[ARCHIVES] Interview avec Cradle Of Filth

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Doit-on encore présenter Cradle Of Filth ? Ce groupe britannique de Black Metal mené par l’illustre Dani Filth sévit depuis le début des années 90 et présente aujourd’hui son douzième album studio. Ayant pour toile de fond une histoire d’amour dramatique, « Cryptoriana – The Seductiveness Of Decay » est une ode à l’ère victorienne, chère au chanteur qui nous en parle au fil de ces lignes.

Ma première question est assez simple : comment te sens-tu à l’approche de la sortie du nouvel album de Cradle Of Filth ? Comment je me sens ? Assez impatient, évidemment. Je suis très fier de ce nouvel album et j’ai hâte que le public l’entende. C’est toujours excitant de sortir un nouvel album, il y a toujours cette période où on se sent très bien, prêts à sortir quelque chose de nouveau, de frais. C’est valable pour le groupe, mais pour les fans aussi, je pense. Après, je sais que certains l’ont déjà entendu, parce que des idiots l’ont fait fuiter sur internet, c’est… Arrêtez ça ! Mais autrement, c’est une période de transition agréable, une sorte de calme avant la tempête.

Peux-tu m’en dire un peu plus sur la création de cet album et en commenter l’enregistrement ? Nous sommes partis à Brno en République Tchèque, c’est de là que viennent notre batteur, Martin et notre guitariste, Ashok. Nous sommes allés là-bas pour rassembler nos idées et je n’imaginais pas à quel point ils allaient tous s’investir, donc au bout d’une semaine et demi là-bas, la majorité de l’album était presque finie. Il restait un peu de polissage, de production, etc. mais cela a été un gros travail d’équipe. Bon, on a fait un peu la fête, un peu de tourisme, mais ce genre d’atmosphère détendue nous a vraiment aidé à construire l’album. Et c’est quelque chose que nous n’avions plus fait en groupe depuis plusieurs années, principalement parce que c’est un processus assez onéreux d’envoyer le groupe quelque part. Mais c’était en République Tchèque, nous avions un festival là-bas et c’est ce qui nous a poussés à y aller. Nous avons aussi loué une salle de répète, avec un studio et c’était relativement bon marché. Ce voyage a été une étape très importante dans la création de l’album. Mais quand on est revenus, j’ai un peu paniqué parce qu’il y avait encore beaucoup de travail malgré tout et il était tant que je réfléchisse à l’univers que je voulais relier à l’album, le genre de thème que j’allais explorer. Finalement, j’ai opté pour l’ère victorienne gothique, parce que j’ai lu pas mal d’histoires de fantômes éclectiques, comme E. F. Benson, Sir Arthur Conan Doyle, Arthur Machen, beaucoup de ces auteurs qui ont écrit durant la période victorienne. J’ai aussi réalisé que c’était une belle époque, en particulier pour quelqu’un comme moi, parce que je suis vraiment baigné dans une ambiance mélancolique et à cette époque il y avait un intérêt presque macabre pour la mort, les « memento mori », les portraits de personnes décédées, les photographies de fantômes, le spiritisme etc. Pour faire court, c’est là-dessus que l’album est basé, c’est une histoire d’horreur victorienne. Pour le reste, nous sommes allés au même studio que d’habitude depuis quelques albums, le Grindstone Studio, ce n’est pas le plus grand studio du monde, mais le producteur, Scott Atkins, est un bon ami, il habite à une demi-heure de chez moi, il travaille très dur et il parvient à extraire le meilleur de moi-même, parce que l’on se connait bien et il n’est pas du genre à dire : « Tu dois faire ceci, tu devrais faire cela ». L’enregistrement s’est déroulé sur trois mois et voilà à peu près. Ensuite, la question du budget s’est posée pour les aspects visuels, alors nous avons rassemblé le budget de l’artwork, des photos et de la vidéo et nous sommes partis quelques jours en Lettonie pour travailler avec Artūrs Bērziņš. Sans vouloir être grossier, c’est beaucoup moins cher qu’à Londres et nous étions tous ravis des résultats.

Il y a quelque chose de génial avec la musique de Cradle Of Filth, c’est qu’album après album, vous parvenez à renouveler votre son tout en gardant votre identité si particulière, comment expliques-tu cela ? Est-ce que cela représente beaucoup de travail ? Oui, ce ne sera jamais facile, mais c’est notre travail. Et je pense que la création d’un album, pas seulement d’un point de vue musical, mais aussi du point de vue de l’atmosphère, du moment où on le fait, de ce qui se passe,… Il y a beaucoup de critères qui rentrent en considération dans la production d’un album. Beaucoup de gens vont dire que si on va dans le même studio, ça va sonner de la même façon, mais non ! Il y a plein de choses qui changent, les instruments, les réglages, le matériel, les collaborateurs,… Par exemple, pour cet album nous avons travaillé avec une chorale de Brno. Il y a beaucoup d’harmonies à la guitare sur ce CD aussi, quelques passages beaucoup plus lourds que d’habitude, aussi, sur « Death And The Maiden », par exemple. Nous avons aussi repris un morceau d’Annihilator, « Alisson Hell », ce que l’on voulait faire depuis longtemps et c’était le bon moment, car cela collait au contexte de l’album et aussi, nous avions rencontré Jeff Waters d’Annihilator un peu avant, donc c’était le meilleur moment pour le faire.

Maintenant, je voudrais parler du premier extrait de l’album, « Heartbreak And Seance », que vous avez présenté avec une magnifique vidéo. Peux-tu raconter l’histoire de cette vidéo, car elle est pleine de symbolisme et cela semble très intéressant ? Le thème de l’album, c’est la perte de l’être aimé qui regarde sa femme dépérir depuis l’autre monde sans pouvoir l’aider, elle essaie de le contacter avec l’aide d’un médium… C’est une histoire assez tragique, parce qu’à la fin elle se suicide pour être avec lui. L’artiste, le réalisateur du clip, a donné sa propre interprétation de l’histoire et c’est vraiment grandiose, c’est presque de la peinture vivante, son sens du détail est fantastique. Il y avait aussi une très bonne équipe avec lui, soit pratiquement trente personnes sur le plateau : six ou sept maquilleuses, des coiffeurs, des accessoiristes… C’était une grosse production et ce que j’ai particulièrement aimé, c’est qu’il n’y avait pas de prise sur fond vert, parce que c’est encore beaucoup utilisé actuellement, mais souvent les effets ajoutés sont « cheap ». Mais on peut être blâmés aussi, parce qu’on l’a fait dans la passé. Sinon oui, je suis particulièrement fier de cette vidéo.

Est-ce que le personnage que tu incarnes dans cette vidéo représente le dieu grec Hermès ? On peut dire ça, en quelque sorte, oui… Dans tous les cas, c’est un dieu des Enfers. Et on a utilisé un make-up inhabituel qui a pris une éternité à retirer !

Concernant l’artwork, on y voit un clin d’œil à la Vénus de Botticelli, c’est ton idée ou celle de l’artiste ? C’est une idée de l’artiste, je lui ai juste donné le titre, quelques clés par rapport au thème ainsi que les paroles et je dois dire que le booklet en entier est une œuvre d’art. Artūrs Bērziņš est brillant dans tout ce qu’il fait. En quelque sorte, il a représenté « la séduction de la détérioration » (« the seductiveness of decay ») qui fait partie du titre. Les humains sont obsédés par l’autodestruction et tout finit par se détériorer, par mourir et ça quelque chose de beau, mais de terriblement tragique et romantique et c’est pour ça qu’Artūrs a choisi le personnage de Vénus, entourée de gentlemen victoriens.

Y a-t-il une chanson que tu préfères sur cet album ? J’aime bien “You Will Know The Lion By His Claw”, parce qu’elle est très différente pour le groupe et aussi « Achingly Beautiful », parce qu’elle, elle sonne vraiment comme du Cradle Of Filth old school. Bien sûr, j’aime toutes les chansons de l’album, mais surtout ces deux-là en particulier.

Quels sont tes plans avec Cradle après la sortie de l’album ? Après la sortie, nous partons au Japon pour jouer au Loud Park, puis nous avons une tournée britannique. Ensuite, nous allons peut-être travailler sur une autre vidéo, mais je n’en suis pas encore sûr. Il y aura une tournée mondiale qui commencera en janvier, aussi : d’abord l’Europe, une petite pause, puis l’Amérique du Sud, l’Amérique du Nord, le Japon à nouveau, l’Australie… Et je pense qu’il y aura aussi la Malaisie et les Philippines. Après tout ça, je pense que nous allons faire un ou deux festivals d’été, ma           is je pense qu’on se concentrera plus sur les festivals de fin d’année et ceux d’été seront pour l’année d’après.

Par ailleurs, l’an dernier vous avez ressorti « Dusk And Her Embrace » dans sa version originale, pourquoi ce choix particulier ? Était-ce une sorte de cadeau pour vos fans ? Oui, c’est ça, nous voulions que les gens puissent l’entendre, c’est un album qui n’était jamais sorti. C’est une histoire très longue et compliquée qui a fait qu’il n’a pas pu voir le jour dans cette version, des histoires de labels etc. L’an prochain, on espère pouvoir ressortir « Cruelty And The Beast », qui devrait être remixé comme on le souhaite, avec une plus grosse production, tout en gardant la même atmosphère. Ce sera sans doute une sortie pour célébrer son vingtième anniversaire.

As-tu reçu des feedbacks particuliers après cette ressortie ? Pour être honnête, je n’ai pas tellement cherché après l’avis de la presse à ce sujet. C’est une version beaucoup plus brute que celle qui était sortie en premier. Je pense que ça a été une leçon pour les journalistes s’ils ont comparé les deux et de constater à quel point la production est importante. Du côté des fans, les réactions ont été positives, ils étaient ravis et reconnaissants de pouvoir avoir cet album, ils ont vu ça comme un cadeau.

Je pense que j’en ai terminé avec mes questions, as-tu quelques mots pour les fans belges pour terminer cette interview ? Merci beaucoup de votre soutien, ne manquez pas d’aller voir nos nouvelles vidéo et j’espère vraiment que vous aimerez notre nouvel album. Je pense que ceux qui ont aimé « Hammer Of The Witches » vont adorer « Cryptoriana ». Nous sommes impatients de vous revoir en tournée, à bientôt !

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