[ARCHIVES] Interview avec Franky Costanza

frankycostanza
Photo: Eric Munck

À l’occasion de la première venue en Belgique du groupe de Black Metal Symphonique, Blazing War Machine, le 29 octobre prochain lors du Kraken Metal Fest, nous vous proposons une interview avec son illustre batteur, Franky Costanza.

Hello Franky, ça fait un moment qu’on avait  envie de faire cette interview, les événements s’y prêtent bien. Dans un premier temps, peux-tu te décrire en tant que musicien depuis tes débuts ? J’ai commencé la batterie à l’adolescence, vers mes treize ans, j’ai eu mon premier kit et je me suis beaucoup entrainé. Plus tard, quand je me suis senti prêt, j’ai commencé à postuler dans des groupes et à 18 ans, j’ai intégré Dagoba.

Et est-ce que la batterie est le seul instrument que tu joues ou aies joué ? Je me débrouille aussi à la guitare, peut-être pas au point de vraiment composer et de jouer sur scène, mais je joue un peu. Un peu de clavier aussi, mais sans plus. Par exemple, pour mon cover du thème de Walking Dead, j’ai fait les arrangements moi-même.

Tu as traversé 17 années et 6 albums avec Dagoba, quel en est ton meilleur souvenir ? Il y a une date qui m’a vraiment marqué, c’est lorsque l’on a joué à Bilbao en ouverture de Metallica, ça reste vraiment un de mes meilleurs souvenirs, d’avoir eu cette opportunité, c’était vraiment énorme !

Blazing War Machine existe depuis 2005, mais l’arrivée d’Irina en 2013 et ton départ de Dagoba en 2016 semblent seulement donner vie à ce groupe. Ton emploi du temps était-il un frein à l’avancée du groupe ? Eh bien, probablement que oui, car Dagoba demandait beaucoup d’investissement. Avec Blazing, j’ai dû retarder des enregistrements, le groupe devait patienter pour les répétitions quand je partais plus d’un mois en tournée, même si on s’arrangeait pour avoir une logistique qui permettait d’avancer. Mais bon, quand tu es absent, ça avance forcément moins vite. Puis, au niveau des concerts, je donnais la priorité à Dagoba et ils pouvaient tomber à n’importe quel moment, il fallait vraiment des coups de chance pour avoir des créneaux dispos où on a pu faire quelques concerts de Blazing, mais si on arrivait à faire cinq concerts à l’année, c’était le bout du monde ! Et forcément, avec cinq concerts par an, c’est difficile de faire grandir le groupe. Et maintenant que c’est terminé avec Dagoba, sur septembre on a déjà sept ou huit concerts de prévus. Donc on aura en un mois ce qu’on faisait pratiquement sur deux ans ! Là, on ressent vraiment une effervescence et on a envie de rattraper le temps perdu, de mettre le turbo.

BWM et Dagoba ont des sonorités très différentes, où te situes-tu ? Quel style de musique écoutes-tu et quel style préfères-tu jouer ? Alors, pour les styles que je préfère écouter, je dirais que c’est le Hard Rock américain des années 80-90, voire même du Glam. Disons que c’est mon premier amour musical et je n’ai jamais décroché de ces groupes-là : Guns N’ Roses, Motley Crue, Cinderella, Def Leppard, Scorpions, Poison… Vraiment ce gros Hard Rock US et après, le contraste peut paraître fou, mais ce qui me prend les tripes aussi, c’est le Black Sympho que j’ai vraiment adoré avec les débuts de Cradle Of Filth dont les premiers albums ont été pour moi une révélation. Puis, Dimmu Borgir, Fleshgod Apocalypse, Septic Flesh, Carach Angren, donc tout ce qui est extrême comme ça me plaît beaucoup ! Après, j’aime tous les courants de Metal, je suis un grand fan de Thrash, j’adore Kreator, Slayer… En fait, il y a des groupes que j’adore dans tous les styles de Metal ! Mais après, je suis très fermé musicalement, c’est-à-dire que si on me demande d’écouter du Funk ou du R’n’B, j’ai du mal ! Par contre, dans la grande famille du Rock, j’écoute de tout, des Stones à Elvis, tant qu’il y a une vraie batterie et une guitare électrique, je suis preneur !

D’accord. Et au niveau des groupes français, est-ce qu’il y en a qui te sont plus proches humainement ou musicalement ? Alors, je citerai en premier Gojira, groupe avec lequel on a fait nos premiers déplacements à l’étranger. Je les adore aussi humainement, ce sont des gens qui ont un grand cœur et un bel état d’esprit et musicalement, ils ont vraiment leur personnalité, leur signature, des compos imparables et en live, ce sont vraiment des musiciens hors pairs et quand on les voit, on se prend un rouleau compresseur à chaque concert, donc je suis vraiment fan, c’est mon groupe français préféré. Après, j’aime bien des groupes comme Trepalium, Benighted, Rise Of The Northstar, Eths, Gorod, aussi le groupe Sympho Malevolentia avec une chanteuse et là dernièrement, Deathcode Society. Ce sont des groupes assez underground, mais je trouve qu’ils sont de super qualité. Ah et Otargos aussi, j’aime beaucoup.

Sinon, on l’a évoqué tout à l’heure, mais tu as donc fait une reprise de la bande originale de « The Walking Dead », tu es fan de cette série ? Et est-ce que tu te sens proche de l’univers horrifique en général ? C’est la mode des séries depuis quelques années et c’est la seule série à laquelle j’ai accroché. J’avoue que j’entends énormément parler de Game Of Thrones, de séries policières… Il y a des tonnes de séries en ce moment, mais c’est la seule que j’ai regardé en entier jusqu’à présent. J’accroche vraiment au concept survivaliste et ce ne sont pas vraiment les zombies qui m’attirent, c’est plus le fait qu’il faut survivre et aussi le caractère humain des acteurs. J’avais aimé les deux films « 28 Jours Plus Tard » et « 28 Semaines Plus Tard » et ça m’y a fait penser, du coup j’adore suivre cette série. Ensuite, en ce qui concerne l’univers de l’horreur, j’avais bien aimé les deux films de Rob Zombie, « La Maison des Mille Morts » et « The Devil’s Reject » et après, les grand classiques : « La Colline a Des Yeux », ce genre de trucs, j’aime beaucoup aussi.

Tu as de nombreux fans et ta proximité avec le public est quelques choses de rare, on te voit plus souvent dans la salle qu’en backstage, est-ce un besoin vital pour toi ? Ah oui ! Clairement, c’est un besoin vital, c’est ma récompense numéro un en tant que musicien, si je vois quelqu’un qui me demande une photo ou qui vient discuter avec un grand sourire et qui me dit qu’il a adoré le concert et qu’il a passé un bon moment… Pour moi, c’est la plus belle des récompenses. Donc, je suis vraiment friand de ces rencontres, c’est ce qui me fait vivre, donner du plaisir aux gens, en prendre moi-même sur scène et si je réussis ça et que les gens sont contents à la fin, j’ai réussi ma soirée. C’est vraiment ce que je recherche en premier et c’est vrai que sur le coup, je me suis dit que c’est ce qui allait me manquer le plus après ma rupture avec Dagoba et je vais me battre pour ne pas perdre ça parce que c’est une de mes plus belles richesses, cet amour du public, ça m’est très cher.

Tu es à la base de Serial Drummer, un espace shop dédié aux batteurs, peux-tu nous expliquer un peu comment cela s’est passé ? Eh bien, c’est une marque que j’ai créé il y a à peu près dix ans. J’avais en tête depuis un moment de créer des t-shirts, des débardeurs, des shorts… Au départ, le concept c’était de créer des fringues pour les batteurs pour qu’ils soient à l’aise sur scène et déjà moi, en premier, je me rappelle que c’était ma première recherche. Donc, j’ai essayé de trouver des tissus aérés, faciles à sécher et agréables pour jouer. Une fois que j’ai trouvé ces produits vierges-là, je me suis mis à coucher sur papier les idées que j’avais en tête et les premiers designs qui me sont venus étaient en lien avec la piraterie. J’ai toujours adoré les bandanas, les crânes etc., sauf qu’à la place des couteaux derrière le crâne, je mettais des baguettes. Donc, les visuels se voulaient très Rock, mais toujours liés à la batterie, ou alors des slogans comme « Born To Blast », « In Drums We Trust » et donc je m’amusais à créer ces visuels qui me plaisaient avec les couleurs qui me correspondaient et j’ai lancé la boutique en ligne pour vendre tout ça par correspondance. Et au fur et à mesure des années, le nom a commencé à circuler, de plus en plus et j’ai commencé à sponsoriser des groupes dès que j’ai eu un peu de budget, en leur offrant des habits ou des super pourcentages, selon la notoriété du groupe. Bon, j’aimerai en offrir à tout le monde, mais ce n’est pas vraiment possible… Mais bon, tous les groupes ont leur chance de rentrer dans l’écurie de Serial Drummer à différents niveaux. Et du coup, j’ai pas mal d’ambassadeurs internationaux qui font un relais promotionnel. Je pense à des batteurs comme Georges Kollias de Nile, Mario de Gojira, Dirk de Soilwork et maintenant Megadeth, d’ailleurs félicitations à lui ! Donc voilà, j’arrive à avoir ces artistes-là qui ont un rayonnement international et ça marche de mieux en mieux. Ici, on a tenté l’expérience pour la première fois en tant qu’exposant au Hellfest et c’était vraiment génial. Déjà, humainement, le fait de rencontrer des fans, celui de retrouver un paquet d’amis, c’était génial. Mais aussi au niveau de l’efficacité du stand, c’était vraiment très concluant, donc ça nous donne envie de refaire ça sur d’autres festivals ou lors de masterclass.

BWM sera pour la première fois en Belgique le 29 octobre en compagnie de Dagoba, tu as un mot particulier à laisser à nos lecteurs ? Eh bien, je vous donne rendez-vous au Kraken Fest en octobre, on se languit vraiment avec le groupe de vous retrouver sur scène. Ce sera la première fois pour nous en Belgique et on va donner le maximum pour vous régaler !

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s