[ARCHIVES] Interview avec Cellar Darling

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Nous retrouvons Anna Murphy pour nous parler de son nouveau projet, Cellar Darling, dont le premier album, « This Is The Sound », a fait son petit effet au sein de la rédaction. Un bel exemple de réussite pour le trio suisse qui s’est relevé avec force un peu plus d’un an après sa séparation soudaine d’Eluveitie.

Il s’est passé beaucoup de choses depuis ton départ d’Eluveitie avec Ivo et Merlin, ce qui a certainement été vécu comme un choc pour de nombreux fans. Quel est ton ressenti aujourd’hui ? En fait, je suis très heureuse aujourd’hui. Ça nous a pris un peu de temps, car quand c’est arrivé, nous vivions sans doute le pire moment de notre vie. Mais aujourd’hui, je pense que c’est la meilleure chose qui nous soit arrivé, tant pour Eluveitie que pour nous. D’un point de vue créatif, je me sens beaucoup plus satisfaite aujourd’hui, je me sens vivante et j’aime ce qu’on fait maintenant. J’espère juste que quelques personnes seront d’accord avec nous (rires) !

Est-ce que ça ne t’a pas effrayée de repartir de zéro en créant un tout nouveau groupe ? C’était clair qu’aucun de nous n’allait arrêter la musique, donc on n’a pas vraiment eu besoin d’en parler, cela s’est fait naturellement. Mais si j’ai eu peur ? Bien sûr, parce qu’on n’a jamais de certitude. Quand on compose, on écrit ce qui nous passe par la tête, on ne réfléchit pas à ce qu’on devrait faire ou non, ce ne serait pas naturel de procéder comme ça. Toutes les idées qu’on a gardées au fil des années ont refait surface et on a réussi à en faire quelque chose. Si quelqu’un apprécie ça, c’est génial, mais si un autre déteste, c’est comme ça, pas de chance pour nous, on ne peut rien y faire ! En fait, l’important pour nous, c’est de le faire et de ne pas trop s’inquiéter des avis extérieurs.

Et la bonne surprise, c’est que vous avez obtenu le soutien de Nuclear Blast. Avez-vous dû les convaincre ou cela s’est passé naturellement ? C’est venu de leur part. On leur a envoyé les chansons « Challenge » et « Fire, Wind & Earth » qui étaient sorties en août dernier, si je me souviens bien, et ils ont immédiatement proposé de nous signer. Je me suis sentie très chanceuse qu’ils nous fassent confiance et croient en ce projet.

Comment avez-vous choisi ce nom, « Cellar Darling » ? Nous avions beaucoup d’options, mais « Cellar Darling » a un côté magique qui nous correspond et ce nom a aussi un sens plus profond pour nous, car il représente les idées qu’on a gardées enfermées car elles n’avaient pas leur place dans nos autres projets. Autrement, je pense que ce nom décrit bien notre musique, on travaille beaucoup avec l’imagerie, le symbolisme et « cellar », représente la noirceur, tandis que « darling » correspond à la lumière et combinés, ces deux éléments correspondent à ce qu’on fait.

Est-ce que tu peux revenir rapidement sur le processus de création de « This Is The Sound » ? En fait, on travaille principalement en équipe. On est du genre à s’asseoir pendant des heures dans notre local, à boire des bières et à jouer. Et beaucoup de nos chansons sont nées comme ça. Quelqu’un lance une idée et on commence à jammer jusqu’à ce que ça nous mène quelque part. Ça arrive aussi que je compose à la maison et que les autres travaillent dessus ensuite.

Peux-tu commencer l’artwork de « This Is The Sound » ? L’artwork a été créé par deux artistes, un photographe qui s’appelle Manuel Vargas Lépiz et qui est un peu notre photographe fétiche, on travaille souvent avec lui. En fait, je voulais que chaque chanson ait sa propre histoire, sa propre imagerie et qu’elle soit associée à un symbole. C’est là qu’intervient le deuxième artiste, Christopher Ruef, designer graphique qui est aussi le frontman du groupe de Black Metal suisse Schammasch. Je lui ai envoyé tous les morceaux, les paroles et lui ai demandé de créer des symboles. Et l’artwork est né comme ça, grâce à ces deux artistes. J’adore travailler avec des gens qui réalisent exactement ce que j’imagine !

Vous parlez beaucoup de « storytelling », est-ce que tu peux donner un exemple d’histoire qu’on t’a racontée quand tu étais petite et qui est devenue une chanson aujourd’hui ? Pour ma part, j’invente complètement les histoires que j’écris, donc personne ne les connait. Parfois, je m’inspire d’autres histoires, mais j’ai surtout envie de créer un sentiment, d’emporter l’auditeur dans un autre monde où il se crée sa propre imagerie en écoutant la musique.

Comme tu aimes inventer des histoires, imagines-tu écrire un livre un jour ? Je ne pense pas. En fait, j’aime surtout travailler sur des paroles de chansons parce que ça laisse beaucoup d’espace à l’interprétation et chacun peut en faire sa propre histoire. Tandis qu’écrire une histoire de A à Z… Je n’ai pas envie de dire non, mais je ne suis pas sûre que ce soit vraiment mon truc.

Vous avez décidé de sortir « Challenge » pour présenter votre musique aux fans. Pourquoi cette chanson en particulier et qui est la femme présente sur la vidéo, quel personnage représente-t-elle ? On a choisi cette chanson parce qu’honnêtement, c’était la seule qui était écrite à ce moment-là. Et la femme dans la vidéo est une actrice, mais aussi une de mes amies et le personnage qu’elle interprète représente tout un chacun. Toi, moi, le monde… Elle représente chaque personne qui se bat contre elle-même. Je pense que beaucoup de gens connaissent ce sentiment. Et quand j’ai écrit cette chanson, j’ai imaginé une femme en train de se battre contre quelque chose qui n’était là, comme une métaphore sur le fait de combattre ses démons intérieurs.

Et en parlant de vidéos, il semble que vous venez d’en tourner deux, peux-tu m’en dire plus ? Oui, nous sommes allés à Ténériffe pour filmer ces deux clips. Le premier pour « Black Moon » qui parle de la fin du monde et si nous avons choisi Ténériffe, c’est principalement pour ses paysages. On voulait quelque chose d’un peu apocalyptique pour aller avec la chanson. Par contre, pour « Avalanche », que nous avons aussi tourné là-bas, c’est complètement différent parce que la chanson parle des Alpes. Mais c’était intéressant de transposer ça dans un tout autre paysage et faire parler les symboles et l’imaginaire.

Et comment tu te sens à l’approche de la sortie de l’album ? Je n’y pense pas vraiment, en fait. J’ai sorti tellement d’émotions différentes pendant l’enregistrement que ça a comme absorbé toute mon énergie. Aujourd’hui, je traîne un peu et j’attends de voir ce qui va se passer (rires). Je ne suis pas nerveuse, mais plutôt curieuse de savoir si les gens vont aimer la musique et s’ils vont la comprendre.

Par ailleurs, tu as déjà joué quelques shows avec Cellar Darling, quelles sont tes impressions ? Jusqu’à présent, ça a été très positif. Cependant, c’est assez difficile de jouer devant un public qui n’a pas encore entendu l’album, qui ne connait que deux chansons… Mais les gens ont écouté avec attention. Et j’ai été heureuse de le faire, même si c’est très nouveau pour moi. Dans Eluveitie, j’étais un peu de côté et c’était plutôt confortable pour moi, je ne me suis jamais sentie comme une frontwoman, donc maintenant je dois m’y habituer (rires) !

Et est-ce que tu reprends des chansons d’Eluveitie avec Cellar Darling en live ? Non. J’en ai repris quelques-unes comme « A Rose For Epona » pendant ma tournée en solo, peu après que j’aie quitté Eluveitie. On savait que les fans voulaient l’entendre, mais maintenant que nous avons l’album avec Cellar Darling, nous allons simplement jouer notre musique. Je comprends que les gens continuent de faire l’association, je n’ai rien contre ça, mais nous sommes un autre groupe maintenant, on a tourné la page.

Prévois-tu un autre album solo ? Oui, mais je ne sais pas encore quand ! Je dois m’organiser, voir quand je pourrai écrire et enregistrer, mais je prends mon temps.

Sinon, quels sont vos plans pour les prochains mois ? On joue au Summer Breeze cet été, on a quelques autres festivals. Puis, nous serons en tournée avec Delain pour six dates. D’ici là, l’album sera sorti, nous allons beaucoup répéter pour nos préparer et nous verrons ce qui va se passer…

Finalement, si tu devais décrire Cellar Darling en quelques mots pour les gens qui n’en ont pas encore entendu parler, comment le ferais-tu ? Cellar Darling, c’est beaucoup de choses, cela raconte des histoires, cela peint des images. C’est un groupe pour les gens ouverts d’esprit, qui aiment écouter différents types de musiques, du classique au Rock, en passant par le Folk jusqu’au Metal.

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