[ARCHIVES] Interview avec Dark Tranquillity

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Entretien avec Mikael Stanne (chant) qui nous parle du nouvel album de Dark Tranquillity, « Atoma », mais nous en avons également profité pour revenir sur les temps forts de sa carrière.

Cela fait presque trente ans maintenant que tu as quitté In Flames et Hammerfall, puis la création de Dark Tranquillity. Ces trois groupes sont aujourd’hui sur le point de sortir un nouvel album… Il y a peu de groupes qui arrivent à tenir sur la durée en rencontrant le succès. Comment te sens-tu aujourd’hui, ayant fait partie de ces trois projets ? Je suis très fier de ces projets desquels j’ai fait partie, cela a toujours représenté des moments formidables, surtout sur scène. Hammerfall, ça a été une période très amusante, parce qu’Oscar est un gars génial et vraiment très drôle. Et je suis super fier également que tous ces bons vieux amis continuent leurs carrières avec autant de succès et j’ai vraiment hâte d’écouter leurs nouveaux albums. Tout comme je suis impatient que celui de Dark Tranquillity sorte !

Parlons-en, justement. Dark Tranquillity est donc sur le point de sortir son onzième album, déjà, peux-tu revenir rapidement sur le processus de création de cet album ? Nous avons commencé à travailler dessus il y a un an et demi, on a fait des maquettes, des démos pour « brainstormer » ensemble et commencer à écrire les paroles. Au-delà des premières démos, on s’est aussi posé la question de savoir quelle direction prendre pour garder notre identité tout en faisant évoluer notre musique. Donc, ça a été un processus assez long, mais une fois qu’on a réussi à se décider, on a creusé la matière première pour obtenir le résultat final. C’est toujours un challenge de composer un nouvel album, mais c’est toujours excitant ! Oui, un nouvel album, c’est une source de stress, d’énervement parfois, mais ça vaut la peine. Heureusement qu’il y a des deadlines, autrement on serait peut-être encore en train de travailler dessus ! Enfin, ensuite nous sommes entrés en studio, chez Jens Bogren, là où on va tout le temps, en fait et cela facilite beaucoup les choses. L’enregistrement a duré deux mois pendant lesquels je n’ai presque pas dormi, où je me suis coupé de mes amis et de ma famille pour me concentrer pleinement sur l’album. C’est un peu extrême, mais je pense que c’est ce qu’il faut faire pour arriver à quelque chose de substantiel. C’est presqu’irréel quand on arrive au résultat final et qu’on repense aux premières démos. Mais à la fin, on se sent accomplis et fiers et la sensation de la première écoute est simplement formidable.

Est-ce que « Atoma » est un concept album ? Ou quels sont les thèmes que vous abordez dans vos textes ? Ce n’est pas un concept album, il n’y a pas d’histoire en toile de fond, ce n’est pas trop notre truc. Par contre, il y a quand même un thème présent sur cet album, on parle de notre place dans le monde et ce qu’on y fait, pourquoi les choses tournent mal et que l’on prend les mauvaises décisions. En gros, on parle de la nature humaine et de ce qui ne tourne pas rond chez nous. Quand je lis les journaux ou que je regarde la télévision, je constate qu’il se passe trop de choses horribles dans le monde… Cela me rend malade, ça me frustre, je me sens inutile et aussi effrayé. Je déteste ces sentiments et je me demande comment on peut en arriver là. Et beaucoup de cette frustration, de cette colère que j’ai ressentie, de ces interrogations sur le fait que l’humain soit aussi mauvais… Je ne comprends pas pourquoi on ne peut s’empêcher de faire du mal aux autres. Tout ça a été une source d’inspiration pour écrire les paroles de « Atoma ». Cela n’a d’ailleurs pas été facile à mettre en forme, parce que même si tu ressens ces choses, cela ne sort pas forcément naturellement, j’ai dû aller chercher cette colère au fond de moi pour l’exprimer. Ma famille s’en faisait pour moi, voyant que cela m’atteignait beaucoup, mais je leur ai expliqué que j’avais besoin de ça pour écrire. D’ailleurs, le fait d’entrer en studio après ça a aussi été une sorte de libération, j’ai enfin pu hurler pendant des heures et exprimer ces sentiments négatifs. Je me suis senti beaucoup mieux après.

J’aime beaucoup le début de carrière de Dark Tranquillity et en particulier « The Gallery » et « Projector », donc je suis content d’entendre à nouveau du chant clair sur « Atoma », même si c’est assez différent. Pourquoi avoir décidé de revenir au chant clair sur certains passages ? Eh bien, cela ne s’est pas décidé immédiatement. C’est seulement au moment de l’enregistrement, en réécoutant certains morceaux, je me suis dit qu’il manquait quelque chose ou qu’il fallait modifier certains passages et j’ai fait quelques expérimentations en ce sens. Ça a été assez instinctif finalement, certains morceaux en avaient tout simplement besoin.

Une autre question à propos de ta voix, comme on l’a mentionné plus tôt, tu chantes depuis près de trente ans et ta voix est toujours incroyable. Quel est ton secret ? As-tu une routine particulière pour entretenir ta voix ? Non, je bois toujours beaucoup de bière (rires) ! Bien sûr, je préserve ma voix dans le sens où je fais en sorte de ne pas me blesser. Il y a plusieurs années de ça, au début des années 2000, je chantais beaucoup trop et de la mauvaise façon et je me suis vraiment fait du mal, en fin de concert ma voix se barrait et j’avais des difficultés à la retrouver le lendemain. C’était assez horrible comme période, je dois dire. Donc, j’ai commencé à prendre des cours de techniques vocales et à faire attention, ça m’a sauvé la vie, honnêtement et maintenant, on peut tourner trente jours non-stop sans problème. Cela me rend très heureux, je me sens plus en forme que jamais, j’adore chanter de cette façon. Il n’y a pas vraiment de secret au final, c’est de l’entrainement et de la technique.

Une fois de plus, c’est le guitariste du groupe qui a réalisé l’artwork de « Atoma », mais il est très différent des précédents, y-a-t-il une raison particulière à cela ? Je pense que Niklas est quelqu’un qui aime innover et se réinventer en permanence, il ne peut pas rester sur ses acquis. Depuis que je le connais, il a toujours dessiné et il dessine beaucoup au crayon. Mais la plupart des groupes qui lui commandent des artworks veulent des montages réalisés avec Photoshop, ce qu’il fait très bien aussi. Mais pour cette fois, je lui ai demandé s’il ne voulait pas faire quelque chose dessiné au crayon au préalable, donc je lui ai envoyé les paroles, sans encore connaître le nom de l’album. Parce que trouver un nom qui résumerait l’album est quelque chose d’assez difficile pour moi. Et finalement, « Atoma » nous a semblé évident, renvoyant à l’atome, au noyau, à nos origines, notre essence. Et cela lui a inspiré l’artwork. Je l’ai aimé tout de suite, je lui ai dit de ne rien y changer. Tout allait bien ensemble et j’adore quand tout coïncide, de la musique à l’artwork.

D’un autre côté, vous commencerez à tourner avec cet album aux USA. Allez-vous tourner en Europe par la suite et y-a-t-il une raison pour laquelle vous commencez par le continent américain ? Non, on avait vraiment très envie de tourner aux Etats-Unis et cela s’est booké comme ça et bien sûr, on tournera beaucoup en Europe par la suite, il n’y a pas d’inquiétude à avoir. On est d’ailleurs en train d’organiser tout ça et je peux déjà dire qu’il y aura deux tournées européennes en 2017. On sera très occupés, mais on s’amusera bien, je suis très impatient d’y être !

Par ailleurs, tu viens de Göteborg qui est un véritable nid pour les groupes de Death Metal. Quelle est ta vision de cette scène ? Oh je ne sais pas ! C’est assez fou en fait qu’il y ait tant de groupes qui viennent de là. Il se passe tellement de choses dans cette ville, je viens de là, j’y habite, tous mes amis et ma famille y sont… Mais c’est tellement cool, il y a des groupes que j’adore, qui font partie de mes préférés et qui sont en fait presque des voisins. Ce que je trouve cool également là-bas, c’est qu’il y a une très bonne entente entre les musiciens en général, il y a une ambiance très amicale, détendue. C’est une scène très forte, très diverse et aujourd’hui encore, il y a d’excellents groupes qui se forment, qui sont jeunes, originaux, c’est une scène qui continue d’évoluer. Il y a aussi beaucoup de salles où ces jeunes groupes ont l’opportunité de se faire découvrir, c’est vraiment génial.

Et est-ce que tu connais des groupes belges ? Oh oui, mais j’ai un peu de mal à revenir sur leurs noms là, tout de suite. Mais j’ai en tête quelques groupes de Doom, de Death et même de Rock psychédélique. J’ai l’impression que vous avez aussi une scène très dense et diversifiée en Belgique.

Effectivement. Sinon, vous avez été découverts au début des années 90 par Osmose Productions, au même titre que des groupes tels que Marduk, Enslaved ou Immortal. Quels souvenirs gardes-tu de cette collaboration ? C’était assez bizarre, en fait, je me souviens que quand nous avons signé chez eux, ils n’avaient que des groupes de Black Metal dans leur roster. Malgré ça, ils avaient une attitude très Punk Rock dans l’âme et on aimait beaucoup ça, sans oublier qu’ils ont fait un travail formidable pour nous et c’est grâce à eux qu’on a pu montrer ce qu’on avait dans le ventre. C’est aussi eux qui nous ont envoyé en tournée européenne et c’est là qu’on s’est dit qu’on voulait faire ça, si pas pour toute la vie, au moins pour longtemps. D’ailleurs, pour l’anecdote, lors de notre première tournée, les gens s’attendaient à ce qu’on soit un groupe de Black Metal, beaucoup s’étaient maquillés pour venir nous voir, c’était drôle.

À présent, vous êtes chez Century Media depuis un moment, est-ce l’alliance parfaite pour toi ? Je pense que oui. Nous sommes chez eux depuis 1999, je crois et ce sont des gens passionnés par ce qu’ils font et par la musique en premier lieu. Ils portent beaucoup de soin et d’attention aux groupes, ils sont de très bon conseil. Et aussi, nous avons instauré une confiance mutuelle et ils ne nous poussent jamais à faire quelque chose que nous ne voulons pas. Notre collaboration se passe merveilleusement bien et j’espère que l’on restera avec eux pour toujours.

Finalement, as-tu quelques mots pour les fans belges, et je sais qu’ils sont nombreux, pour terminer cette interview ? Je suis très reconnaissant que l’on puisse continuer à faire ce que l’on fait, car c’est grâce à nos fans. J’espère que les fans belges apprécieront notre nouvel album et bien sûr, nous sommes impatients de revenir vous voir très bientôt !

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