[ARCHIVES] Interview avec Arch Enemy

archenemy_asthestagesburn

Après la sortie de « War Eternal » en 2014, Arch Enemy n’a cessé d’enchaîner les tournées à travers le monde. Aujourd’hui, le groupe semble prêt à clore ce chapitre de son histoire et prend tout doucement la route du studio pour en rédiger un nouveau. Mais avant cela, le combo Death mélodique originaire de Suède se prépare à sortir un nouveau DVD live, « As The Stages As Burn ». L’occasion pour nous d’échanger à ce sujet avec Sharlee D’Angelo (basse).

Tout d’abord, quelques questions pratiques : pourquoi avoir choisi de travailler avec Patric Ullaeus pour enregistrer ce DVD ? Je pense que c’était un choix évident pour nous. Il a réalisé pas mal de nos clips par le passé et c’est quelqu’un que l’on connait bien. On aime beaucoup travailler avec lui et c’est aussi très facile de travailler avec lui, on est sur la même longueur d’onde. J’aime regarder son travail et je sais à quel point il est bon dans ce qu’il fait, même dans des circonstances difficiles. J’aime aussi sa façon d’éditer après le tournage. Aussi, il ne faut pas spécialement lui expliquer ce que tu veux, il sait ce qu’il a à faire et ce qui en ressort est toujours excellent.

Ensuite, pourquoi avoir choisi de tourner lors du Wacken, en particulier ? Je pense que ça s’est décidé quand ce concert a été confirmé, notre plage horaire s’y prêtait car on ne jouerait pas à la lumière du jour et comme la scène là-bas le permet, on s’est dit que c’était l’occasion d’investir dans une production scénique plus importante et que ce serait intéressant de filmer ça également. Ça fait presque neuf ans que l’on n’a plus sorti de DVD et donc, nous n’avons pas de DVD avec Alissa et Jeff depuis qu’ils sont dans le groupe. Puis, faire ce DVD, c’est aussi une façon de remercier tous les gens qui sont venus nous voir tout au long de nos tournées. Finalement, il y a beaucoup de raisons qui ont fait que c’était l’occasion ou jamais d’immortaliser ce concert !

Est-ce que dans un certain sens, ce DVD n’est pas aussi une façon pour Arch Enemy de clôturer l’ère de « War Eternal » ? D’une certaine manière, oui, il y a un peu de ça. Il nous reste encore quelques concerts à donner cette année, on repart pour une poignée de shows au mois d’avril, puis cet été et après je pense qu’on en aura terminé avec « War Eternal ». On aurait pu continuer comme ça quelques années de plus, mais il est temps de se concentrer pour écrire de nouveaux morceaux.

Depuis la sortie de cet album en 2014, on a l’impression que vous n’avez jamais arrêté de tourner autour monde, quelles sont tes impressions quand tu penses à tout ce temps passé sur la route ? C’est un sentiment extrêmement positif, en fait. Sur une année, on a cumulé un nombre de dates incroyable, plus que jamais auparavant. Ça a été beaucoup de travail, beaucoup de voyages, c’est fatigant, mais ce sont des choses qu’on oublie vite quand on pense aux expériences fantastiques que l’on a vécues. Ça a aussi été le début d’une nouvelle ère pour nous, on se sentait incertains, on ne savait pas ce qui allait se passer et si on allait devoir recommencer en bas de l’échelle… Parce que, quand tu changes de chanteuse, tu ne sais jamais comment les gens vont réagir et si ça va bien se passer. Donc, on s’était préparé à fournir beaucoup d’efforts pour défendre « War Eternal » et retrouver le niveau qu’on avait auparavant. Et finalement, ce qui s’est passé, c’est qu’avec toutes ces dates, on a atteint un niveau supérieur ! C’est une belle surprise de constater que les gens viennent nous voir en nombre et même si on a joué plusieurs fois dans le même pays, ils sont revenus et de plus en plus nombreux. D’abord, ils viennent parce qu’ils sont curieux et s’ils ne reviennent pas, c’est parce que c’était mauvais, mais s’ils reviennent encore et encore… Ça a été une tournée fantastique et ça a aussi solidifié le groupe, nous sommes vraiment plus unis que jamais !

Par ailleurs, ce n’est pas trop dur de revenir à la vie normale de temps en temps ? Hm, c’est parfois un peu bizarre… Genre, tu es chez toi et tu te demandes : « Quand est-ce que le dîner sera servi ? », puis je réalise que je dois le faire moi-même, parce qu’il n’y a personne qui cuisine pour moi ici (rires) ! Mais ma vie est comme ça depuis plus de vingt ans maintenant, partir, revenir… Tu apprends à t’adapter et quand tu reviens d’une longue tournée, tu prends ton temps et tu finis par revenir à une routine classique. Cela dit, quand on rentre à la maison, on n’a pas tant de temps libre que ça, il est toujours question de musique, on travaille sur de nouvelles idées. C’est toujours sympa de rentrer un moment pour se détendre, voir des amis, mais aussi pour se retrouver seul. Car ça, c’est un luxe qui n’existe pratiquement pas en tournée, avoir du temps avec soi-même.

D’un autre côté, tu as réussi à travailler sur deux nouvelles sorties l’année dernière, l’une avec Spiritual Beggars, l’autre avec Witchery. Cela n’a pas été trop difficile ou c’est juste une question d’organisation ? C’est sûr que l’organisation est la clé de tout. C’est toujours compliqué de réunir tout le monde à un moment donné, mais on y arrive. Et comme je le disais, quand on rentre à la maison, on peut se tourner les pouces un moment, faire des trucs normaux, mais en ce qui me concerne, je suis quelqu’un de déterminé et depuis que la musique, qui était mon hobby, est devenue mon job, je n’ai plus de hobby. Du coup, jouer avec d’autres groupes, c’est ma façon de m’amuser ! Et à partir du moment où les agendas s’accordent, j’aime occuper mon temps libre de cette façon. Aussi, c’est rafraichissant de jouer d’autres styles de musique avec d’autres personnes.

Retour sur Arch Enemy en tournée, maintenant. Est-ce que vous effectuez certains rituels avant de monter sur scène ? Ce ne sont pas vraiment des rituels, mais chacun d’entre nous a ses petites habitudes, comme s’échauffer, répéter, enfiler sa tenue de scène,… Autrement, avant de monter sur scène, on se retrouve tous les cinq, on échange quelques mots, on vérifie que tout le monde va bien et puis c’est parti, on y va. Et on fait ça tous les soirs.

Est-ce que tu te sens encore nerveux avant d’entrer sur scène ? Je ne suis pas tellement nerveux, non, ça dépend des situations, je sais comment les choses doivent se passer, mais parfois lors de festivals, on ne peut pas jouer sur notre propre backline et ça, c’est stressant. Cependant, on peut vraiment faire confiance à notre équipe qui s’occupe de tout ça. Donc, on n’a pas tellement peur que quelque chose se passe mal, mais si on ressent une certaine forme de trac, c’est parce qu’on a hâte de rencontrer le public. On a un peu cette sensation de papillons dans le ventre, tu vois ? Je pense que c’est l’adrénaline qui monte tout doucement avant un concert et qui te fait te sentir un peu bizarre. Donc, c’est plutôt quelque chose de positif. Et je pense que c’est nécessaire d’avoir cette sorte d’angoisse, parce que si on perd cette sensation, c’est qu’on est blasé.

Et ça fait quoi de voir et d’entendre des milliers de personnes crier et reprendre vos chansons ? C’est la meilleure chose au monde ! Quand tu as voyagé, que tu es fatigué, que tu n’es pas au top de ta forme, ce qui arrive parfois… Et quand tu arrives devant tous ces gens qui apprécient ce que tu fais, que tu vois leurs visages ravis, cela redonne un flot d’énergie incroyable. Peu importe les problèmes que tu as eus avant, tout disparait, c’est incroyable et c’est vraiment la meilleure des sensations ! C’est assez difficile d’expliquer ça à quelqu’un qui ne l’a pas vécu et même si je n’ai pas expérimenté la drogue, j’imagine que ça doit ressembler à ça et pour moi, c’est la meilleure drogue qui soit !

Est-ce qu’il y a un moment que tu préfères pendant un concert ? Ça dépend, c’est différent à chaque concert. Souvent, ça dépend de la setlist qu’on propose, certaines chansons sont plus efficaces que d’autres. Ça dépend aussi de la réaction du public. Un moment que j’apprécie quand même, c’est lorsqu’à la fin on peut se dire que c’était un bon show et qu’après avoir remercié le public, on sort de scène, on se retrouve et on se dit : « Yes, c’était vraiment cool ! ». En fait, c’est difficile de choisir des moments en particulier, ce qui nous reste d’un concert, ce sont surtout des impressions générales, car quand on est sur scène, c’est parfois tellement intense qu’on n’a pas tellement le temps de penser, d’observer. C’est souvent le lendemain quand on en discute entre nous qu’on se rappelle certains moments précis.

Est-ce qu’il y a une chanson dont tu ne te lasseras jamais de jouer ? C’est difficile à dire, mais « Nemesis », on la joue systématiquement depuis 2005 et je ne pense pas m’en lasser un jour. « My Apocalypse », aussi… En général, ce sont les titres que le public préfère et qui sont donc toujours efficaces.

Cette question peut paraître un peu bizarre, mais c’est quelque chose que je me demande parfois. En général, quand on va à un concert de Metal et qu’on headbangue du début à la fin, le lendemain, la nuque est souvent douloureuse… Mais en tant que musicien, tu fais ça tous les soirs ou presque, y a-t-il un entrainement spécifique pour éviter d’avoir mal ? Si tu es un vrai métalleux, peu importe si tu es musicien ou pas, tu dois headbanguer tous les jours (rires) ! En fait, je ne sais pas, à part m’étirer un peu la nuque, je ne fais rien de vraiment spécial. Quand on commence une tournée, les deux ou trois premiers soirs, tu le sens passer le lendemain, mais après le corps semble s’habituer et on ne sent plus rien. Cela dit, j’ai lu quelques articles dernièrement où certains musiciens expliquaient avoir des problèmes de cervicales, ils ont même dû être opérés et c’est certainement dû aux années d’headbanging. Néanmoins, j’utilise ces muscles depuis des années et je n’ai pas de problèmes liés à ça, j’ai de la chance. J’ai été fait pour le Metal (rires) !

D’un autre côté, tu fais partie d’Arch Enemy depuis pratiquement ses débuts, qu’est-ce que tu te dis quand tu penses à ces années et à l’évolution du groupe ? Eh bien, c’est un peu bizarre quand j’y pense, en fait, ça fait tant d’années ! Je suis dans le groupe depuis dix-huit ans maintenant et les choses se sont passées par étapes, on ne se rend pas compte sur le moment qu’on évolue, qu’on s’améliore, qu’on grandit, même si on a toujours travaillé en ce sens. Mais quand on regarde en arrière, qu’on se revoit en 1998 et que maintenant on joue en headliner au Wacken, qu’on enregistre le concert pour un DVD… C’est tellement incroyable, on n’aurait jamais imaginé ça à l’époque. Je suis fier de tout le travail qu’on a accompli, parce que c’est très facile d’abandonner… Je veux dire, quand tu vieillis, tu commences à penser à la vie normale, à construire une famille etc. Des choses qui font que tu ne peux plus consacrer autant de temps à la musique. Mais je suis heureux qu’on ait réussi à y parvenir, nous sommes tous des personnes déterminées qui ont fait le choix de se concentrer sur le groupe pour en faire ce qu’il est aujourd’hui. On est aussi passé par des moments difficiles où on s’est demandé si on arrivait à la fin, mais on a toujours réussi à trouver des solutions pour continuer à avancer.

Sinon, à quoi peut-on s’attendre dans un futur proche avec Arch Enemy, musicalement parlant ? Musicalement, je pense qu’on peut s’attendre à plus de musique, de la bonne musique, bien sûr (rires) ! Nous sommes actuellement en plein processus d’écriture et d’enregistrement pour le prochain album, nous ferons ça jusqu’en avril avant de reprendre les concerts. Il y aura donc un nouvel album d’Arch Enemy en septembre, donc préparez-vous pour ça ! En gros, les concerts pour « War Eternal » cesseront en août, puis il y aura toute la promo pour la sortie de l’album, puis on préparera une nouvelle tournée… Vous ne vous débarrasserez pas de nous de sitôt !

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s