[ARCHIVES] Interview avec Therion

Therion_belovedantichrist

Dans cette interview, Christopher Johnson, guitariste et fondateur de Therion, nous parle de l’œuvre qui marquera sans aucun doute la carrière du groupe : « Beloved Antichrist ». Ce n’est pas qu’un nouvel album parmi d’autres, c’est un opéra de plus de trois heures, destiné à être joué sur scène.

Comment te sens-tu aujourd’hui, tandis que la sortie de l’album approche à grands pas ? J’ai envie de dire que je me sens libéré ! Nous avons enregistré plus de trois heures de musique, ce qui est assez pour remplir quatre albums complets d’une longueur normale. On a coupé quelques scènes au final, mais la quantité d’enregistrements a été complètement folle, sérieusement. Donc, maintenant je respire et je me dis : « Enfin, on en a fini avec ça, il est prêt ! » Pour l’instant, c’est le projet le plus fou que nous ayons achevé.

Quel genre de réaction attendez-vous de la part de vos fans ? À chaque fois qu’on sort un album, il y a toujours des fans qui vont adorer et d’autres qui vont juste apprécier et d’autres qui vont détester. Ce sont toujours des réactions très diverses et c’est comme ça depuis 1992 !

Comment t’es venue cette idée d’écrire un opéra complet ? J’avais cette idée d’écrire un opéra depuis longtemps, mais quand j’ai commencé à travailler dessus, cela rassemblait plusieurs « hits » d’opéra. Parce que j’avais un peu de mal à écrire les parties « ennuyeuses » d’un opéra, les transitions, les ponts entre les actions principales. J’ai toujours eu du mal avec ça, je crois que mon cerveau est endommagé par le rock. C’était il y a dix ans et j’ai fini par me dire que je ne finirai jamais ce projet. Je me suis vraiment posé la question de pourquoi j’avais ce besoin d’écrire un opéra classique, avais-je quelque chose à prouver ? Non, ça n’avait rien à voir avec ça, alors je me suis dit que je devais me concentrer sur les choses pour lesquelles je suis doué. Cependant, quand j’ai repris ces anciennes pièces pour les réarranger pour former un album de « metal opéra », l’idée est revenue, j’avais envie d’écrire une histoire pour relier les morceaux entre eux.

Ce qui est vraiment impressionnant quand on écoute l’ensemble, c’est la cohérence qu’il y a du début à la fin, c’est vraiment très fluide. Cela a dû être vraiment difficile de créer cet effet ? Au début, c’est très facile d’écrire, parce que tu peux faire ce que tu veux, tu vas trouver les scènes qui correspondent à tes idées. Là où ça devient plus difficile, c’est de composer de la musique qui reflète ces scènes, ce qui se passe dans l’histoire à tel ou tel moment. Et plus tu avances dans l’œuvre, plus c’est difficile ! La clé pour la fluidité, c’est la variation des mouvements : on n’écrit pas des chansons d’opéra comme on écrit des chansons de metal classiques. Nous avons donc dû travailler différemment et utilisé plus de cinq accordages de guitare différents. C’était un peu expérimental. Les tempos sont très importants également, on ne peut pas utiliser tout le temps le même. Le véritable challenge de cet opéra a été d’inventer toutes ces variations. Bien sûr, les gens impatients trouveront tout de même ça chiant, mais ceux qui ont la patience pour apprécier les compositions grandioses, ils trouveront ça divertissant. Pour la première fois, on s’est senti comme de véritables architectes musicaux.

Est-ce que « Beloved Antichrist » prendra vie sur scène ? Oui, c’est à ça qu’il est destiné. En général, les journalistes en parlent comme s’il s’agissait juste d’un nouvel album. Mais non, c’est une véritable œuvre musicale destinée à être transportée sur scène, un peu comme « Jesus Christ Superstar ». La plupart des gens qui l’ont vu sur scène ne possèdent pas le CD. En général, les gens qui vont voir ce genre de spectacles s’en fichent de qui joue, ils vont voir ça pour se divertir, comme s’ils allaient au cinéma. En fait, j’utilise la référence de « Jesus Christ Superstar », parce que c’est un peu notre version, sauf qu’il s’agit de l’Antéchrist… D’ailleurs, je voulais appeler l’album « Antichrist Superstar », mais j’ai réalisé que Marilyn Manson avait sorti un CD avec ce titre. Enfin, mettre ce spectacle en scène fait définitivement partie de l’idée globale, mais pour l’instant nous n’avons pas encore les moyens financiers. Donc, le plan c’est de tourner après la sortie et de proposer quelques extraits comme s’il s’agissait d’un album normal. Ensuite, nous allons réellement travailler sur la mise en scène et ça ne va pas être facile, parce que c’est complètement différent d’une tournée. Ça va coûter énormément d’argent et de temps, nous allons avoir besoin de sponsors, d’acteurs, de collaborateurs dans divers domaines. C’est vraiment un projet énorme et on ne pourra pas faire ça seuls, on devra trouver les bons partenaires de business. Et il faudra faire la promotion de l’opéra auprès du public adéquat, pas seulement les fans du groupe, nous voulons toucher d’autres gens, vos parents, par exemple, les gens qui vont voir ce genre de spectacles habituellement. Cela va être un travail énorme, mais ça en vaudra la peine !

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