[ARCHIVES] Interview avec Evergrey

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« The Storm Within », le prochain album des Suédois d’Evergrey est prévu pour le neuf septembre et nous vous proposons aujourd’hui d’en savoir un peu plus sur ce nouvel opus que le groupe décrit comme l’un des plus aboutis de sa carrière. À l’occasion de la journée promotionnelle organisée par The Rock Online, nous avons eu l’opportunité d’en discuter plus concrètement avec le chanteur du groupe, Tom S. Englund.

Alors, pour commencer, comment se passe cette première journée de promotion ? Eh bien, ça s’est très bien passé, on a diffusé l’album pour la première fois et les gens ont été très réceptifs, donc on est heureux, c’est déjà un premier pas. On est aussi très contents de pouvoir commencer à parler librement de cet album sur lequel on travaille quand même depuis assez longtemps, c’est-à-dire un an à peu près.

Et quel genre de retours avez-vous déjà eu aujourd’hui à ce propos ? Eh bien, nous avons rencontré une dizaine de personnes auxquelles nous avons fait écouter l’album, pour qu’elles nous disent la vérité et je dois dire que la majorité d’entre elles étaient ravies de cet album. Certains ont dit que c’était un album plus sombre, mais dans la continuité de « Hymns For The Broken » et c’est ce qu’on pense aussi. On est heureux et très impatients que les fans puissent écouter cette musique, car cela fait un bout de temps quand même qu’ils attendent. Et nous aussi. Mais pour l’instant, on doit s’occuper de vous, les journalistes !

Est-ce que tu as personnellement une chanson préférée sur cet album dont tu voudrais partager la signification avec nous ? C’est difficile à dire, je pense que c’est plutôt un ensemble… À vrai dire, je pense qu’il s’agit du premier album sur lequel l’amour est le thème principal : on parle de relations, de cœurs brisés et de comment l’on redevient une personne seule après avoir été très longtemps avec quelqu’un et aussi de comment gérer ses pensées changeantes, quand la paix et la colère se mélangent dans la tête à ce moment-là. En fait, quand cela arrive, on doit se détacher de tout pour redevenir une seule personne à nouveau, tu comprends ? Comment on apprend à vivre sans l’autre, qu’il s’agisse d’une séparation par la mort, ou si quelqu’un te quitte… En fait, de tout ça, j’en ai fait une histoire à part entière que j’ai transposée dans un univers interstellaire. Parce que ce que j’imagine, c’est qu’on ne peut être plus seul que sur une planète dont tu es le seul habitant, c’est en tout cas l’image que j’ai voulu représenter et qui m’est venue lorsque j’étais en train d’écrire les paroles.

Et comment en es-tu arrivé à ce thème, cette idée en particulier ? C’est une idée commune entre Jonas, le batteur et moi, on a produit cet album ensemble et quand on a commencé à travailler dessus, nous écoutions beaucoup un groupe d’électro français qui s’appelle M83 et un beau jour ce groupe a fait une chanson avec une artiste norvégienne qu’on adore, Susanne Sundfor. Ensemble, ils ont fait une chanson pour le film « Oblivion » et quand je l’ai entendue, c’était un mariage parfait pour moi, j’ai été comme happé dans cette ambiance, cette « vibe » en rapport avec le film. Et Jonas a aussi été très pris par ça et a imaginé un son au clavier que l’on retrouve à peu près sur tous les morceaux, comme fil conducteur de l’album. Les gens ne l’entendront pas forcément, parce que l’on a créé ce son pour nous, pour créer une limite, une sorte de bulle de créativité pour cet album.

Est-ce que tu peux aussi commenter l’artwork de cet album ? Tu l’as vu ?

Oui. D’accord, c’est bien. En fait on a utilisé le blanc et le noir sur un corps pour représenter le fait que quand quelqu’un nous abandonné, une partie de nous s’en va, tandis que d’autres choses restent et de nouveaux sentiments apparaissent. Le blanc et le noir représentent aussi le bien et le mal, les ténèbres et la lumière et cela représente bien « The Storm Within », « l’orage intérieur ». Et je pense que c’est ce que les gens traversent quand ils se séparent de quelqu’un, ils extériorisent des choses, mais d’autres se passent à l’intérieur et elles sont vraiment différentes. C’est un peu ce qu’on peut lire sur le visage de gens affectés par cela.

Et avec qui avez-vous travaillé pour cet artwork ? On a travaillé avec un artiste brésilien, Carlos Fides et c’est probablement l’une des personnes les plus talentueuses avec qui j’ai travaillé. Il a compris chaque détail de ce que je voulais, traduit chaque sentiment que j’imaginais. Concrètement, il s’est lancé directement dans le travail en comprenant parfaitement mes idées, suivant mon imagination et là où je voulais en venir. Pour le livret, je crois qu’il doit y avoir vingt pages, mais chacune d’entre elles ressemble à une œuvre d’art, tout comme les T-shirts etc… Il est vraiment super talentueux !

Sinon, avec cet album vous célébrez vos vingt ans de carrière, quel regard portez-vous sur ces vingt années quand vous  y pensez ? On pleure beaucoup, parce qu’on se dit qu’on est super vieux maintenant ! C’est une blague, pourquoi tu ne rigoles pas ?! En réalité, on ne réalise pas vraiment que ça fait vingt ans qu’Evergrey existe, c’est juste que la dernière fois qu’on est entrés en studio, on s’est dit qu’on faisait ça depuis 1996 et c’était passé tellement vite, c’est incroyable ! On est vraiment heureux de célébrer ces vingt ans de musique et on l’est d’autant plus quand on se rend compte qu’on a réussi à faire quelque chose de qualité, qu’on a des des fans qui nous soutiennent depuis nos débuts et qui nous font évoluer. Parce que quelque part, si l’on n’a pas de fans qui achètent nos albums, on ne peut pas envisager d’en enregistrer un suivant et si l’on n’a pas de fans, les labels ne nous font pas confiance et n’investissent pas dans notre musique non plus. Et on est très reconnaissant de ça et plus le temps passe, plus on vieillit, plus on se rend compte de cette nécessité d’impliquer les gens dans ce qu’on fait, qu’ils se sentent concernés par ce que l’on fait.

Et est-ce qu’il y a des choses que tu ferais différemment si tu savais ce que tu sais aujourd’hui ? Non ! Il y a peut-être bien tout un tas de choses que j’aurais fait différemment, mais je ne peux pas expliquer tout ça au téléphone (rires) !

Ok ! Alors, un nouvel album signifie généralement une nouvelle tournée, comment vous préparez-vous pour ça ? On ne se prépare pas vraiment. Enfin si, on répète, on joue notre musique et on essaie de la rendre aussi belle que possible… En dehors de ça, on joue ensemble depuis tellement longtemps maintenant qu’on est assez confiants sur le déroulement de nos prestations. Donc voilà, on joue surtout beaucoup les nouveaux morceaux, on décide ensemble de la setlist et c’est à peu près tout.

D’accord. Autrement, vous avez joué pas mal de fois en Belgique, quels souvenirs en avez-vous gardé ? J’ai tellement de bons souvenirs de Belgique ! À vrai dire, on a presque passé autant de temps en Belgique et en Hollande que dans notre pays, la Suède. Cela fait vraiment partie de notre vie en fait, on y a joué tellement des concerts, tant des petits que des très grands, du Biebob au Graspop. C’est trop de souvenirs pour pouvoir en faire une seule phrase, mais ce dont je me rappelle surtout, c’est que les gens en Belgique, les fans, sont vraiment chouettes, accueillants et nous font sentir comme si on était à la maison.

Est-ce que tu as une bière belge préférée ? Oui ! Je pense qu’elle est belge… Non, je rigole, je sais que c’est une bière belge, c’est la Triple Karmeliet. Je viens d’en boire quatre comme ça, ça ne s’entend pas (rires) ?! Non mais c’est vrai ! Grâce à ça, je ne peux dire que la vérité, d’ailleurs !

Santé, alors ! Par ailleurs, j’ai déjà vu pas mal de gens avec des tatouages d’Evergrey, qu’est-ce que tu penses de ça ? Je me sens honoré, vraiment. De savoir que la musique d’Evergrey ait pu avoir un impact aussi important dans la vie de quelqu’un, que ça en devient presque plus important pour lui que pour nous. Je suis vraiment reconnaissant envers nos fans, pour tout leur soutien, vraiment et je n’en reviens pas parfois. Quand j’étais ado, je n’aurai jamais imaginé que des gens puissent ce faire tatouer le logo de mon groupe et aujourd’hui, il y en a plein, c’est dingue… Mais je pense que c’est aussi une façon pour eux de nous montrer leur respect… Et pour moi, c’est un immense honneur.

Ah oui et j’oubliais, peux-tu me dire quand est-ce que le premier clip réalisé avec Patric Ullaeus sortira ? Je pense que c’est prévu pour le 27 juillet, pour la chanson « Distance ». Ensuite, on publiera deux autres vidéos avant la sortie de l’album.

Est-ce que tu peux en dire un peu plus sur ces vidéos, ou tu préfères garder cela secret ? En fait, comme cela fait partie du concept, nous avons tourné ces trois vidéos en Islande en même temps. Quand on a pensé à l’univers visuel de l’album, quand on a commencé à imaginer les vidéos, on s’est dit qu’il fallait faire ça en Islande. Et heureusement, on a eu la chance que cela puisse se faire ! Nous sommes allés tourner cela il y a quelques semaines et c’était vraiment bien. Donc, il y aura trois vidéos sur la même thématique, mais elles seront tout de même différentes, avec des points de vue différents et des scénarios différents également. Mais sinon, ce pays est magnifique, c’est un trésor pour les artistes et les réalisateurs, c’était comme un rêve d’être là-bas et de pouvoir tourner ces vidéos… Oui, j’ai vraiment du mal à l’expliquer en fait, vous comprendrez mieux quand la vidéo sortira, je pense, c’est magnifique.

Eh bien, j’ai vraiment hâte de voir ça maintenant ! Avez-vous quelques mots pour vos fans belges pour terminer cette interview ? Oui, j’ai toujours un mot pour eux, car comme je l’ai dit tout à l’heure, la Belgique a toujours été là pour nous, on a toujours fait notre possible pour être là pour la Belgique également. Je me souviens qu’on a rencontré des problèmes lors d’une tournée où on nous a volé des affaires en Italie… Mais comme nous sommes repassés par la Belgique et la Hollande, on s’est senti beaucoup mieux, traités avec beaucoup de respect et d’attention. Et ces deux pays seront toujours dans nos cœurs ! On est impatients de vous revoir et on espère que vous aimerez cet album, « The Storm Within ».

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