[ARCHIVES] Interview avec Enslaved

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Second face à face lors de l’Alcatraz : Grutle Kjellson, chanteur et bassiste du groupe de Black Metal norvégien Enslaved nous parle de leur dernier album, « E ».

Vous êtes sur le point de sortir votre quatorzième album studio intitulé « E », est-ce un « E » pour « éponyme » ? Non, pas vraiment, non. Ce titre a une double signification, l’une est évidente : « E » pour « Enslaved » et l’autre pour la rune « ehwaz ». Elle s’écrit comme un « M » latin mais se prononce « E » et signifie « cheval ». Le concept de l’album est lié à cette rune.

Peux-tu nous expliquer ce concept ? Il y a aussi un double concept. D’abord, dans la mythologie nordique, il y a Sleipnir, le cheval d’Odin,  qui a huit jambes et qui est le fils de Loki. Il y a aussi un géant qui a la capacité de se transformer en n’importe quelle créature, il représente le chaos. Et Sleipnir est le fruit d’une collaboration entre l’ordre et le chaos. C’est l’une des idées du concept. Cela parle aussi de la relation entre l’homme et le cheval et plus généralement, de la capacité de l’homme à se servir de la nature pour prospérer.

Qu’est-ce qui vous a mené à ce concept en particulier ? On voulait parler de cette rune, « E » et nous avons fait des recherches historiques la concernant pour pouvoir y lier un concept. On a voulu donner notre propre interprétation de la mythologie et cela s’est simplement passé comme ça, toutes les paroles sont en lien avec cette idée. Et à leur propos, on s’est inspirés du chamanisme pour les écrire.

La pochette est assez mystérieuse et rappelle un peu votre album « Riitiir », d’une certaine façon. Travaillez-vous toujours avec le même artiste ? Oui, on travaille avec le même artiste, Truls Espedal, depuis « Monumension », soit depuis 2001.

Sinon, comment décrirais-tu la musique d’Enslaved aujourd’hui ? Oh ! Je ne suis pas très bon en étiquettes, parce que ce n’est pas quelque chose qui m’intéresse. Je veux dire, j’aime la musique en général pour ce qu’elle est. À ce stade, je dirais que c’est de la musique expérimentale… En fait, on est tous des collectionneurs de musique, on écoute plein de choses différentes qui nous inspirent, il y a des couches infinies d’inspirations différentes qui composent notre musique. Je dirais que pour cet album on s’est surtout inspirés du Rock des années 70, quelque chose comme ça. Je n’aime pas le terme « progressif » de manière générale, parce que l’idée principale derrière la musique progressive c’est de développer certains cadres, d’aller au-delà de choses établies tout en respectant certaines règles. Pour obtenir de la musique prog, il faut certains éléments et personnellement, ça ne me convient pas. Il ne devrait pas y avoir de règles, en musique ! C’est pour ça que je dirais qu’on fait du Metal extrême inspiré du Rock des années 70… Qui était en fait progressif (rires) !

Est-ce bien du saxophone qu’on entendu sur le titre « Hiindsiight » ? Oui !

D’où vous est venue cette idée ? On avait fait une première version de cette chanson en collaboration avec le groupe Shining lors d’un concert et on a décidé de la reprendre et de la modifier un peu. On en reconnait certaines parties, mais les paroles et les lignes de chant sont vraiment différentes. Il y avait déjà du saxophone à la base, donc on en a remis, mais avec une approche différente avec plusieurs saxophonistes de Jazz très réputés en Norvège.

C’est surprenant pour un groupe de Metal… Oui, mais j’aime beaucoup ce genre de sonorités dans le Rock, comme le groupe King Crimson par exemple ou comme dans le Rock progressif à ses débuts, ce côté Jazz mêlé au Rock. À cette époque, le saxophone était un instrument crucial et il continue de l’être dans le Jazz Rock. Donc, pour nous ça ne semblait pas si étrange de faire ça (rires).

En général, vous composez des morceaux assez longs. Est-ce que cela vous est déjà venu à l’idée de sortir un album qui ne contiendrait qu’une seule chanson ? Non, jamais. Dans nos têtes, on conçoit des chansons qui durent entre huit et quinze minutes et si on devait en faire des plus longues, cela nous semblerait sûrement un peu forcé… Je ne nous imagine pas créer une chanson de trente minutes, je ne pense pas que ça nous réussirait. Si on aime écrire de longues chansons, c’est parce qu’on estime qu’au bout de quatre minutes, le morceau n’a pas révélé toutes ses facettes et on veut les exploiter jusqu’au bout, sinon on aurait l’impression que la chanson n’est pas finie.

Maintenant, dans un registre complètement différent, on peut dire que les Vikings sont à la mode en ce moment, probablement grâce à la série. Est-ce quelque chose qui vous aide à promouvoir le groupe ? Je tiens à dire que cette série est merdique (rires) ! Les armes ne sont pas bonnes, les armures, les costumes, les structures familiales, l’histoire… Tout ça à l’époque n’avait rien à voir avec ce qu’ils montrent, ils ont fait une adaptation pour que ça passe bien à la télévision. Je ne parle pas des coiffures et du maquillage, ça n’a jamais ressemblé à ça ! Tout est faux là-dedans, c’est vraiment stupide.

Donc si la production de la série vous proposait une collab… Non, jamais ! Qu’ils demandent à d’autres (rires) ! Cela dit, je n’ai rien contre les gens qui aiment cette série… Mais, c’est mieux de s’intéresser à la véritable histoire et ne pas croire ce truc hollywoodien pourri (rires).

Sinon, vous partez en tournée prochainement, savez-vous avec qui ? Non. Enfin, peut-être que certains le savent mais moi pas encore (rires) !

Et vous préparez quelque chose de spécial pour cette tournée ? Hm, non. J’espère que ce sera suffisamment spécial que l’on joue nos nouveaux morceaux, que le public en sera content. Nous, on le sera, en tout cas.

En plus de 25 ans de carrière maintenant, vous avez accompli beaucoup de choses. Est-ce qu’il y encore un rêve que tu souhaiterais réaliser ? Ah ! J’aimerais beaucoup jouer sur chaque continent. Le mois prochain, nous jouons au Brésil, donc il ne nous restera plus que l’Afrique et l’Antarctique et ça, ce serait un bel accomplissement pour moi. Pour le reste, j’espère qu’on continuera à jouer de la bonne musique, de la musique qui nous plait. On n’est pas le genre de groupe à vouloir devenir populaire, ça ne nous intéresse pas.

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