[ARCHIVES] Interview avec Izegrim (FR)

Izegrim_ferryman

Quelques jours avant la sortie du tout nouvel album de nos voisins hollandais d’Izegrim, « The Ferryman’s End », nous avons eu l’occasion de faire le point sur l’actualité du groupe avec Jeroen, l’un des guitaristes, ainsi que Marloes, la chanteuse et bassiste.

Votre prochain album “The Ferryman’s End” est sur le point de sortir, comment vous sentez-vous par rapport à cela ? Jeroen: Eh bien, de plus en plus de chroniques sont publiées ces jours-ci et je dois admettre que les retours positifs que nous recevons vont au-delà de nos attentes. Bien sûr, je dois dire que c’est le meilleur album que nous n’avons jamais fait, tous les groupes doivent dire ça (rires), mais voir les réactions de la presse et, plus important encore, de la part de nos fans, c’est fantastique. Oui, l’on pourrait dire qu’on se sent victorieux avec le résultat final ! On sent que tout l’investissement que nous avons mis dans cet album ces deux dernières années est en train de payer.

Pouvez-vous expliquer ce titre, “The Ferryman’s End”, est-il lié à un concept potentiel ? Marloes : Oui, c’est un album avec un thème principal ou un concept, si on peut dire. J’ai de l’intérêt, parfois effrayant, pour l’esprit malade et tordu du cerveau humain. C’est intéressant d’enquêter sur le fonctionnement du cerveau ; pourquoi (et comment) certaines personnes commettent d’horribles crimes ? Comment est-ce possible que notre voisin peut se révéler être un tueur ? Ce genre de thème est récurrent sur nos albums. Pour ce nouvel opus, je me suis glissée dans l’esprit d’un meurtrier qui attend dans le couloir de la mort. Sur notre premier titre (« White Walls »), le personnage principal attend d’être exécuté, il regarde les murs blancs qui l’entourent. Les chansons qui se succèdent ensuite sur l’album constituent à chaque fois un voyage au cœur de son esprit dérangé. Sur le dernier morceau, notre personnage tue le « Ferryman », le passeur. C’est son dernier acte cruel contre toute la race humaine, ne pouvant plus traverser la rivière et chaque âme décédée est désormais condamnée à errer pour toujours.

Aussi, l’artwork de cet album est très différent des précédents, cela ressemble plus à une peinture cette fois. Pouvez-vous commenter cela, nous expliquer sa signification et avec qui vous avez travaillé pour le réaliser ? Marloes : La première fois que notre label a entendu les nouvelles chansons,  ils ont immédiatement dit que cela sonnait old school et authentique et que nous avions besoin d’un artwork qui soit proche de la musique. Le groupe Satan, qui fait partie du même label que nous, a des couvertures d’albums fantastiques, peintes à la main par Eliran Kantor, un artiste génial. Donc, notre label a proposé une collaboration avec Eliran. Bien sûr, nous connaissions son magnifique travail et on était absolument ravis de travailler avec lui. Nous lui avons donc expliqué notre concept, après quoi il nous a proposé un brouillon, que nous avons accepté parce qu’il avait parfaitement interprété ce concept. Puis, il a commencé à peindre. Et effectivement, le résultat final est absolument stupéfiant. On ne voulait pas une pochette sanglante, mais quelque chose d’un peu sinistre, sombre et torturé. Et il a réussi à obtenir ça sur une toile, le résultat est incroyable.

Pouvez-vous résumer le procédé de creation de cet album, de son écriture à son enregistrement, comment cela s’est passé, avec qui vous avez travaillé, etc. ? Jeroen : Nous avons le luxe d’avoir notre propre salle de répète que nous pouvons utiliser tout le temps et nous avons les outils appropriés pour enregistrer nos sessions et s’occuper de la pré-production. Nous n’avons pas vraiment changé quoi que ce soit à notre fonctionnement avant d’entrer en studio. Nous avons écrit et composé cet album de la même façon que pour le précédent. Au studio, nous avons décidé d’enregistrer le plus simplement possible. Pas d’interminables repiquages sur les guitares, pas d’autres manipulations sur le son. Du style : « Ce que tu entends, c’est ce que tu as ». La batterie, deux guitares, une basse et une femme furieuse qui hurle. Rien de plus, rien de moins.  Nous avions déjà un certain son de guitare en tête avant d’entrer au Soundlodge Studio en Allemagne. Jorg Üken de ce studio savait exactement de quoi nous parlions et la chose amusante, c’est qu’il a réussi à saisir un ampli génial le soir avant de commencer l’enregistrement des guitares. On s’est branché dessus, monté le volume et le son tapait dans le mille !

Sinon, comment décririez-vous cet album d’un point de vue musical ? Jeroen : Dans d’autres interviews, j’ai dit que nous étions revenus aux basiques sur cet album. Cela ne signifie pas que nous ne sommes pas satisfaits de nos précédentes sorties, nous travaillons juste un peu différemment maintenant avec les compositions et les structures des morceaux. Quand une chanson est parfaite avec juste quatre différents riffs de guitare, elle ne nécessite pas forcément de riffs supplémentaires. Pour « The Ferryman’s End », nous avons plus travaillé sur des riffs individuels et des structures uniques. Nous avons parfois effacé quelques riffs de certaines chansons, simplement parce que la structure était parfaite telle quelle. Je pense que ça le fait maintenant, avec cette nouvelle approche, même si ça nous a coûté du sang, de la sueur, des larmes et beaucoup d’alcool (rires). Cela ressemble toujours à du Izegrim ; un bon mélange entre le Death et le Thrash ; bien qu’on tend plus vers le Death que le Thrash aujourd’hui. Mais c’est un changement minime.

En janvier, vous avez sorti un premier teaser de l’album, “White Walls”, avec une lyrics video. Pensez-vous que ce genre de média est plus efficace aujourd’hui pour intéresser le public, ou c’est juste une question de tendance ? Jeroen : Hm, tendance, tendance… Je n’appellerais pas ça une tendance. C’est juste une nouvelle technique via laquelle les groupes peuvent présenter une nouvelle chanson à leurs fans. Cela contient la chanson, les paroles et un premier aperçu de l’artwork ; un moyen parfait et efficace de présenter les nouveautés. C’est certainement vrai que la plupart des groupes propose des lyrics vidéo aujourd’hui, mais quand c’est bien fait, cela peut être très intéressant à regarder. Et avec un petit budget, on peut avoir un super résultat !

Izegrim existe depuis vingt ans maintenant, c’est énorme. Selon vous, qu’est-ce qui diffère aujourd’hui sur la scène Metal ? Aussi, pouvez-vous commenter l’évolution d’Izegrim sur ces vingt années ? Jeroen : Ce qui est différent aujourd’hui sur la scène Metal ? Hm, bien ; je suis vraiment inquiet parfois. Je veux dire quand on voit des groupes comme Babymetal et compagnie ?! Allez, qu’est-ce qui se passe ??? Non, ce n’est vraiment pas ma tasse de thé. J’aime le Metal pur, old school, sans chichi, sans gimmicks, jouez de la p*tain de musique et arrêtez de vous comporter comme dans un cirque. Bon, c’était mon grain de sel à propos de la scène actuelle (rires). Je veux dire, il y a encore des tas de groupes que j’aime, beaucoup trop à mentionner (rires). Notre évolution ? J’ai commencé ce groupe il y a vingt ans, lors d’une conversation arrosée avec notre ancien batteur. On s’est vraiment éclatés entre 1996 et 2008 ; on a même fait une tournée européenne durant cette période. Mais 2008 a vraiment marqué le début d’une nouvelle ère pour Izegrim. On est passé d’un niveau plus ou moins amateur à quelque chose de plus professionnel. On a toujours le même line-up depuis presque huit ans ! Cela en dit assez, je suppose… Tous les quatre, on forme une équipe parfaite, on se crève le c*l au travail et je suis vraiment très fier de ce que nous avons accompli jusqu’à présent ! On est passé d’un groupe Doom mélodique à cette machine Death/Thrash brutale et barbare. J’adore !

Et dans vingt ans de plus, Izegrim sera… ? Jeroen : Mort et enterré ! Je n’ai aucune idée de ce qu’on fera dans vingt ans. Peut-être que je serai devenu sourd et qu’on m’aura viré du groupe ! (rires)

Bien, j’en demande beaucoup, mais quel serait votre meilleur souvenir en tant que musicien jusqu’à present ? Jeroen : Jouer au 70.000 Tons Of Metal en 2014 était absolument LE temps fort de notre carrière musicale. L’entièreté du voyage était comme un grand huit, une continuité de nouvelles impressions, de moments forts, de fêtes et de rencontres. Et gagner le Cripper Award du meilleur groupe à bord a été la cerise sur le gâteau. On espère avoir à nouveau une chance de jouer sur la prochaine édition, ce serait génial.

Vous avez déjà joué avec beaucoup de groupes, mais y en-a-t-il encore un avec lequel vous voudriez partager une affiche un jour ? Jeroen : Oh, euh… Partager la scène avec un de ces énormes groupes comme Maiden, Metallica ou Mötley Crüe est un rêve qui ne se réalisera jamais (rires). Ça doit mettre une claque de jouer en face de tellement de gens, ce serait incroyable. Ah oui, on a eu quelques bons concerts dans le passé avec des grands noms de la scène, donc je suis pleinement satisfait avec le fait que nous ne jouerons jamais dans un stade (rires).

Autrement, j’ai une question plus spécifique pour Marloes : Selon Floor de Nightwish, c’est plutôt sexiste aujourd’hui de dire qu’un groupe est « female fronted » et de classer les groupes de cette façon. Qu’en penses-tu ? Et est-ce plus facile d’être une femme dans un groupe de Metal aujourd’hui ou non ? Marloes : Jamais de la vie nous n’avons utilisé le terme “female fronted”… Je déteste ça, simplement. Tu sais, je fais juste partie des gars, un membre du groupe. C’est tout, ni plus, ni moins. Je hurle à pleins poumons sur scène, je me saoule avec nos fans… Je n’ai jamais envisagé le Metal de façon sexiste ou avec une autre terminologie à la con. C’est juste de la musique, ne rendez pas ça plus compliqué. C’est bien si Floor a une certaine opinion là-dessus ; j’ai juste une opinion sur ce genre de stigmate : la haine (rires). Et comprenez-moi bien, il y a de bons groupes dans ce genre ; mais je n’aime pas tout le buzz qu’on fait autour de ça et je pense que j’ai été assez claire maintenant (rires).

Maintenant, ma dernière question : quels sont vos projets pour les prochains mois pour promouvoir votre album ? Avez-vous prévu une nouvelle vidéo, par exemple ? Allez-vous tourner ? Jeroen : Absolument, notre agence de booking est actuellement en train de travailler sur de nouvelles dates et une possible tournée plus tard cette année. Malheureusement, je ne peux dévoiler aucun détail pour le moment, mais nous traverserons à nouveau l’Europe ! Et en effet, nous allons tourner un nouveau clip dans les prochains mois. Assez de nouvelles choses pour nous maintenir très occupés (rires) !

Et voilà, merci beaucoup pour l’attention portée à cette interview et si vous avez quelque chose à ajouter pour terminer, n’hésitez pas ! Jeroen : Merci. À la vôtre et on espère vous voir tous à l’un de nos concerts. Nous annoncerons très prochainement de nouvelles dates, alors restez connectés !

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