erni, elle chante et joue de la harpe. Puis, il y a Jonas Wolf à la guitare, Michelina Malisz à la vielle-à-roue et Alain Ackermann à la batterie. Quand Anna, Merlin et Ivo sont partis en mars dernier, c’était inattendu mais il était clair pour nous qu’il n’était pas question d’arrêter et encore moins d’annuler une seule date. Parce que oui, normalement il faut prendre du temps pour trouver les bonnes personnes, mais nous avions beaucoup d’obligations à remplir : des concerts, des festivals, une tournée déjà bookée et confirmée, donc nous n’avions pas le temps. Et ce n’est pas la responsabilité des fans s’il y a un changement de line-up, donc par respect pour eux, nous nous devions de remplir nos engagements. Pour cette raison, nous avons rapidement décidé d’engager des musiciens de session pour les prochains concerts, tout en cherchant de notre côté des remplaçants définitifs. Et c’est comme ça que nous avons rencontré les nouveaux membres du groupe, nous ne les connaissions pas du tout, mais ils nous avaient été chaudement recommandés par diverses personnes et étaient précédés par une excellente réputation. Nous avons donc rapidement pris contact avec eux et par chance ils étaient tous disponibles. Nous avons ensuite enchaîné les festivals et même si aucun d’eux n’était familier à notre musique, ils ont fait un travail incroyable et musicalement parlant, le résultat était incroyable. On a eu l’impression de gagner à la loterie en les ayant dans le groupe ! Et autre chose d’inattendu s’est produit : nous nous sommes rapidement liés d’amitié, l’ambiance était géniale entre nous…  Donc, sans le savoir, nous avions nos nouveaux membres, en fait. On a vraiment eu de la chance !

Autrement, pourquoi avoir décidé de sortir le deuxième chapitre d’« Evocation I – The Arcane Dominion » maintenant ? C’était clair depuis le début qu’il y aurait une suite à « Evocation », quand je l’ai écrit en 2008. Mais pourquoi maintenant ? Ça, je n’en ai aucune idée. Quand on avait sorti le premier, nous ne nous étions pas mis la pression pour la deuxième partie, nous avons juste continué notre chemin normalement en se disant que cela viendrait quand on le sentirait. On s’est finalement décidé pendant l’enregistrement de notre album précédent, « Origins », mais il n’y a pas de raison spécifique à ça.

Si j’ai bien compris, chaque chanson de cet album porte le nom d’une divinité. Le premier extrait révélé au public est consacré à Epona, sur qui vous aviez déjà écrit auparavant, qu’est-ce qu’elle représente pour toi ? En fait, Epona est un peu comme Marie dans le christianisme. C’est une déesse très importante au sein du Panthéon. En résumé, c’est la déesse des chevaux, mais dans la culture celte, elle représentait la déesse-mère et avait un rôle prédominant au Panthéon. Les chevaux étaient extrêmement importants à l’époque, beaucoup de choses dépendaient d’eux dans la vie quotidienne et c’est pour ça qu’Epona, en tant que déesse des chevaux avait un rôle central.

Sinon, vous êtes nombreux dans le groupe, comment arrivez-vous à travailler tous ensemble au moment de composer la musique ? Honnêtement, je ne sais pas (rires) ! L’ambiance est vraiment cool, en fait ces temps-ci et j’ai l’impression que nous n’avons jamais été aussi unis qu’aujourd’hui dans Eluveitie. En gros, j’avais toujours écrit et composé la musique et cette fois, quand on a commencé les pré-productions, tout le groupe était présent en permanence. Pendant que certains enregistraient, d’autres jammaient ensemble et ça a permis de créer les morceaux. Pour la première fois, toutes les chansons ont été créées au studio. Rien n’avait été planifié, tout s’est passé très naturellement.

Les chansons de l’album sont entièrement interprétées en gaulois cette fois, pourquoi ? Nous avions déjà quelques chansons dans cette langue et comme on fait de la narration historique, ça apporte un plus, ça rend les chansons plus vivantes. Ici, l’interprétation en gaulois fait partie intégrante du concept d’« Evocation », il ne pouvait pas en être autrement.

Effectivement, tu es familier à la pratique de cette langue, mais est-ce que ça n’a pas été trop difficile pour Fabienne ? Je pense que ça a dû être en partie un challenge pour elle, oui, mais étant également suisse, ça a été assez facile finalement. Il y a beaucoup de restes de la langue gauloise dans celles qu’on parle aujourd’hui, comme l’allemand ou le néerlandais et quand on est déjà familier à ces langues, ce n’est pas si difficile de pratiquer le gaulois.

Par ailleurs, j’ai été surprise d’entendre une nouvelle version d’ « Inis Mona » sur l’album, baptisée cette fois « Ogmios », comment ça se fait ? Aussi, prévoyez-vous de jouer les deux versions en live ? Probablement que non. Bien sûr, nous allons jouer de nouvelles chansons lors de notre prochaine tournée, mais « Ogmios » n’en fera sans doute pas partie. Mais c’est cool d’avoir remarqué ça, c’est une idée qui est venue spontanément pendant l’écriture de l’album, parce que conceptuellement, chaque divinité du Panthéon dont nous parlons sur « Evocation II » a été abordée d’une manière ou d’une autre dans d’anciennes chansons d’Eluveitie… Pour donner un exemple, Ogmios a un lien avec le propos d’« Inis Mona », tout comme « The Day Of Strife » qui se trouve sur « Origins ». Et on s’est dit qu’on allait représenter ces liens entre les dieux et nos anciennes chansons de façon musicale, c’est-à-dire que sur chaque nouvelle chanson, il y a des éléments musicaux des anciennes. Sur certaines chansons, c’est évident, comme sur « Ogmios », mais sur d’autres c’est beaucoup plus subtil, presque caché.

Un petit mot sur l’artwork, pour terminer ? Oui, en gros je voulais quelque chose qui représente le contenu de l’album, donc le Panthéon des dieux celtes. En résumé, on y retrouve les symboles les plus importants de la mythologie celtique.

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